Lumières spirituelles

09 septembre 2018

Libéré du démon de l'ordinateur (à quelque chose malheur est bon)

Comme l'avait suggéré un ami, il y a maintenant une fréquence émise par l'ordinateur contre laquelle il m'est impossible de me protéger (entre 10 et 600 GHz) et qui me perturbe le sommeil. Ceci ajouté au fait qu'il ne m'est plus possible d'aller au resto (aucun), mon éternel problème est résolu, celui qui consistait à me demander quelle sorte de lien je dois garder avec cette société. La réponse est maintenant claire : aucun. En effet, sans ordi il est évident que toute société disparait, en tout cas quand il n'est plus possible de quitter sa chambre.
Je vais donc faire ce que Dieu attend de moi : entrer en retraite perpétuelle. Je pourrais certes avoir une secrétaire à qui je pourrais dicter des articles, mais je me rends compte que ça ne m'intéresse pas, et puis elle a déjà du travail avec mon courrier "obligatoire". De toutes façons, je ne crois pas une seconde qu'il existe un seul vrai pratiquant au monde qui ait un ordinateur, quelque chose qui je pense a été conçu pour détruire l'humain, et notamment ses facultés sprirituelles.
Au final je suis assez content, car je suis obligé de faire ce que j'ai toujours voulu faire, sans avoir la force de caractère de la faire. A 51 ans, il était temps.

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19 août 2018

La vache qui exauce tous les souhaits

Je me suis aperçu l'autre jour que, si beaucoup de gens ont un voile sur leurs propres mérites, tels des poulets se prenant pour des aigles, moi j'avais un voile sur les mérites des autres. Autant je trouvais normal que les maîtres n'en aient rien à faire du mauvais sujet que j'atais, autant je trouvais injuste qu'ils traîtent les autres de la même façon. Pas les bons à rien qui ont de la bouillie à la place du cerveau et qui ont tout envahie aujourd'hui, mais ceux dont je voyais qu'ils avaient des qualités. Je ne parle pas forcément de mes amis mais par exemple de personnes gentilles ou généreuses. Mais au final c'est comme pour les thèmes astrologiques. On a tous le même bazar (les planètes, le solaile, la lune...), c'est juste disposé de façon plus ou moins visible.
Prenons un exemple simple : quelqu'un qui donne un bonbon ou fait un compliment à un enfant sera perçu comme "gentil". Le fait que les bonbons puissent coûter des milliers d'euros de dentiste et favoriser le diabète, ou que les compliments, surtout non mérités, puissent pourrir le caractère, n'entre pas en ligne de compte. Pourtant ce sont des faits avérés. Il est en réalité évident que quelqu'un qui passe pour gentil est simplement quelqu'un qui a besoin de le paraître. Parce qu'en un sens, c'est effectivement pratique. Ici, je ne vais pas prétendre que quelqu'un qui fait le contraire sera forcément meilleur. Parce que pour faire le contraire, il faut avoir un certain esprit qui supporte assez bien de voir les autres superficiellement malheureux même si c'est pour leur bien. On va donc plutôt dire qu'il y a là deux structures de caractère opposées, chacune avec ses qualités et défauts. L'idéal serait d'appliquer la gentillesse ou la non-gentillesse strictement en fonction des circonstances, et là, il n'y a pas grand monde qui en soit capable.

Toujours est-il que j'ai cessé de trouver le monde injuste par ce qu'en réalité, chacun a exactement ce qu'il mérite. Je ne parle pas des évènements qui sont choses très superficielles. Ce qui fait notre vie ce n'est pas de gagner 50 millions d'euros au loto ou d'aller en prison sans passer par la case départ, c'est ce qu'on en fait. Ni l'un ni l'autre ne sont des facteurs de bonheur ou de malheur. Même ce qui est relativement l'évènement le plus précieux, le fait d'avoir ou de croire avoir un maître spirituel.
J'ai connu pas mal de gens qui croyaient en avoir un, et j'ai lu des biographies de gens qui en avaient réellement un (je parle de gens comme nous à la base, pas des maîtres de la Grande Perfection) comme Irina Tweedie, John Mann, Satprem ou des disciples de saints orthodoxes. On voit qu'il y a un terrible inconvénient à cette situation : on ne réfléchit à rien. On ne se dit même à aucun endroit qu'on pourrait mal intérpréter des paroles du maître qui ne seraient pas aussi évidentes que la 1ère compréhension qu'on en a. Je n'ai encore pas rencontré un disciple ayant réalisé que les objets du dharma sont des objets cachés par essence, qu'il ne comprend rien du tout, et que le fait d'avoir un maître n'est pas équivalent au fait d'avoir un intellect illuminé.
Aujourd'hui je crois qu'il est finalement préférable de ne pas recevoir d'aide tout en étant bien entendu conscient de sa situation dramatique. Si je me compare à John Mann ou à Satprem, je suis forcé de reconnaître que je suis né aussi bête qu'eux si ce n'est davantage, et que si j'avais reçu la même sorte d'aide, j'en aurais juste profité pour faire mon malin et mourir idiot. Un esprit pourri de voiles est un esprit pourri de voiles, dans quelque ordre qu'on les mette. C'est comme un jardin plein de graines de ronces. Mettez du soleil et de l'eau dessus, ça ne sera jamais un petit paradis.

