Entomologie humaine et pratique spirituelle

24 février 2017

Les vieux

Avec un ami, nous parlions des petits vieux, qui voient disparaître leur vital, et qui n'ont rien pour le remplacer. Rien d'une valeur équivalente, sans même parler d'une valeur supérieure. Peut-être qu'autrefois, on trouvait la valeur équivalente dans une certaine reconnaissance sociale, l'ancien du village était consulté et écouté, l'expérience des vieux leur valait le respect des autres. A raison sans doute. Mais aujourd'hui, au fait, quelle est l'expérience des vieux ? Que savent-ils de plus que les jeunes ? A part qu'on n'est pas immortel et qu'un jour on devient vieux, ce dont les jeunes ne se doutent absolument pas. Bon, à part ça, ils ne savent à peu près rien d'utile, puisque dans notre société par définition on n'apprend rien d'utile. Qui soit très durable. Bon, il y a un siècle ou deux, les savoirs concernant le plan matériel pouvaient durer quelque temps. Quand le vieux avait l'expérience de la charrue ou de la panification, ou de la maçonnerie, il pouvait l'apprendre aux jeunes. Aujourd'hui, quel savoir a de la valeur alors que tout change à toute vitesse ? Si on veut vous expliquer comment on faisait le pain il y a 30 ans ça ne sert à rien vu qu'on ne trouvera plus les ingrédients. Tout change. La construction, l'agriculture, la psychologie, le sport, la médecine... sans parler de l'informatique. Il y a 30 ans, les ordinateurs qui avaient un disque dur de 500Go coûtaient une fortune. Si un vieux vous voit courir et vient vous donner des conseils sur la course datant de son époque, vous allez lui rire au nez. Qu'est-ce que Poulidor pourrait apprendre aux cyclistes d'aujourd'hui ? Dans 30 ans, il y a fort à parier que tout ce qu'on croit savoir aujourd'hui ne vaudra plus rien dans quasiment tous les domaines.
Le seul savoir qui vaut réellement quelque chose n'est absolument pas reconnu. C'est celui qui permet de développer peu à peu quelque chose de supérieur au vital. On croit que ce savoir, qui autrefois était réservé à des castes et des lignées très particulières, est maintenant disponible au grand public. Il n'en est rien. Rien n'est sorti des monastères et des ermitages en réalité. La preuve, si les jeunes dans les groupes spirituels sont très auto-satisfaits et convaincus de progresser comme des fusées, les vieux ont l'air carrément défaits. Les mêmes qui étaient tout pimpants il y a 30 ans. Certes, là aussi il y a eu du changement. Le bouddhisme d'aujourd'hui n'est plus celui d'il y a 30 ans. Il y a 30 ans, on lisait les livres de Trungpa avec une sorte de révérence sacrée, on était à la merci du traducteur quand le lama ne parlait que le tibétain. Aujourd'hui, on apprend le tibétain, on connaît toutes sortes de choses auxquelles n'avaient pas accès, les rushen, les tsalungs, les trulkors et que sais-je encore. Dans les détails. Est-ce que ça a changé quoi que ce soit ? Non. Les jeunes d'aujourd'hui peuvent croire qu'avec toutes ces connaissances ils ne finiront pas comme les vieux, mais bien que ces connaissances soient absolument nécessaires, elles ne sont rien sans l'énergie spirituelle. Que les maîtres se gardent soigneusement. Et ceux qui ne se la gardent pas vont se garder l'autre versant, les connaissances. Ou peut-être pas. Car maintenant il y a un troisième versant, ce sont les connaissances adaptées aux êtres dégénérés de notre temps, dont je fais bien évidemment partie. Celles-là n'ont même pas commencé à se développer. L'échelle de la connaissance/transmission spirituelle fait toujours la même longueur, sauf que maintenant nous sommes cent mètres au dessous du niveau de la mer. Il y en a qui essaient de traduire les enseignements du Bouddha en termes modernes. C'est pitoyable. Le Grand Omniscient est devenu le Grand Gars Ordinaire.
Bref. Donc les vieux. Franchement leur sort est terrible. Et quand on voit la rigidité des jeunes, on sait ce qui les attend.

