A un correspondant :

La concentration en un point c'est concentrer son esprit tout entier sur une chose à la fois, et il n'y a que comme ça d'ailleurs qu'on arrive à quelque chose. Au début on le concentre sur des qualités, ou des objets ayant des qualités, ensuite sur des canaux, mais il faut déjà avoir mélangé des qualités aux canaux, parce que sinon ça ne sert à rien.
Ce que je fais généralement quand je médite, c'est que laisse venir des souvenirs et j'essaie de me concentrer sur les qualités qui en émergent. Par exemple vous avez vu un tableau qui vous a inspiré, ou un animal, ou une plante, ou une personne, en général c'est toujours un petit détail, il faut arriver à attraper ce détail et à se concentrer dessus pour l'amplifier. C'est un peu comme pour la thérapie primale où on attrape le détail qui fait mal, sauf que là c'est avec des détails qui inspirent. Comme je le dis ailleurs, la méditation n'est au fond qu'une extension de la thérapie primale...
Cette histoire de détail n'est pas connue, la plupart des gens posent globalement leur esprit, dans zazen par exemple, mais à mon avis c'est une incompréhension totale, ils commencent par la fin. Pour pouvoir appréhender une multiplicité d'objets de manière correcte, c'est un niveau déjà avancé. Puisque ça correspondrait au fait de faire circuler des vents purs dans la multiplicité des canaux correspondants (puisque les objets perçus sont en réalité dans nos canaux). Vu notre état c'est déjà bien beau si on peut les déboucher un par un.    Donc les tibétains peuvent parler de toutes sortes de méditations possibles, mais il n'y en a qu'une qu'ils considèrent comme efficiente, c'est la concentration en un point qui pour eux peut mener à la réalisation complète. Bon, j'exclus le dzogchen, en même temps je crois que le dzogchen est une méthode avancée de concentration en un point, qui se ferait en de multiples points.