A mon propre niveau, j'ai pu constater que toutes les personnes avec qui j'ai partagé mes découvertes, développaient une prétention égale, c'est-à-dire proportionnelle à la quantité révélée, aussi naturellement que la ronce pousse. D'ailleurs, on pourrait penser que le découvreur lui-même développe le même type d'orgueil, mais ça n'est en réalité pas la même plante même si elles se ressemblent au départ. La différence entre l'orgueil et la fierté Vajra, ainsi que la nomment les tibétains, est que le propriétaire de la 1ère plante se satisfait facilement de ce qu'il a en y voyant l'explication complète de la totalité de l'univers, ce qui lui permet d'ouvrir sa petite officine pour en monnayer les fruits. Le propriétaire de la 2nde plante, lui sait qu'il ne sait rien et il préfère continuer à chercher plutôt que de se reposer sur ses lauriers parce qu'il sait qu'il n'aura jamais assez de temps pour découvrir les merveilles de l'univers. On voit bien qu'à la base la graine n'est pas la même. D'un côté on a un don gratuit qui tombe sur quelqu'un qui ne le cherche pas et n'en connaît pas la valeur. D'un autre côté on a un esprit de recherche qui constitue la base fondamentale d'un caractère. Comment le fruit pourrait-il être le même ? Le chercheur développe effectivement un certain orgueil en cours de route, c'est inévitable mais il en sera sauvé s'il n'arrête jamais de chercher.

Personnellement je n'aspire plus à trouver de maître. La raison en est fort simple. Ceux qui veulent un maître ne réalisent pas que 1) le maître ne correspondra pas à leurs attentes, 2) ce qui correspondrait à leurs attentes, ils pourraient l'obtenir par la puissance créatrice de leur propre esprit.
On ne peut pas désirer ce qu'on ne peut pas concevoir. Ce qu'on peut concevoir on peut l'obtenir sans l'aide de personne. Il n'y a que le fou qui l'ignore.
Prenons un exemple vécu. Je lis la vie du starets Isidore et je désire être son disciple. Qu'à cela ne tienne c'est chose faite. Non pas avec le vrai starets Isidore, qui ne correspondrait pas à mes attentes, mais avec celui précisément dont je désire être le disciple. Celui-là il est juste là, en face de moi. Non, pas en face de moi, plutôt à l'intérieur. Tout ce que je veux de lui, je l'obtiens. Ce que je ne veux pas je ne l'obtiens pas et pourquoi s'en soucier ? C'est cela le vrai pouvoir de l'esprit, et plus on s'entraîne plus il augmente. Ce n'est pas mental, c'est physique, cela modifie la configuration des vents gouttes et canaux.
A un moment, l'effet devient tellement fort qu'on n'est plus disposé à faire le moindre voyage, dans la mesure où on obtient tout à domicile en claquant des doigts. Ca tombe bien, je ne peux plus voyager.
Je le conseille aussi pour ceux qui se sentent en manque d'affection, ou ceux qui voudraient avoir la plus belle femme du monde. Moi, je possède le plus beau couple du monde, du moins celui que je considère comme tel, à mon entière disposition. Oui, parce que mieux vaut un couple qu'une personne seule. En fait un vrai mandala doit comporter un couple, sa suite et sa terre pure. J'y travaile...

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10 août 2018

Une histoire de père spirituel

En début d'année j'ai fait une expérience intéressante : j'ai eu un père spirituel pendant 3 semaines. Pour de vrai. Ce qui m'a permis de vérifier tout ce que je croyais savoir à ce sujet (et que j'avais appris avec le roman), et qui s'est révélé assez juste, plus d'autres choses auxquelles je ne m'attendais pas. Mais c'est toujours mieux de le vérifier en vrai. J'ai également pu confirmer que ce qui se passe, c'est à peu près l'inverse de ce qui se passe chez tous les gens que j'ai croisé ayant prétendu avoir un maître. Là encore c'est parfaitement logique, une personne sans cognitions valides ne peut tout simplement pas entretenir une telle relation, ce n'est pas dans ses moyens "physiologiques". Ce qui explique que les maîtres ne peuvent quasiment rien transmettre. Il faut déjà s'assurer que la personne a un récipient (kli, en kabbale), ce qui n'est jamais le cas, puisque personne ne nous apprend à former des récipients.