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19 février 2017

Un peu de vélo

Je me demandais pourquoi j'aimais le vélo, et notamment en groupe, mais à la réflexion, je crois que c'est un des rares sports où on n'est pas seul. Le fort aide le faible et lui fait profiter de son énergie, alors qu'ailleurs ce n'est guère possible. Ma copine évoquait les sports collectifs, mais dans un sport collectif, si on est nul, on ne devient pas meilleur parce que les autres nous passent la balle. Dans la plupart de sports, quand on est mauvais, on le reste et on ne connaît pas les sensations des bons. Mais en vélo, on le peut, dans une certaine limite qui est assez large. Pas dans un col à 10%, c'est sûr. Mais sur un parcours raisonnablement plat, si on est bien au chaud au milieu des autres, on peut réellement rouler vite, et c'est assez plaisant. A une époque, je ne m'entraînais que pour atteindre le niveau où je pouvais accrocher les gars qui roulaient comme des fous au bois de Vincennes. Quand on est débutant et qu'on les voit passer, ils vous décoiffent. Mais en fait ça ne demande pas un niveau délirant de sauter dans leur peloton, parce qu'ils sont souvent une trentaine et il suffit de se mettre bien au milieu. On peut gagner 10km/h sur son niveau réel, ce qui est énorme, et d'ailleurs on trouve même des petits vieux qui sont là parce que même s'ils sont faibles, ils sont très bons à coller les autres. Mais le plus frappant finalement, c'est qu'on a le sentiment de la générosité des gars qui sont devant. Quand on regarde le tour de France, on n'a pas tellement idée de ça si on ne l'a pas fait soi-même, mais le gars qui est devant dépense environ 50% d'énergie de plus que ceux qui sont derrière, ou peut-être pas loin du double, à ces vitesses-là. Il consent donc à un don de lui-même qui est important, et ils préfèrent d'ailleus perdre une étape que de l'offrir à un paresseux qui ne veut rien faire. Car si balaise qu'on soit, c'est toujours celui qui est resté derrière qui aura raison sur la ligne d'arrivée. Bref, ceci pour dire que je suis assez sensible à cette générosité, et quand il m'arrive de me mettre derrière un gars sans pouvoir passer devant, j'ai toujours tendance à m'excuser, sauf si je suis dans un groupe où c'est considéré comme normal, comme hier. Mais quelque part je les admire ces responsables de clubs, qui jusque dans leurs vieux jours traînent les autres sur les routes parce qu'ils ont cette passion. Ils font le boulot, et nous derrière, on profite du paysage.
Bref, il y a là un genre de fraternité que je n'ai jamais senti ailleurs, et j'ai l'impression que tout le monde en est conscient (parce que tout le monde sait ce que ça coûte d'aller devant).

