Je viens de lire la bio de Jean Yves Leloup, L'Absurde et la grâce, enfin une bio un peu tronquée vu qu'elle s'arrête à 40 ans et même avant, mais bon. C'est mieux que ce que laissait craindre son site internet qui est quand même d'une rare indigence, et quelques autres textes lus ici et là. Il est intelligent, cultivé, il a rencontré pas mal de gens, il me fait penser un peu au Père Alexander Schmemann, en plus désorganisé peut-être. Il est un peu tout fou dans son genre, SDF avant sa majorité, la grâce ne lui est pas tombée dessus dans son enfance ni son adolescence, une famille bien athée... Mais bon, on voit quand même assez bien ce qui se passe finalement. Avec toute cette vie désordonnée, il finit par avoir le canaux bien poreux s'il ne les avait pas au départ, grâce à quoi les influences spirituelles lui tombent facilement dessus. Le revers de la médaille, c'est qu'il avance au petit bonheur, empile les connaissances de toutes sortes, mais ça reste finalement à un niveau très conventionnel. Ensuite il se met en cheville avec toutes sortes de gens connus pour proposer une sorte de religio-thérapie moderne, enfin je ne sais pas où il en est maintenant, mais comme dit lds, c'est sans doute ce dont les gens ont besoin.
De mon point de vue il y a quand même une grande confusion de l'émotionnel, du psychologique et du spirituel, et surtout pas de distinction de niveaux dans le spirituel. Pour lui, les enseignements sur la vacuité du bouddhisme, Maître Eckhart, zazen, c'est abordable, et ça le concerne, et on peut en fait la base de son discours. Ça me fait penser à ces maîtres qui enseignent soi-disant le dzogchen devant des salles de poissons frits, sauf qu'ils ne sont pas dupes. Mais de la même façon, tout est mis dans le même panier, le relatif, l'absolu, les enseignements basiques et les plus élevés. Chez les tibétains, cela relève clairement de l'intention de noyer le poisson frit, chez JYL c'est juste sa propre confusion parce qu'il n'a pas de méthode qui lui permettrait de passer du niveau des sutras au niveau du dzogchen. De son point de vue il fait une synthèse de toutes les traditions, mais de mon point de vue il fait un syncrétisme, car l'unité des religions n'est pas à trouver au niveau du sens conventionnel. Quant au sens ultime il me paraît évident qu'il ne l'a pas réalisé. Reste le sens intermédiaire où une unité est possible, non pas de méthodes, mais de vue, celui des tantras, mais il n'est clairement pas entré dans cette interprétation de la réalité.
Ce qu'il est resté de toute cette lecture, c'est qu'apparemment le corps d'immortalité se comporte comme les particules de la physique quantique qui sont aussi des ondes. Enfin, il ne parle que des particules qui n'ont pas de parties, et qui sont à la fois ici et partout, ce qui m'a fait penser aux corps d'immortalité, qui ont cette même propriété, ce qui est tout de même étrange. Il y a peut-être là une grande vérité. Peut-être que la matière au niveau subatomique est le corps d'un bouddha qui nous apparaît fractionné à cause de notre karma.