Pour donner quelques précisions sans trop en donner, disons qu'il s'agissait d'une personne ayant effectivement titre de Père Spirituel dans l'Eglise Orthodoxe, un hiéromoine déjà d'un certain âge ayant vécu pas mal d'années en Terre Sainte. Il m'a contacté suite à un certain courrier que j'avais écrit à une personne de son entourage, en me disant que ça n'était pas dans ses habitudes, mais qu'il devait préciser certaines choses. A ce moment, j'ai ressenti un amour vraiment très fort pour lui, alors je lui ai répondu, et à sa réponse suivante, c'est devenu assez indescriptible. La seule personne envers qui j'avais ressenti une chose semblable, c'était un autre Père spirituel, quelques années plus tôt. Absolument rien de comparable avec ce que j'avais pu ressentir envers Amma et autres, 10 ans plus tôt. Avec Amma, ça n'était pas de l'amour, c'était l'attachement du fantôme affamé, ce qu'elle sait sciemment provoquer en distribuant ses bons vents au darshan. Tout le monde en est victime, les gens pleurent après le devi bhava et ensuite se morfondent de son absence.
Là, cela n'avait rien à voir. Le gars était là, avec moi, dans mon corps énergétique, même si je ne l'avais jamais vu. Comme les saints dont je lis les biographies ou autres. Je lui ai dit tout ce que je ressentais à son endroit, il ne m'a pas pris pour un fou, ou du moins ne l'a pas montré, et m'a même encouragé à lui écrire. Je lui ai confessé des trucs que je n'aurais confessé à personne, et là, j'ai découvert que la confession, ça marche à l'inverse de ce qu'on nous fait croire. La confession ne soulage pas, c'est juste le début des ennuis. Il ne s'agit absolument pas de déposer ses péchés devant Dieu et de s'en laver ainsi les mains. Il s'agit plutôt de les déposer dans l'esprit d'une personne pure qu'on prend pour l'émanation de Jésus en personne, et alors là on se sent très très très mal, et ça peut durer très longtemps à mon avis. On voit tout à coup que c'est nous qui avons mis Jésus sur la Croix et continuons de l'y mettre, le malheureux. Et on n'a certainement plus envie de continuer. A part ça, aucun Dieu extérieur ne va nous laver de rien du tout, ça c'est des contes de grand-mère. Mais pour ça il faudrait déjà concevoir la pureté absolue du prêtre qu'on a en face, ce qui ne peut arriver que d'une manière surnaturelle. Et là, on ne va pas se cacher de honte, ce qui est l'attitude des démons, comme l'a si bien fait remarquer Swedenborg. Le démon a honte et va se cacher dans les ténèbres pour ne plus qu'on le voie. Le pratiquant supporte sa honte et reste là dans la lumière, et je dois dire que c'est physiquement très pénible, pas la peine de pratiquer tummo ça se fait tout seul.
Enfin, rien de nouveau sous le soleil, tous les mystiques le disent, le feu du purgatoire n'est autre que le feu de l'amour de Dieu qui montre son péché au pécheur. Le truc c'est de se maintenir là alors que tout nous dit de nous enfuir, ou de minimiser la chose pour ne plus en souffrir. Il faut au contraire la maximiser, ce qui explique qu'à terme tous les saints soient quand même un peu fous. Bref, j'ai fait le méchoui pendant 3 semaines, ça a atteint son apogée quand le bon Père m'a dit de lui foutre la paix pour la semaine, là je m'en suis vraiment voulu de l'avoir troublé, j'ai prié pour lui, son bien-être était ma seule préoccupation, l'amour total et la honte totale... le truc fabuleux, j'étais prêt à continuer comme ça toute ma vie.
C'est alors que la "présence" l'a quitté, et pof, terminé. J'ai été triste, en même temps il était assez clair que j'avais tout fabriqué dans mon propre esprit (aidé un peu quand même), et que finalement, tout ça était disponible là, en moi. Quelques semaines plus tard, j'ai vu le gars en vrai, je me suis excusé de ma folie en lui disant qu'il s'était quand même passé un truc bizarre, il a accepté mon explication, a procédé à ma chrismation, et 15 jours plus tard j'ai réalisé que le christianisme c'était fini. Cette méthode ça demande beaucoup d'énergie, que je n'ai plus. Toutes ces émotions ont complètement disparu, ça ne m'intéresse plus du tout. Une fois qu'on a le récipient et qu'on peut fabriquer tout ce qu'on veut, ce n'est pas la peine d'insister, sauf si une entité nous tombe dessus et nous y force, ce qui n'est pas mon cas.

Qu'est-ce que le récipient ? C'est ce qui fait que le Maître est toujours là avec nous. Si on chougne parce qu'Amma retourne en Inde on est mal barré, ça veut dire qu'on est complètement vide. De la même façon, si on réagit mal parce qu'elle nous regarde de travers on est mal barré de la même façon. Muktananda l'a décrit dans tous les sens. Quand on a vraiment un maître, il est dans notre corps, on a même parfois l'impression d'être lui physiquement, même s'il est à 300 kilomètres. Sinon, c'est qu'on n'a pas de maître, malgré tout ce qu'on prétend. Et il ne s'agit pas non plus de faire son malin en se disant qu'on a pour maître le plus grand avatar du monde ou le plus grand Rinpoche. On sait qu'en réalité on n'en sait rien. On sait juste que cette personne est omnisciente pour nous, d'une certaine façon, ça ne nous donne aucun pouvoir, aucune science objective, aucune justification de rien. Pour moi c'était même pire, puisque le réceptacle humain de la "présence" n'avait aucune conscience de ce qui était en train de se passer, il ne comprenait rien de ce que je lui expliquais. C'est le cas le plus difficile à mon sens parce qu'on ne rencontre aucune compréhension au sens humain, seulement une action parfaite dont la source est absolument indiscernable. Bref, après ça je me suis retrouvé comme le gars qui a rencontré une fois dans sa vie l'amour absolu. Il ne court plus après, il sait ce que c'est, il en a retiré ce qu'il devait = il sait qu'en réalité ça vient de lui, il n'y a aucune trace ailleurs qu'en lui-même, tout le reste est effacé, personne n'a entendu sa confession sinon Dieu lui-même. 