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Changer - masculin/féminin

Le monde entier prétend qu'on ne peut pas changer ses goûts et attirances, surtout dans le domaine fondamental de l'amitié et de l'amour. Tous les homos se font excuser en disant que ça n'est pas de leur faute, qu'ils sont comme ça mais qu'ils voudraient bien être autrement. Ce qui est complètement faux. Ce qu'ils voudraient, c'est pouvoir faire ce qu'ils veulent sans avoir d'ennuis, comme les hétéros (comme si d'ailleurs tous les hétéros pouvaient faire ce qu'ils voulaient, il n'y a qu'à voir les sociétés traditionnelles). Mais ils ne veulent absolument pas changer.
Bref. Donc, aussi loin que je me souvienne, j'ai été attiré par les gars. C'était une démarche purement narcissique. J'allais vers le semblable, parce que de mon point de vue, il n'y avait que le semblable qui valait quelque chose. Les filles, c'était terra incognita, et ça ne m'intéressait absolument pas. Je trouvais qu'elles avaient des cervelles de moineaux et qu'elles étaient totalement inconsistantes (je le trouve toujours, d'ailleurs, sauf que maintenant je vois cela comme des qualités). En un mot j'étais incapable de concevoir une femme avec des qualités (et comme je n'aimais pas les gosses, je ne risquais pas d'apprécier celles qui en faisaient l'élevage, ni les qualités nécessaires à leur élevage). Si j'étais allé voir n'importe quel psy pour lui expliquer ça, il m'aurait regardé avec pitié :"Mon pauvre gars, vous voilà bien mal parti, mais que voulez-vous, c'est comme ça et à votre âge, ça ne changera plus". Inutile de dire que ma vie amoureuse allait très très mal. Je n'en avais point. Par contre j'avais beaucoup d'amis. Des hommes bien sûr.
Mais bon, j'ai écrit du roman, et dans mon roman, s'il y avait une chose de sûre, c'est qu'un gars ne pouvait aller qu'avec une fille. Question de polarité. Pas de polarité, pas d'énergie. Donc je me suis attelé à cette tâche impossible : trouver des qualités aux filles. Enfin pas tout de suite. Dans les 3 premières saisons, les seuls personnages réels sont des gars, et les filles font tapisserie. Ensuite ça va un peu mieux. Mais ensuite j'ai dû finalement passer par le modèle de l'androgyne, le seul type de personnage où j'ai pu insérer des qualités féminines sans que ça soit artificiel. (C'est à ce stade que mon amie actuelle me tombe dans les bras et que je reconnais ses qualités, auxquelles j'avais été tout à fait aveugle depuis 10 ans que je la connaissais). Ensuite nous arrivons saison 9, avec un vrai gars et des vraies filles. Qui sont des emmerdeuses évidemment. Mais ce qui a changé chez lui, c'est qu'il voit l'intérêt de la chose. Il n'est plus là pour profiter égoïstement de la situation - ce que font en réalité l'immense majorité des hétéros, qui ne comprennent absolument rien aux femmes, mais on n'a pas besoin de comprendre pour se marier et baiser et et faire des gosses -. Donc ce nouveau personnage voit les femmes comme des êtres qui ont besoin de sa stabilité et de sa force, comme lui a besoin de leur mutabilité et de leur douceur. Il évolue vers une égalité de fait. Et puis bon, la saison 10 qui ne paraîtra peut-être jamais, le personnage est à nouveau un androgyne, mais ça pourrait être un homme. Son androgynat est ma façon de représenter le fait qu'il a intégré les qualités féminines. Son physique est masculin au niveau de la forme, mais ses canaux sont fins comme ceux d'une femme.
Hier je suis allé faire du vélo dans un club de cylcotourisme. Il se trouvait que ce jour-là, il n'y avait que des gars, et je dois dire que je me suis senti "chez moi", énergétiquement parlant. Dans un groupe de filles c'est l'inverse, je me sens totalement étranger (je parle au niveau de leur énergie vitale collective, qui n'est pas la même chose que leurs qualités). En même temps, ils sont quand même d'une extraordinaire grossièreté, on dirait des espèces de cadres rigides où un être réel attend encore de s'incarner. On me répondra que les femmes sont également rigides, avec leurs idées bien arrêtées, mais l'expérience prouve que leurs cadres volent facilement en éclat et que ça ne leur pose pas spécialement de problème, contrairement à ceux des hommes. Lusseyran raconte qu'à Büchenwald, il a suffi que tous ces boulangers, notables et autres, très sûrs d'eux et bien installés dans la vie, se retrouvent tout nus dans une salle pour qu'ils perdent leur identité. Après quoi ils sont tous morts très vite.
J'ajoute pour ceux qui ont lu la conversation avec bob qu'à un cerain point, j'ai reconnu chez lui cette rigidité insupportablement masculine, et qu'à ce point il est devenu clair qu'il n'y aurait pas de dialogue, et qu'il n'y en avait jamais eu d'ailleurs. C'est un type d'homme que je connais bien. Ce n'est pas un mollusque comme on en voit tant aujourd'hui, il a des qualités masculines, la stabilité bien sûr, mais c'est devenu une armure.
Car bon, il existe aussi des mollusques, des hommes qui changent d'avis sans même s'en rendre compte, ce qui rend toute conversation impossible avec eux. Ils sont toujours d'accord, même s'ils viennent de dire le contraire il y a deux minutes. Ce qui veut dire évidemment qu'ils n'ont aucune sorte de structure et donc aucune sorte de pensée personnelle. Chez une femme, c'est sa qualité propre, ce qui lui permet justement d'être remplie par une énergie complémentaire. Chez un homme, on ne voit pas bien ce qui va pouvoir suppléer à cette absence.

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16 février 2017

L'art du détail

Il paraît que je suis plus à l'aise avec les détails, et que cette tournure d'esprit a ses qualités et ses inconvénients. Je n'en vois pas les inconvénients, à dire vrai, parce que pour moi, c'est dans le détail que réside la clé de l'univers, c'est-à-dire du réel. La clé de la tomate est-elle dans la plante développée, ou dans l'ADN ? La plante développée, le produit fini qui est saisi par l'esprit qui voit les grandes choses, n'est qu'une conséquence de ce que d'aucune appelleraient le détail, la graine. Mon lama disait qu'avec la clarté, on voit des choses de plus en plus petites. Il na jamais dit qu'on voyait des choses de plus en plus grandes. C'est normal puisque toutes les grandes choses et tous les tableaux d'ensemble sont des conséquences. Toutes les formes que nous voyons autour de nous, c'est la combinaison d'une centaine d'éléments, et de certaines forces. Tout cela n'étant peut-être que la combinaison de 5 éléments fondamentaux.  

