Là ça me fait penser tout à l'heure au garagiste de Renaud en plus du reste. Je me disais qu'effectivement j'avais rien compris du tout à son enseignement (le rapport entre la conscience et l'énergie, que tout ce qui apparaît est juste un "signe" d'un truc à dépasser et non une fin en soi ou un bail d'installation à vie), et surtout à ce qui se passe autour de moi, que c'était vraiment dramatique etc dans la mesure où en effet tout avait une fin, et pendant quelques secondes j'avais vraiment l'impression d'être totalement stupide, mais pas pour ce que je croyais en fait au départ, d'avoir "cafouillé" dans ma vie pour telle ou telle raison. C'est ça qui était vraiment bizarre et surprenant sans aucune connotation "religieuse" d'ailleurs.

Là c'était vraiment effrayant comme sentiment (à cause de l'impermanence et que tout a une fin sans retour en arrière possible), comme si toute l'interprétation ordinaire des événements et situations volait en éclat et là j'étais k-o en fait, comme si je voyais à l'avance des ruines et des catacombes qui se détachaient de l'instant présent.

Là je me disais que c'était finalement l'attribut de "destruction" apparente qui était le plus important pour les êtres créés dans la spiritualité (Kali Shiva et compagnie...), puisque de fait ils s'attachent forcément à tout ce qu se présente et même pas l'attribut de "création" et effectivement c'était l'histoire du "ni ceci ni cela" ou même le fameux "tu es cela" à savoir que ce qui se produit ce n'est pas la volonté de tel ou tel, mais bel et bien "cela" qui se passe ainsi.

Même quand je joue de l'orgue ça me perturbe cette histoire de "destruction" et ça m'empêche de pouvoir jouer tranquille dans bon petit refuge comme une chauve-souris, surtout depuis que le véhicule est endommagé, parce qu'en fait c'est un peu l'outil de déplacement qui conditionne l'accès à cette cachette.

La pensée de cauchemar qui m'a traversé, c'est de me dire que peut être les conditions pouvaient changer, mais pas comme j'avais envie, et donc il y aurait toujours un décalage. Par exemple, là je suis pas vraiment content d'être célibataire mais sans doute si je suis en couple je serai furieux, parce que je trouverai qu'en fait c'était mieux avant car il y a toujours un écart entre ce qui se produit à un moment t ce qui nous plairait dans l'idéal. Evidemment, c'est ce fossé grandissante qui accentue le fait qu'on a déjà pas les yeux en face des trous, que là en plus on devient complètement bigleux et le carrosse tombe avec la citrouille avec.

A savoir qu'il y a toujours un motif plus profond pour se plaindre à travers un changement de forme inéluctable, et donc c'était sans fin dans la mesure où il y avait un tourbillon qui happait littéralement tout faisant regretter à chaque seconde l'instant préalable, alors même que celui-ci est interprété comme étant vraiment cruel, insupportable, etc... Donc là j'ai trouvé ça encore plus angoissant que de penser au présent pourtant déjà rétréci, comme tomber dans un gouffre sans fond, sans fin, dans un abîme d'abysses.

Bref le contraire du point de réversion de l'énergie comme avancer la tête en bas.

Car en fait cette course en avant use littéralement l'énergie disponible qui est peut être fabuleuse comme tu dis, cette histoire de noix et de coque, par une anticipation délirante d'un futur qui serait meilleur selon la forme, alors que selon la forme il conduit simplement à une plainte plus forte sans "fuel" ni "food" par ignorance de l'exception d'une situation donnée.

Par exemple pendant longtemps je me dis "ah si j'avais une copine ça serait tellement mieux...", mais en fait c'est juste idiot dans la mesure où je ne vois pas du tout ce que je pourrai bien lui apporter, ce qui constitue juste un tracas de plus sans pouvoir en extraire quoi que ce soit de juteux.

Et puis là je me dis qu'en fait dans l'état actuel des choses, je risque simplement de rêver juste exactement l'inverse "en fait c'est naze c'était bien mieux avant quand j'avais plus de copine...", puisque l'esprit ré-idéalise tout inconsciemment sans cesse en réinventant le passé. Et en fait tout est comme ça à l'avenant c'est assez incroyable.

J'ai lu une partie du livre "Entering eternity" ce matin dont tu tires l'essentiel de ces citations dans ce blog et je le trouve plus clair que les autres, il semble aller droit au but, à l'essentiel, comme pressant une orange. Alors donc ce matin après la lecture je vais demander conseil pour la voiture et j'ai le malheur de sortir naïvement mon papier de chez "Feu vert" pour une expertise, donc de la concurrence, ce qui l'a plus qu'énervé et j'ai été pris par surprise par sa réaction ! (alors que j'étais prêt cette fois à payer une réparation éventuelle...)

Le patron a commencé à s'énerver comme jamais pour m'expliquer que je ne devais plus jamais mettre les pieds chez lui, qu'il en avait vraiment assez de moi (comme si je venais tous les 4 matins, tout ça parce que je lui avais pas commandé de nouvelle clé la dernière fois et qu'il avait passé quelques minutes avec moi), qu'il ne voulait pas perdre de temps avec des gens comme moi et que je devais surtout me "fidéliser" en ayant un seul garagiste et non pas prendre des renseignements ici et là à mon avantage exclusif ! Bref, on aurait dit Yamantaka en personne parce qu'en plus de rugir comme un lion il prenait des mimiques théâtrales de buffle, haussait le ton comme pour m'effrayer, etc.

Comme je venais juste de lire le livre justement, j'ai trouvé ça curieux et je suis resté très calme à l'observer et surtout je ne l'ai pas coupé et je l'ai laissé finir sans m'enfuir non plus comme je fais d'habitude quand je suis effrayé par ce genre de situation ou de personne. Honnêtement, je ne sais pas comment se "nourrir" de ça même si je ne me sens pas non plus une victime sur ce coup, même si il était vraiment pas aimable c'est le moins qu'on puisse dire.

J'étais plutôt stupéfait, abasourdi, comme au théâtre sans trop pouvoir interpréter la situation à mesure qu'il développait sa pantomime. J'ai juste conclu qu'il fallait aller ailleurs (il avait ajouté "et s'il y en a d'autres qui veulent perdre leur temps avec vous") et je j'ai pris rendez-vous demain pour un "contrôle technique"