Bref, maintenant je suis bouddhiste pour de bon, c'est une voie différente, qui ne consiste pas à se repentir et donc à travailler avec "soi-même" et son passé, mais à s'universaliser, c'est-à-dire à comprendre que tout peut devenir notre vie. Dans un cas, on transmute son maigre butin, dans l'autre cas, on va chercher exactement ce qui nous plaît où ça nous plaît (ce qui demande malgré tout d'avoir transmuté assez de son maigre butin), et on laisse tomber le reste. Mais pour ça, il faut avoir des récipients, car il n'y a plus aucun support physique, ni rien ou personne à quoi ou qui se référer. Pour obtenir ce qu'on veut, il faut savoir ce qu'on veut de manière précise. C'est tout le problème. Savoir, c'est obtenir.

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Pèlerins d'Arès

Aujourd'hui nous sommes allés voir les Pèlerins d'Arès à Arès. Cela s'est révélé plus intéressant que ce que je craignais. Bon, je n'ai pas trouvé d'énergies spirituelles sur le lieu, en tous cas auxquelles je sois sensible, mais les gens étaient plus communicatifs que partout ailleurs (sauf peut-être les musulmans). A peine sortis de la salle, un black nous a sauté dessus pour commencer à nous raconter sa vie, il était prof d'Echecs dans les écoles, dépressif, mais bien content de sa nouvelle "religion" où il se faisait plein d'amis, et de fil en aiguille, 3 autres personnes sont venues me parler. Ils croient à leur truc et ça leur donne le moral, cela dit le résultat reste mitigé à mon sens. Quand je disais à l'un d'entre eux que je n'avais a priori aucun espoir que mon EHS s'améliore, il m'a dit qu'il fallait garder espoir parce que Dieu ne nous abandonne pas et s'occupe de nous. Ce qui revient à postuler que ma situation est mauvaise. Mais en fait je ne sais pas si elle est bonne ou mauvaise. Ce qui est mauvais pour moi actuellement c'est de ne pas arriver à dormir, quand ça arrive. Mais rester coincé dans les deux mètres carrés de la maison qui sont électriquement neutres, sauf à mettre un costume spécial, on ne sait pas ce qui peut en sortir. Par exemple j'ai décidé de faire travailler son chant à ma copine, je ne sais pas si je l'aurais fait autrement. Elle ne deviendra pas soliste internationale, mais elle pourrait devenir soliste tout court, ça serait déjà quelque chose. J'en reparlerai dans un autre post.

Sinon à l'entrée ils vous posent une question : "Est-ce que vous aimez tous les hommes et est-ce que vous leur pardonnez". J'ai répondu "oui" dans hésiter, alors que mes amis ont répondu "j'essaie". Je me suis demandé d'où venait cette différence, mais ce que j'avais dans la tête à ce moment, c'est ce que j'ai tout le temps en tête ces temps-ci. Qu'est-ce que l'amour inconditionnel ? Il ne fait pas de différence entre mon voisin, une fleur et une crotte de chien, pour cette bonne raison que tout apparaît comme les apparences pures de notre esprit. S'il y avait des différences, ça ne s'appellerait plus de l'amour inconditionnel, puisqu'il serait sujet aux divers conditions des êtres, humains, fleur ou crotte de chien. Quand on travaille à tout percevoir comme les apparences de son propre esprit, il n'y a plus personne à essayer d'aimer, et rien à pardonner puisque tout est égal. On perçoit le miroir, et les apparences sont toutes des ornements. Ce que les bouddhistes appellent "sagesse de l'égalité". Je ne dis pas que j'y parviendrais dans une prison chinoise, mais sauf exception et vu ma condition présente, ça se présente comme ça. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de discrimination, puisqu'il existe aussi une "sagesse discriminante", sans quoi on ne parlerait plus d'état naturel mais d'indifférence au mauvaise sens du terme. Les gens sont tous égaux, mais tous différents, et donc nullement interchangeables. Comme des fleurs dans un champ. Quoi qu'il en soit ce n'est pas d'eux que j'attends le progrès ou quoi que ce soit d'autre.
De la même façon, je n'ai plus du tout le fantasme de trouver un maître. Il faut dire que j'ai eu en début d'année un Père spirituel pendant 3 semaines, j'ai reçu en accéléré à peu près toutes les leçons principales à ce sujet, et après la dernière, l'esprit omniscient qui l'habitait est tout simplement parti, n'ayant plus rien à faire là. J'ai vu à cette occasion ce qui n'allait pas chez les disciples actuels, qui se comportent tous comme des fantômes affamés. Comme tels, ils ne peuvent rien recevoir, car le propre du fantôme affamé, ce n'est pas d'être dans un lieu sans nourriture, c'est de ne pas avoir d'estomac. Ce sera le sujet d'un autre post.

   

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05 août 2018

Lamas, disciples et enfer vajra

Je pense que Chepa Rinpoche a dû beaucoup souffrir, tout le temps qu'il a passé en France (les 15 dernières années de sa vie). En effet, je retrouvais l'autre jour un texte qu'il avait fait distribuer un jour "conseils pour la sangha" ou un truc du genre, et dedans il expliquait qu'il espérait vraiment que cette sangha serait différente des autres, qu'il pourrait faire connaître le dharma aux gens et leur être bénéfique... ça a dû être vraiment horrible de constater qu'il obtenait en réalité le résultat inverse, car il a réellement obtenu le résultat inverse avec un certain nombre de gens. Dans le meilleur des cas, il n'y a eu aucun effet. Je n'invente rien, il l'a dit lui-même à plusieurs reprises, que les gens n'avaient développé aucune compassion en 10 ans, et que lui-même se faisait l'effet d'être un clown dans un cirque, que les gens étaient comme des puits sans fond où on pouvait jeter tout ce qu'on voulait sans que ça change rien, et qu'il ne comprenait pas ce qui se passait. Comment lui en vouloir d'avoir finalement décidé de profiter des gens pour leur voler leur argent et leur énergie vitale. C'est sûr qu'un grand Rinpoche n'aurait pas réagi de cette façon (enfin, pour l'argent, si).  