L'autre jour, je dicutais avec un ami. Il s'agissait de savoir comment travailler sur un karma particulier, par exemple le rejet. Il semblait que pour sa part, les méditation sur la vie du Christ n'aient pas suffi à casser le noyau de ce karma-là. J'avais donc suggéré d'imaginer une situation plus en rapport avec la sienne, mais avec un personnage assez différent. La "technique du roman", pour ceux qui connaissent. Il était donc revenu assez content, en m'expliquant ce qu'il avait fait. Et comme je n'y comprenais pas grand chose, je lui ai demandé des exemples concrets. Ici nous avons vu que notre définition de ce mot était tout différente. Pour lui, un exemple concret serait "J'ai imaginé que mon personnage était rejeté par ses collègues de travail". Pour moi, ce serait "Il s'assoit dans son fauteil favori, de couleur verte, allume la lampe à son côté, la fenêtre est sur sa droite, le sol en parquet est recouvert d'un tapis persan. Il ouvre une lettre. L'écriture est petite, penchée à droite. La lettre dit : (...)". Avec chaque phrase, il y a un ressenti spécifique. Peut-être une mémoire spécifique. Alors mon ami me dit :"mais qu'ai-je besoin de tout ce bazar ?". Eh bien il se trouve que plus on médite (sur le stade de génération), plus il y a de ce bazar, plus les choses deviennent concrètes. 
Il ne s'agit ici que du stade de génération. Mais comment croyez-vous que les pratiquants de thögal passent à travers les murs ? Je ne passe pas à travers les murs, mais je crois savoir. Au début, les visions sont petites, peu brillantes, et passent à toute vitesse. Et puis elles se développent, et deviennent de plus en plus brillantes et détaillées. De plus en plus stables également. Et puis elles commencent à entrer dans la matière, qu'elles finissent par dématérialiser. Mais qu'est-ce qui a le pouvoir de dématérialiser la matière, sinon une chose plus réelle ? Donc je crois que la pratique de thögal n'amène pas vers une diaphanisation de la réalité, mais au contraire vers plus de réalité. Les visions deviennent tellement denses, d'un point de vue de l'être, qu'elles finissent par remplacer le reste.
Et donc, ce processus commence dès le stade de génération. Tout devient de plus en plus "réel", et de plus en plus détaillé. Quelques assertions de Kelsang Gyatso vont également dans ce sens.
 

 

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On ne perd rien à attendre

Comme je le dis souvent, la mémoire, mais la vraie mémoire, est ce qui nous fait le plus défaut. J'ai déjà discuté avec des dizaines de gens comme bob, malheureusement je n'en ai gardé aucune mémoire réelle, c'est-à-dire utile. C'est un peu comme avec la nourriture, j'ai du mal à acquérir la mémoire du gâteau au chocolat, ou du Nutella. Et je recommence, et je me demande à chaque fois ce qui m'a pris de recommencer. Le problème, c'est que je ne suis plus capable de penser, ou de conceptualiser, une telle structure mentale, en sorte que même s'il était possible de tirer une conclusion très vite, je me suis refusé à la tirer, en plus d'être surpris à chaque tournant. Parce que je ne crois plus que de telles choses soient possibles (alors qu'il n'y a finalement que cela autour de moi, si je me donne la peine de regarder).
Il a fallu qu'une certaine structure énergétique finisse par se construire dans mon champ perceptif, un genre de structure où il n'existe plus aucune possibilité de mouvement. A ce moment forcément, on s'arrête de bouger et on passe à autre chose. Ce que je voudrais garder au fond, c'est la mémoire de cette structure, un genre de photocopie, afin qu'à la prochaine occurrence j'évite de perdre mon temps.
Mais il y a aussi une autre solution fort élégante, qui consiste à ignorer l'interlocuteur un certain temps, au lieu de lieu donner la tribune. L'arrogant et celui qui n'a rien à apporter s'en iront tout de suite. Celui qui est réellement intéressé par le propos, et qui ne cherche pas seulement à réagir à une parole isolée, celui-là insistera. C'est arrivé une fois, un jour où j'ai confondu un nouveau avec un ancien. Donc je ne lui ai pas répondu, le temps de 2 ou 3 commentaires intelligents. Quand j'ai vu mon erreur, il était toujours là, bien patient.

