J'ai relu Après l'extase la lessive (on le trouve en pdf sur scribd), franchement c'est assez déprimant, mais c'est au fond toujours la même histoire qui est racontée. Les gens ont une ouverture, mais ils ne stabilisent pas, parce qu'ils ignorent totalement comment faire. Je crois que je vais finir par écrire un livre sur la question "Le secret le mieux gardé". Pour commencer, ils se croient arrivés à peine partis. Ce que je racontais dans un article récent, la disparition (temporaire) de la barrière intérieur/extérieur, il est clair que c'est la condition pour commencer à travailler sérieusement. Mais la plupart des gens prennent ça pour la fin, retournent dans le monde... et se mettent à enseigner. Comme le disait Chepa Rinpoche, si on commence à vouloir récolter la plante médicinale alors qu'elle n'a que trois feuilles, on ne va pas aller loin. En plus de la tuer probablement. Le poussin qui sort à peine de l'oeuf, ça n'est pas le moment d'essayer de lui faire faire des petits, surtout si on ne sait pas comment le faire grandir.

Je le vois pour moi, je commence à voir venir l'état naturel dans des moments où il n'apparaissait pas avant, et surtout il se distingue bien mieux qu'avant de l'état ordinaire (où il réussissait à glisser imperceptiblement), mais je vois qu'au niveau des vents, c'est vraiment du boulot. La différence avec avant, si je puis dire, c'est que les résistances deviennent plus visibles. J'ai vu par exemple que ce qui a refermé l'état de l'autre jour (quoique pas totalement), c'est que le corps ne voulait pas de tous ces visiteurs. Il va donc falloir les faire entrer un par un. La lumière étant globalement plus vive, les refus sont plus saillants. Et avec l'esprit subtil, l'aspiration est plus facile à trouver. Mais ça n'est pas du tout le moment de se relâcher, il faut au contraire faire l'effort toute la journée, ce qui est finalement devenu possible. Et d'ailleurs il y a des tas de définitions plus ou moins idiotes qui sont données de "stream entry", mais je crois que c'est exactement cela. Au lieu de rester dans son petit aquarium, on a l'impression d'entrer dans une grande rivière et de commencer à nager, très littéralement. Les bouddhistes sont très pragmatiques, et les mots ne désignent pas les choses de manière poétique. Ce qui est leur avantage, au moins on peut s'y retrouver.

Alors cette rivière est vraiment un nouvel univers, c'est comme si la réalité avait gagné une quatrième dimension, et je plains tous ces "éveillés" qui s'imaginent que la réalisation, c'est d'accepter de vivre dans la 3D. Parce que c'est ce qu'ils n'arrêtent pas de nous dire, que nous devons être heureux de notre misérable condition. Nous sommes en prison, attachés avec une camisole de force, et il faudrait nous en contenter ? Et pourquoi ne pas sortir de prison, plutôt ? C'est sûr, ça demande plus d'efforts. L'autre jour, je lisais le journal de Julien Green, il se demandait sur ses vieux jour s'il n'était pas passé à côté de sa vie. Croyant comme il était, c'est tout à fait certain qu'il est passé à côté. Ensuite quand il lisait Suso, il se sentait mal en reposant le livre. Il y a de quoi. A ce sujet l'un des volumes que j'ai acheté 5 euros port compris comprenait une lettre autographe de l'auteur, il y en a une à vendre pour 250 euros sur ebay. Recyc'livres ferait bien de mieux vérifier ses livres. Quoiqu'ils ont probablement dépouillé une pauvre Mémée en lui achetant tout la bibliothèque de Pépé mort pour une centaine d'euros.   

Bref, donc ce matin en me réveillant, le sentais au niveau du premier chakra le même courant que j'avais senti hier avec zazen - mais attention si ça ne va pas dans le canal central, c'est totalement inutile -. Et en marchant, je voyais que si j'avais pu modifier la cambrure lombaire selon les instructions de l'aplomb, cette énergie serait certainement plus forte. On peut donc en conclure que 1) si on veut retrouver son aplomb, cela doit se faire à partir de l'énergie, parce qu'à partir du physique c'est artificiel 2) la marche est tout à fait indiquée pour compléter zazen. Mais bon, c'est encore du boulot.