Du coup j'ai relu quelques textes et j'ai été étonné de ma propre bêtise à l'époque. En fait je ne les avais jamais "lus", ni personne autour de moi c'est évident. Il faut dire que le milieu ne s'y prêtait pas. Cinquante personne ânonnant du tibétain, et ensuite du français, dans une atmosphère d'ennui terrible, tout le monde avait l'impression d'effectuer une corvée pour faire plaisir au lama, et personne n'a jamais regardé de près ce qu'il était en train de lire. Ou plutôt, personne n'avait assez de cognitions valides pour s'apercevoir de ce qui se trouvait dans les textes en question. Que je ne peux expliquer vu que ça n'est pas intellectuel. Mais bon, on peut dire que c'est des outils pour développer un nouveau corps. A condition d'avoir un embryon.

Au lieu de ça les gens ont utilisé le dharma "contre" autrui, soit pour s'enfermer dans une tour d'ivoire de supériorité et de refus de communication (le meilleur cas), soit pour certains, pour justifier leur méchanceté et la développer de la manière qui leur plaisait. Ceux-là m'ont finalement fait comprendre ce qu'est l'enfer vajra.
"Trungpa told us that if we ever tried to leave the Vajrayana, we would suffer unbearable, subtle, continuous anguish, and disasters would pursue us like furies") and will have a bad time in the bardo, seems to be old hat in the Tibetan tradition, and as you say, it is a fairly conventional Vajrayana view". Celui qui dit cela n'a manifestement réfléchi à rien. L'enfer vajra n'est pas fonction de la lignée, du gourou, ou de quoi que ce soit d'objectif, sinon ce serait assez simple finalement de s'en prémunir. Il suffirait quand on a affaire à un faux gourou d'aller en voir un vrai pour nous nettoyer du faux. Mais ça ne marche pas du tout comme ça.
La question est en réalité de savoir à qui nous avons donné notre amour, ou vendu notre âme, si vous préférez. C'est quelque chose qui ne peut être effacé par personne, car ça nous concerne au plus intime. Si nous avons formé un tel lien (quelle que soit la qualité objective de la personne) et que nous l'avons brisé, nous allons simplement nous mettre à utiliser le dharma pour développer la haine et le ressentiment envers cette personne, qui est liée au plus intime de nous même, que nous le voulions ou non. Nos justifications ne comptent pour rien. Non seulement nous allons viser dans le mille, notre propre coeur, mais en outre nous allons utiliser le remède comme un poison. Etant donné sa grande efficacité intrinsèque, ce sera le poison le plus mortel. Entraîné en enfer, comment pourrons-nous en sortir ? dans la mesure où nous avons utilisé pour nous enchaîner tous les outils qui seraient censés nous aider à en sortir. Et aucun maître ne nous en sortira.
Par exemple, il y a eu le cas Sogyal Rinpoche (que je n'aime pas du tout). Ce ne sont pas les hypocrites qui ont à craindre l'enfer vajra (ils sont juste dans l'enfer normal qui est le leur depuis toujours), mais ceux qui l'ont vraiment aimé. Ceux-là peuvent aller voir aujourd'hui les plus grands maîtres, s'ils ont véritablement rejeté Sogyal et se sont mis à le haïr, leur situation est désespérée. Et ce n'est, à mon sens, pas la faute de Sogyal. Chacun est responsable de à qui il donne son âme. C'est la responsabilité du disciple, pas du maître, qui lui-même dispose d'une relative liberté, tout simplement parce qu'il maîtrise un peu mieux son esprit, même sans être un bouddha.
Dans le cas Chepa, et le connaissant, on pourrait postuler qu'il n'en a pas forcément voulu à ceux qui se sont mis à le détester après le scandale dont je ne répéterai pas les détails. Les disciples, eux, l'ont détesté, et ceux-là sont en enfer vajra, à la mesure de l'amour qu'ils ont eu pour lui. Mais lui, il savait forcément qu'il n'aurait pas été bon pour lui de tomber dans le même travers. Il se peut qu'ayant pris des mesures extérieures contre eux, il ait continué à les aimer dans sa Ford intérieure, quoique l'indifférence soit également une option. D'après ses dires il avait réussi à ne pas en vouloir aux chinois qui l'avaient torturé, sans toutefois parvenir à les aimer.
Mais au fond, il n'y a pas nécessité d'aimer tout le monde. L'univers sera toujours assez grand pour que l'on trouve une infinité de choses à y aimer, même en en ignorant une infinité d'autres. C'est ce que font les maîtres. Ils se concentrent sur le bon infini et ignorent tout bonnement le reste. Le commandement du Christ n'a rien d'obligatoire "aime tes ennemis". Pour quoi faire ? Pour qui ? On voit bien que les maîtres ne nous aiment pas. Ils ne nous détestent pas non plus. Ils ne nous voient pas, et ça va bien pour eux.  