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Le supramental c'est pas pour demain

Aurobindo avait tort en annonçant l'avènement du supramental. Ce qu'il voyait je pense, c'était l'avènement de la bêtise mondiale, et du nivellement par le bas, qui fait disparaître tous les particularismes. Parce que dans le supramental, il n'y a pas non plus de particularismes, toutes les lumières divines s'articulent harmonieusement. A ceci près qu'elle ne se mélangent pas en une sorte de grisaille universelle, où surnageraient quelques îlots de ceci ou de cela. De plus en plus fragiles. Les dieux du surmental sont clairement menacés par les flots de l'inculture générale.
L'évolution vers le supramental est exactement l'inverse de ce à quoi nous assistons, et dans la mesure où nul n'en enseigne la méthodologie, il est impossible que le flot de l'évolution aille dans ce sens. L'être humain est d'abord complètement idiot. Il ne faut pas oublier que son âme est hébergée par un singe, et que le singe en question, c'est lui qui fait la loi en l'absence d'un pouvoir spirituel supérieur. Avec un peu d'éducation, l'être humain cesse d'être idiot, il devient fanatique. Il se définit un territoire, qu'il défend en mordant tous ceux qui ne défendent pas le même. Nous sommes en train d'involuer de ce second état au premier état d'idiotie primordiale. Alors qu'il aurait fallu évoluer vers un troisième état, non pas dans le mouvement dialectique et synthétique décrit par Hegel, mais par un mouvement qui conserverait les particularismes. Dans le supramental, les lumières ne se résolvent pas les unes dans les autres comme chez Ken Wilber où il ne reste rien de tout le savoir de l'humanité passée. Elles brillent avec d'autant plus de clarté qu'elles ont trouvé leur place, et qu'elles cessent de se battre les unes avec les autres.
Une telle démarche est totalement inaccessible à l'humanité actuelle. Dans le meilleur des cas, votre interlocuteur, si intelligent soit-il, s'est fait son nid, purement avec des branches de hêtre, ou purement avec des branches de chêne, ou d'autres choses. Parfois, on retrouve deux espèces d'arbre comme chez Henri Le Saux ou Louis Massignon, mais c'est rare. Quand on en retrouve plus de deux, tous est mélangé dans un joyeux gloubi-boulga, comme chez Guénon, Schuon etc qui de toutes façons n'ont pas l'expérience de ce dont ils parlent. Car pour prôner le retour à l'état originel, il faut vraiment être aveugle à la finalité de la création.
Bref, j'ai du mal ici à délivrer de l'information, parce que, que dire ? Tous les cerveaux sont câblés à l'inverse de ce qu'il faudrait. Au lieu de vivre en s'étant défini comme un îlot qui se bat contre l'infinie variété de l'univers pour se maintenir à flot, il faudrait se définir comme la potentielle infinie variété de l'univers. Au lieu de brandir le Père Païsios contre Saï-Baba, Mère contre les chrétiens, Saint Bonnet contre la Shakti... il faudrait au contraire pouvoir s'identifier à toutes ces choses. Non pas à leur position intellectuelle étriquée, mais à leur position énergétique. Elles sont toutes très différentes, comme le chêne diffère du poirier qui diffère de la menthe qui n'est pas comme la marguerite. Est-ce que ça les empêche d'exister ? Non. Il n'y a que nous qui sommes assez arrogants pour croire qu'une lumière devrait éteindre toutes les autres, et qu'une seule île devrait briller dans tout l'univers. Quoi d'étonnant à ce qu'on retrouve ensuite dans les Productions Marvel des fous qui décident que tant qu'à faire, ça serait encore plus simple que rien ne brille ? 

