Au sujet de l'obéissance
J'ai repensé au problème de n'avoir pas de Père spirituel et de n'avoir du coup personne à qui faire obéissance. Il me semble à l'usage qu'il y a une façon de résoudre le problème qui pourrait marcher. Cela consiste à invoquer la bénédiction de tous les Saints Pères qui nous ont précédés (et qui sont au-delà du temps et de l'espace) et à obéir à Dieu, c'est-à-dire aux circonstances. En fait (mais c'est peut-être juste une impression), même quand, comme moi, on n'a pas de vie, on se rend compte qu'il y a tous les jours des circonstances pour nous tester. Supposons qu'on ait fait la promesse de réfréner gourmandise et colère (bon, ça dépend des gens, pour certains ça sera paresse et jalousie), à peine on a dit ça que paf, on est testé. Par exemple, aujourd'hui je devais peut-être skyper avec un ami à 14h, et comme je suis assez fatigué, j'ai donné à Dieu la décision finale. Confiant du fait qu'il avait compris que je ne confirmerais pas à 12h30 si c'était OK, je me prépare, et à 13h53 je découvre qu'il avait compris le contraire et donc qu'il avait annulé (en fait c'était quand même de ma faute). J'ai dû me faire violence pour garder mon calme, cela dit fort de la leçon, j'ai annulé pour demain. Mieux vaut rester dans mon trou tant que je suis fatigué.
En même temps je recevais un email fort désagréable, là encore j'ai dû me faire violence.
Vu 3h plus tard, il n'y avait pas de quoi vermifuger un abribus, mais sur le coup, on se rend compte que ça met les vents en désordre. Mais les Pères ont raison. Qui escompte garder (ou même obtenir) la Grâce de Dieu avec les vents de travers ? C'est évidemment impossible. Il semble que finalement à chaque instant, on ait le choix entre telle et telle action, et qu'on sache assez bien ce qu'il faut choisir. Là par exemple, j'aimerais bien aller manger un truc, surtout que j'ai fait du jardinage, mais en fait le bon choix est d'aller me coucher (j'ai pas encore mangé de la journée). En effet, quand on est fatigué, il ne faut pas manger, et le réflexe est toujours de faire le contraire.
Hier par exemple j'ai fait 3 mauvais choix. Je me suis énervé deux fois et j'ai mangé un repas de trop.
Quand on regarde bien, on remarque que la Providence divine arrange assez bien les choses, par exemple ma copine a oublié de faire tremper du riz gluant aujourd'hui, ça tombe bien parce qu'il ne fallait pas que j'en mange. Ça c'est quand on tient à peu près ses promesses. Par contre, quand on ne les tient pas, tout s'enquille mal de A à Z. Genre il y a des crêpes et du poulet frites le jour où on ne doit pas manger, ce qui constitue des tentations bien plus considérables que rien du tout. J'aurais tendance à dire que plus on merde, plus les tentations sont grandes, autrement dit plus le démon a latitude de nous tenter, et moins on a de chances de s'en sortir.
Certains me diront que dans leur vie ça n'est pas si clair. En même temps, je crois que ça ne devient clair que le jour où on décide de s'en tenir à quelque chose de sérieux. On m'aurait dit ça il y a 10 ans, j'aurais ri au nez de la personne, en lui disant que si Dieu faisait bien les choses, je ne voyais pas où. En même temps, je n'avais pas passé contrat avec lui, ne pensant pas que c'était possible. Le fait est que ça n'est pas possible en claquant des doigts. Pour commencer il faut prier pour que ça soit possible. Et ça peut prendre un grand nombre d'années avant qu'on ait une réponse. Ou peut-être 3 jours pour d'autres.
Un bouddhiste me dira "et moi je fais comment ?". Ben il y a des bouddhas. Il faut en trouver un pour passer contrat. Car les lois sont les mêmes d'une tradition à l'autre. Chez les bouddhistes aussi on obéit à son lama, et dans l'islam on obéit à son cheikh.
