Pour le reste, je dois dire que la vision des démons qui nous gouvernent (je parle de vision subtile), députés LREM, PDG et ministres véreux, est moins terrible que celle d'une personne ayant utilisé le dharma pour devenir un démon en justifiant son ressentiment. Il y a là une torsion qui vaut largement celle du réacteur de Tchernobyl. Certains postulent que l'enfer est vide, je crois au contraire qu'il est bien plein, du premier au septième cercle.
Ça vaudrait le coup de faire un jour une nomenclature des différentes enfers réservés aux pratiquants du dharma, entre ceux qui n'ont rien compris, ceux qui font les malins, et tous les autres.

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28 juillet 2018

Mère de vinaigre

Il m'est arrivé un truc marrant. En faisant du spray anti-puces pour le chien (citron + vinaigre + eau), j'en ai laissé une partie dans un bocal et quelques semaines plus tard je retrouve à la surface un truc qui ressemble à du kombucha. En fait c'est une "mère de vinaigre" et ça permet de fabriquer du vinaigre. C'est à se demander si ce qu'on ne vend sous la dénomination de kombucha, ça ne serait pas simplement des mères de vinaigre, parce que franchement ça ressemble trop. 

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21 juillet 2018

EHS c'est quoi ?

Peut-être aurais-je du signaler pour les éventuels lecteurs de ce blog ce que signifie EHS dans les faits. Cela veut dire dans les faits qu'on ne peut plus approcher d'une antenne relais ni d'un téléphone portable. Les seules protections possiblement efficaces comportent forcément un voile intégral, mais tout ça reste sujet à caution. De plus elles ne protègent pas contre les champs magnétiques, par ailleurs il semble qu'elles convertissent les hautes fréquences en basses fréquences, et qu'elles devraient être mises à la terre pour que tout soit ok. Mes rares tests pour le moment ne sont pas hyper-concluants.

Donc au final : très difficile de sortir de chez soi, à part dans les rues où les antennes passent mal. Impossible d'aller dans une pharmacie, dans une mairie, dans un supermarché, dans un restaurant, chez le médecin, chez le dentiste, de prendre le train, le métro etc... puisque là il y a toujours des gens avec un téléphone portable. Impossible donc de travailler où que ce soit, sinon chez soi (loin de tout ordi, téléphone ou appareil électrique, ma carrière de grand couturier pour EHS est morte dans l'oeuf), aucun employeur n'acceptant le voile intégral à ma connaissance. Ou d'aller dans un monastère où les prises de terre sont mauvaises. L'EHS mérite clairement le statut et l'allocation d'adulte handicapé. Ce qui est rarement possible puisqu'il faut aller chez le Pr Belpomme et correspondre à ses critères qui sont très spéciaux et qui sont loin de recouvrir tous les cas. Et ensuite passer devant je ne sais quel tribunal. Personnellement je ne risquerai pas ma vie pour prendre le TGV et y aller pour un résultat douteux et des frais certains (800 euros la consult + des paquets d'examens).  

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20 juillet 2018

Forces adverses

A notre époque, on a souvent tendance à penser que s'il nous arrive quelque chose, c'est pour une certaine raison, et surtout pour notre bien. On ne considère généralement pas l'existence de forces adverses, sauf dans les milieux conspirationnistes. Si le tigre me mange une main, est-ce pour mon bien ? Aujourd'hui j'aurais plutôt tendance à penser que ça arrive parce que c'est dans sa nature de tigre et que je me suis retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. 

Par exemple je me suis dit "voyons si cette affaire d'électrosensibilité, c'est pour me faire adopter un autre mode de vie". J'étais curieux de voir ce qui en ressortirait. En fait, rien du tout. Comme chacun sait, on n'a pas 36 solutions pour un problème donné, et souvent c'est même une chance d'en trouver une. Donc j'ai marché sur la ligne étroite des solutions possibles et j'ai vu que ça me ramenait finalement à mon ancienne vie, avec quelques aménagements qui m'auront coûté de l'argent. Par exemple, mon clavier est enrobé d'un tissu swiss-shield très chiant, mais qui m'évite au moins de me prendre des ondes, je ne sais même pas lesquelles d'ailleurs, elles n'ont jamais été mesurables. En tous cas je sens la différence, je n'ai plus de courant électrique au niveau du plexus. Je commence même à espérer que mes acouphènes puissent disparaître.

Souvent, on nous dit qu'on tombe malade parce qu'on ne mène pas la vie qui nous convient. Moi, ma vie me convenait très bien, j'avais même trouvé comment stabiliser l'état naturel, et puis d'un coup tout part en couilles. Par chance il y a moyen de se protéger, mais bon, ça m'aura pris de temps de trouver les causes et ça m'aura apporté quoi ? Rien du tout, à part de réaliser que le christianisme actuel est une véritable plaisanterie, et qu'il n'y a que le bouddhisme qui puisse réellement m'aider. Cela dit je n'avais pas besoin de 3 mois de merdier pour le voir, une semaine aurait suffi. D'ailleurs je peux dire que cette semaine passée dans un monastère Orthodoxe fut une véritable erreur, qui m'a coûté bien cher. Une histoire qui avait bien commencé, et qui s'est mal terminée. J'ai appris aussi que ça ne vaut pas le coup de se mettre dans la merde pour tenir la parole donnée, et qu'on peut même le payer de sa vie. En fait on peut perdre sa vie très facilement, et sans s'en douter, il suffit de mettre le pied au mauvais endroit sur le grand glacier de l'existence, et paf on tombe dans une crevasse. Et là, il n'y a pas de secours qui viendront. Soit on a la force de prendre son piolet et de remonter, soit on ne l'a pas et on est mort. 