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La culture spirituelle

J'ai l'impression qu'il faudrait écrire un livre concernant l'engendrement de "l'arbre de la connaissance" à partir des diverses découvertes des pratiquants qui nous ont précédés. Car cet arbre va donner la forme de notre corps d'immortalité. Si nous arrivons à en fabriquer un. Donc bon, il faut dire à la décharge de ceux qui n'ont pas compris l'usage des livres et des enseignement qu'ils ne sont probablement pas appelés à créer un corps illusoire. Mais pour les autres qui veulent former au moins un embryon de quelque chose, s'ils n'ont pas la chance, comme Rudi, d'avoir des tibétains qui viennent lui loger dans le corps toutes les connaissances de leur lignée à l'âge de 10 ans en lui disant "ça se déploiera à partir de tes 31 ans", eh bien ils sont très mal partis s'ils s'imaginent s'en tirer avec leur propre intuition. 
Je suis fier de dire que je n'invente rien. Je me sers seulement des connaissances de autres, parce quie je suis tout à fait incapable de rien inventer, sauf une méthode pour mettre à profit les inventions des autres.
Castaneda donne un exemple qui illustrera bien mon propos. Don Juan lui explique que les Anciens sorciers ne faisaient pas la différence entre l'inconnu et l'inconnaissable, et qu'à cause de cela, beaucoup d'entre eux se sont magistralement plantés. Et puis un jour, quelqu'un s'est avisé de faire la distinction, ce qui a donné naissance aux Nouveaux voyants. Cette distinction est absolument triviale. L'inconnu élève le pratiquant et lui donne de l'énergie. L'inconnaissable a exactement l'effet contraire et il est extrêmement dangereux. Il dit que ça leur a pris des siècles pour arriver à établir cette distinction.
Bon, celle-là ne m'est pas utile pour le moment, je ne sais même pas si elle est pertinente et si ça existe, mais supposons que ça existe réellement, si un jour je tombe sur de l'inconnaissabe, alors je me souviendrai de cela et je n'insisterai pas. Alors que si je ne sais pas que ça existe, je pourrais insister, et tout y perdre.
Je pense qu'il existe de la sorte une infinité de distinctions pertinentes, dont certaines sont absolument nécessaire à la réussite. Par exemple, si l'on ignore qu'il y a quelque chose qui s'appelle les gouttes et qui a telles et telles caractéristiques, on ne les cherchera pas. Ne les cherchant pas, on ne les trouvera pas, et de jour le sa mort on s'apercevra qu'on a foiré toute son alchimie interne, parce qu'on n'aura pas identifié un des 3 éléments fondamentaux. Faute de savoir qu'il fallait l'identifier.
Les canaux ordinaires et les canaux de lumière. Si personne ne me dit qu'ils sont distincts, je ne le découvrirai pas en 500 ans. Je perds là un accélérateur de la pratique, autrement dit je perds des années.
Steve Jourdain est né avec un certain niveau spirituel, et il n'a quasiment pas progressé dans cette vie parce qu'il n'a rien lu. Très content de lui-même, il n'a jamais su que son corps d'immortalité n'était pas finalisé, et que faute de cela il allait devoir revenir. C'est ballot. Tous ceux qui ont quelque lumière naturellement ont tendance à s'en contenter, et comme le dit Rudi, ils ignorent une chose, c'est qu'ils sont au bas de l'échelle. Comment le sauraient-ils s'ils ne lisent rien ?
Je pourrais aussi prendre l'exemple d'un ami qui n'est pas trop cultivé, et qui envisage de se lancer dans de grands projets, car il sent qu'il en tirera beaucoup d'énergie. Pour lui, l'affaire ne fait pas un pli à la base, il va prendre cette énergie et la transmuter en énergie spirituelle. Il ne sait pas qu'il y a des entités derrière ces sortes d'énergies et qu'elles n'ont aucune intention de se laisser dépouiller, et que c'est bien lui qui risque de finir plumé dans l'histoire. S'il avait lu Mère, il le saurait.
Le chemin spirituel est juste bordé d'abîmes, et celui qui s'imagine finir avec la plus haute réalisation avec sa simple intuition et la grâce de Dieu est juste un fou. Tous les corps d'arc-en-ciel sont des érudits, si l'on en croit ce qu'on peut lire dans la tradition tibétaine. Et comment ne seraient-ils pas ? Ce n'est pas un pauvre type dans sa grotte qui va redécouvrir les enseignements des bouddhas en faisant des prières. Ce n'est pas parce qu'il y a un Guru Rinpoche qui émerge de temps en temps que nous devons nous croire dans son cas.
Je n'ai pas expliqué comment la forme de notre connaissance donnera la forme de notre corps d'immortalité. C'est pas grave, ça saute aux yeux si on a compris comment tout cela fonctionne...

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15 février 2017

Le bateau rouge

Aujourd'hui nous étions à Arcachon, il y avait encore un peu de soleil, et à un moment j'ai vu arriver un bateau rouge... on aurait dit un cygne qui glissait sur l'eau, on aurait presque pu en faire une vidéo d'ASMR... non je plaisante, mais bon, il y avait une qualité de félicité dans ce mouvement, dans la couleur (c'était éclairé par le soleil que je ne voyais pas depuis ma position), ce bateau était trop beau. Un petit bateau chargé de touristes, de ceux qui font le tour de la baie, rien de beau dans sa conception, il est juste conçu pour y entasser le maximum de gens. En bref j'étais dans un autre univers, et je me disais que la félicité vient de l'impermanence. Car s'il n'avait pas bougé, il ne m'aurait pas fait cet effet. Il en va de même avec les mouettes. C'est donc cette énergie-là qu'il faut laisser passer, celle qui met tout en mouvement. On n'est pas vraiment câblés pour ça, à l'origine. On veut toujours trouver une finalité au mouvement, et c'est ce qui nous empêche de le voir pour ce qu'il est.
Je crois que tout ceci nécessite un recâblage complet, notamment du cerveau. J'ai noté que depuis quelque temps, je perds la mémoire, mais d'une certaine façon, pas n'importe comment. J'oublie en premier lieu ce qui est arbitraire. C'est ennuyeux, parce que le langage en fait partie. Donc, des mots simples. En fait les informations ne se stockent plus de la même façon. Hier j'essayais de retracer à quelqu'un les séquences d'une conversation, et à chaque changement de séquence, le trou total. Je ne retiens plus les suites de faits linéaires. Si je lis un livre, il ne faut pas me demander ce que j'ai lu, il n'en sortira que des bribes. Je sais que tout est stocké quelque part, mais pas dans l'ordre où je l'ai lu. Chaque chose lue va alimenter un "arbre de connaissance", autrement dit les liens logiques/temporels tels qu'établis dans le livre sont tous détruits instantanément, chaque élément est récupéré et replacé dans une autre structure (qui est la mienne). Cette structure, je n'y ai évidemment pas accès là tout de suite. Ça ressort quand nécessaire, et ensuite c'est englouti de nouveau dans les brumes de l'oubli. Idem avec mes propre articles. Sitôt écrits, sitôt oubliés. Je "sais" de plus en plus de choses, mais ça n'est certainement pas moi qui les sais. C'est là quelque part, je ne sais pas où et je ne veux même pas le savoir. Ça sort quand ça veut. Si je devais apprendre une langue, ça serait terrible. Je crois que je ne pourrais pas. Je comprends maintenant pourquoi Chepa Rinpoche a mis 10 ans à comprendre le français, vivant en France. Je ne parle même pas de le parler, c'en était toujours au stade petit nègre. Je comprends pourquoi le Lopön doit connaître environ 1000 mots d'anglais, et pourquoi son vocabulaire ne s'est jamais enrichi. Enfin, il a dû s'appauvrir probablement, car je crois qu'il a fait un dictionnaire anglais-tibétain, dans le temps. En attendant, la pauvreté de son expression est frappante, toujours avec les même fautes. "Keep in the natural state". Bon.
Bref, il devient de plus en plus difficile (et fatigant) de penser à quelque chose. C'est comme ça qu'on finit par ne penser à rien, car sinon, on ne pourrait pas. Ce n'est pas en pratiquant la méditation qu'on atteint le vrai calme mental, c'est quelque chose qui ne peut pas être appris. Tout ce qui peut arriver, c'est que le cerveau se réorganise en vue d'une autre mémoire et d'un autre type de fonctionnement. Pour ça il doit faire du ménage, parce qu'il n'est pas infini. Et ce qui dégage, c'est ce qui ne sert à rien, tout ce qui supporte la pensée discursive, tout ce qui est arbitraire, ou répond à la fausse logique des apparences. Et si on s'entête, ou si on se fait prendre quand même dans une boucle de pensées, on attrape mal à la tête, physiquement. On se trouve finalement contraint d'abandonner tout ce bazar. Parce que la "vie consciente", la vraie vie, en somme, elle prend une sacrée place. Elle demande toutes nos facultés.  
Bref, je n'ai pas besoin de préciser qu'au moment où j'ai vu ce bateau rouge, je ne pensais à rien.

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13 février 2017

Au sujet des commentaires

Un ami m'a fait une remarque très pertinente :"t'as quand même un fond dépressif, c'est dans l'échange que ça étincelle et que tu portes littéralement secours et assistance".