Pour l'état naturel c'est simple, il faut se concentrer sur l'activité productrice de l'esprit, et non pas sur les choses produites. Et il y a probablement des êtres qui ne veulent pas qu'on y arrive.

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19 juillet 2018

Connaissance fausse, connaissance incomplète

Hier je discutais avec un ami qui m'expliquait que notre connaissance n'était pas fausse mais incomplète, dans la mesure où nous avions l'habitude de faire des généralités à partir de trop peu d'exemples.

Mais en fait, ça ne marche pas comme ça. Depuis la naissance (on le voit très bien chez les petits enfants), l'attitude ne consiste pas à examiner 3 exemples pour en tirer une loi générale, mais à postuler sa propre omniscience, c'est-à-dire à n'examiner rien du tout. D'où cette omniscience auto-proclamée est-elle supposée venir ? De l'opinion générale qui se transmet inconsciemment. Si on veut avoir une liste exaustive de tous les lieux communs colportés par les gens les plus ignorants, on interroge un gamin. Cette science infaillible ne lui vient pas de ses parents, car il dira facilement le contraire de ce qui se dit dans son foyer. Ça lui vient de l'école bien sûr, des diverses choses vues au cinéma ou à la télé, de ses amis les plus bêtes... On peut aussi supposer que ces opinions (et comportements) sont le produit naturel d'un câblage cérébral natif et commun à toute l'humanité. Par exemple, on voit une fourmi on l'écrase. On veut être le roi partout. On ne regarde jamais les autres par principe, ils n'existent pas. Le refus d'apprendre (peur de l'inconnu) est une donnée de base. Quand la gamine ouvre son cahier d'exercices, ce n'est pas pour apprendere quelque chose, c'est pour prouver son omniscience. Si elle décrète que 7+7=12, il est étonnamment difficile de lui faire admettre qu'elle se trompe. Depuis que je l'observe, je suis devenu bien plus pessimiste sur la nature humaine. Apprendre n'est pas du tout notre tendance naturelle, en sorte qu'il y a toujours le danger de s'arrêter en cours de route et de se contenter de ce qu'on sait déjà. Ce que tout le monde finit par faire un jour ou l'autre, sauf les vrais pratiquants.

La plupart des gens s'arrêtent vers 3 ans, une fois qu'ils savent marcher parler. C'est-à-dire que le reste, ils ne l'apprennent pas, ils l'attrapent autour d'eux passivement, sans se dermander d'où ça vient. Par exemple, il y a dans l'atmosphère l'opinion qu'il est possible d'aider des autres. Les parents aident leurs enfants, les médecins aident leurs patients, les thérapeutes aident leurs clients et ainsi de suite. Pourtant, l'expérience montre qu'en dehors d'aides très ponctuelles (soigner une jambe cassée, réparer une voiture, prêter un peu d'argent, donner à manger), l'aide est une pure fiction. Prenons par exemple les thérapeutes et coaches de toute sorte. Je ne les ai jamais vu aider qui que ce soit en dehors de choses très ponctuelles et faciles. Allez voir des forums sur les phobies. Les seuls sur lesquels ça marche, c'est les thérapeutes eux-mêmes qui en ont fait profession. Mais ceux-là ont-ils jamais été phobiques ? On peut se poser la question. J'ai connu un gars qui ne pouvait pas traverser un pont. Quand on habite à Paris, c'est chiant. Il est allé voir des tas de gens. Au bout de 10 ans ça n'avait pas changé. Il avait seulement progressé sur des points subjectifs et invérifiables (une croyance qui lui venait forcément des thérapeutes ayant intérêt à louer ses progrès pour justifier leurs honoraires). Sur le seul point important qui lui pourrissait la vie, rien n'avait changé. Et c'est toujours comme ça, en fait. Je ne me souviens pas avoir jamais vu un contre-exemple.

Je repense au Père J*, vieux prêtre orthodoxe très malade. Quand je signale au responsable du monastère que la pollution électrique des chambres des hôtes est énorme (40v/m), qu'il pourrait en être de même pour celle des moines, que pour un malade c'est peut-être un point important (dans son cas je suspecte Alzheimer, si c'était le cas ce serait crucial), et que je peux lui prêter l'appareil pour aller vérifier, il m'ignore. Il ne peut pas perdre 5mn de son temps pour aller vérifier un point qui pourrait changer la vie de son Père Spirituel - qui de son côté a l'air complètement perdu -. Et après ça vient vous prêcher l'amour du Christ ? C'est clairement un des points qui a contribué à me faire perdre la foi, au sens où les influences surnaturelles, elles ont disparu des derniers endroits où elles pourraient être. 
Ceci pour dire que déjà, la volonté d'aider fait souvent défaut, car des exemples comme ça, il y en a partout.

Mais même lorsqu'elle ne fait pas défaut, il y a bien peu de résultat. Les conceptions que nous avons sur l'aide à autrui ne sont pas partielles mais fausses, parce que jusqu'à preuve du contraire, il n'est pas possible d'aider autrui sur les points importants. Mais nous avons admis un jour que c'était possible et nous le croyons toujours. La lucidité ici consisterait à réaliser qu'on ne connaît pas d'exemples, à chercher de vrais exemples - s'ils existent - et à les analyser. Peut-être qu'ils se révéleraient de faux exemples, ou peut-être pas. 

C'est pareil pour tout. Notre connaissance initiale est mensongère par nature, car colportée, fondée sur du vent. Une fois qu'on a supprimé ce mensonge, on commence à regarder les choses, et là on entre dans une connaissance incomplète. Ce type de connaissance est très rare.

Si les gens examinaient les exemples, ça se saurait. On pourrait parler. Mais faites le test. Quand une personne vous présente une opinion, demandez des exemples. C'est une chose pratiquement impossible à obtenir.

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15 juillet 2018

Transmission par l'exemple

J'en parlais cet après-midi avec Alix et nous parvenions à la conclusion que pour développer la méthode d'engendrement des cognitions valides, il faut côtoyer quelqu'un qui nous la transmet. Alors pour moi c'est un peu étrange, j'ai écouté pendant 10 ans quelqu'un qui l'avait, sauf qu'à l'époque je ne pouvais pas l'attraper, je ne savais même pas que cette personne avait cela de spécial. Mais maintenant que je peux, mon souvenir me la présente infailliblement comme étant la source de tout. Comme si ma mémoire avait tout enregistré à mon insu, et qu'elle me ressorte maintenant le vrai film. Car chez cette personne, le moindre de ses gestes et la moindre de ses paroles étaient une manifestation de la "méthode". C'était un pratiquant "moyen" au sens tibétain, ce qui est parfait.

Car un grand pratiquant aura effacé toutes ses traces depuis longtemps et sera devenu complètement illisible. Comme le Lopön dont l'exemple ne donne pas la moindre idée qu'il ait jamais appliqué une méthode pour développer des cognitions valides. On peut supposer qu'il en a par millions mais on n'a en fait aucune preuve, à part l'absence de toute micro-expression quand il parle. Les grands maîtres sont totalement "inutiles" de ce point de vue, ils sont montés sur le toit, ils ont viré l'échelle et on ne les voit plus, ni eux ni l'échelle. Alors que Chepa Rinpoche donnait à chaque instant des preuves que toute son existence était un développement incessant de cognitions valides, tout en laissant visible la façon dont il les développait. Quand il pressait un citron, il y avait des cognitions valides du citron, et quand il expliquait un texte bien plus encore. Il n'a évidemment jamais explicité la méthode puisque c'est impossible, je crois qu'en réalité il ne comprenait pas pourquoi nous restions si stupides. Il pouvait juste l'incarner, à nous de l'observer, mais personne ne l'aimait assez pour ça je pense. Moi non plus mais il s'est imposé à moi d'une manière ou d'une autre puisqu'à une époque je rêvais tout le temps de lui. Cela en plus du reste, j'ai maintenant un souvenir vraiment intense du "sens" qu'il voulait transmettre. Puisqu'il n'arrêtait pas de dire qu'il fallait trouver le sens des choses, et que ça ne se faisait que par l'expérience. Quand je vois des Rinpoches du type Ringu Rinpoche je vois exactement la même configuration énergétique et le même type de discours, mais les jeunes c'est autre chose, je crois qu'ils sont en train de perdre le truc. Quant aux Matthieu Ricard, Pema Chodrön et compagnie, ils présentent une pâle imitation qui ne trompe que ceux qui n'ont aucune idée de ce que c'est, à commencer par eux-mêmes.

J'ai retrouvé la même chose, quoique sous une autre forme, chez le starets Isidore. Chez lui, ça n'était pas des paroles, mais on le reconnaît dans les descriptions de sa hutte. Quand on sauve des herbes arrachées pour les mettre dans des boîtes de conserves avec un peu de terre et les appeler des "fleurs", soit on est un simple d'esprit, soit on a des trésors de cognitions valides. Par contre, je ne le retrouve pas chez Paul Florensky, qui a pourtant décrit le starets Isidore. Chez Florensky on retrouve la puissance d'un intellect qui me dépasse de 3 millions de kilomètres, et qui donc était assez puissant pour réussir à concevoir l'abstrait d'une manière presque correcte, ce qui le met à l'asymptote des cognitions valides. Mais pas tout à fait car il y a un paquet de voiles émotionnels, et ça, c'est signe que ça n'a pas marché jusqu'au bout. Donc pas du tout, puisque le bout, l'accession à la sphère concrète, c'est le commencement.

Pour ce qui est des voiles émotionnels, il est bien difficile de se juger soi-même. J'ai juste remarqué un truc nouveau. L'autre jour, j'ai fait du yoga en pleine nuit le dos tourné à une porte ouverte. Et j'ai aussi dormi plusieurs fois la même porte ouverte, donnant sur un couloir bien sombre. Autrefois cela m'était impossible (j'ai essayé). J'avais toujours l'impression que des monstres allaient surgir du couloir. Ne parlons même pas de l'avoir dans le dos... C'est en quelque sorte l'effet "crocodiles sous le lit" qui a disparu.

 

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