Je ne sais pas si je suis dépressif (c'est possible finalement, vu que l'ami en question s'y connaît en dépression), mais je veux bien croire que les posts que j'écris tout seul puissent en déprimer quelques uns. Et c'est vrai, quand je réponds j'ai plus d'idées, ça sort tout seul. Donc si vous voulez que ce blog étincelle davantage, vous pouvez poster les comms auxquels vous songez dans vos rêves les plus fous.

Sinon, Conchita a fait du bon travail :

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En même temps, c'est triste, un poisson mort (peut-être que je suis vraiment dépressif...).

 

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Aller voir ailleurs - Jean Pierre Brouillaud

Comme je le disais dans un comm récent, je viens de lire la bio de Jean Pierre Brouillaud Aller voir ailleurs : Dans les pas d'un voyageur aveugle. Bon, ça ne vaut pas Lusseyran, mais c'est pas mal.
Il a fait le tour du monde en stop, des coins où je n'irais jamais avec mes deux yeux. L'Amazonie, l'Afghanistan, le Sahara... Pas froid aux yeux, le gars, et puis qui ne doute de rien. Un jour, il monte dans un camion pour traverser je ne sais quel désert, au Soudan je crois, en plein été, 47° à l'ombre le matin. A un moment leur camionneur demande un peu d'argent, pas un voleur, juste ce que les gens donnent habituellement. Lui et son pote, ils refusent, et se font jeter du camion, en plein désert, sur une piste de plusieurs kilomètres de large. Chances de survie, pas grand chose. Un autre camion les retrouve 3h plus tard, à moitié lyophilisés. Ils continuent à vouloir faire leur loi genre "on veut aller ici et pas là". Ils se retrouvent à nouveau dehors, le chauffeur leur laisse un fond de jerrican d'eau avec un peu d'essence mélangée, sur les insistances de JPB qui avait trop soif... Un autre camion le trouve à moitié mort, par chance, et le conduit dans une oasis. Le gars, pas entêté du tout. 
Il y a des anecdotes intéressantes avec des filles qui lui sautent littéralement dessus. Facile, il est aveugle, il ne les voit pas. Apparemment ça les déchaîne.
Au-delà de tout ça, on se demande quand même ce qu'il cherchait. Des sensations, je pense. Quand on est aveugle, c'est ce qui manque. Pour avoir passé 6 jours sous un bandeau (expérience volontaire), je peux dire que le plus difficile, c'est entre 11h du soir et 3h du matin, quand on est seul dans son salon, qu'on ne lit pas le braille, et qu'on n'a pas envie d'écouter la radio. Il y a clairement un déficit sensoriel. Et encore, j'ai un corps énergétique relativement développé par rapport à la moyenne. Mais il y a 10 ans ? Je serais devenu fou, si cette situation m'avait été imposée. A l'époque je ne sentais rien. Et d'ailleurs JPB ne sent pas grand chose. Le contact de son postérieur sur la chaise, les sons ici et là, sa main qui touche un objet... il ne connaît son corps par par contact, dit-il. Moi c'était pareil. On peut ajouter les battements du coeur, un inconfort ici ou là, mal au dos etc... Mais la sensation de l'énergie qui se balade dans les chakras, celle-là elle est dure à obtenir. Je parle des vrais chakras, pas de petites vibrations électriques, de picotements, de chaud, de froid... Plutôt de félicité, et des visions qui viennent avec. Quand on a ça, on peut être aveugle, on "voit" ce qui est important, on est rempli.
Pour en revenir à JPB, il explique comment il a réussi peu à peu à s'accepter, et à vivre dans "l'amour". C'est ce second point qui me crée quelques doutes. Je crois de plus en plus qu'il y a les saints, et les autres. Les saints, qui voient que franchement le chemin est long, et qui sont toujours à pleurer pour en avoir plus. Et puis les autres, qui ont l'impression d'y être, et qui sont bien contents. Mais quand on les regarde, ils n'ont pas l'air si heureux, ni quand on lit entre les lignes. Il y a clairement une différence de critères. Les uns veulent un bonheur vital qui n'est pas gêné par leurs problèmes psy, donc ils s'appliquent à résoudre ces derniers, et ensuite ça va, ils sont dans l'amour, heureux de vivre (pourvu qu'ils aient plein d'amis et d'activités). Bon, ça n'est pas du tout l'amour dont je parle, quand j'en parle.

Posté par Ian Alexander à 16:30 - Commentaires [38] - Permalien [#]