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Piano et entraînement de l'esprit
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7 novembre 2025

L'intention musicale

Notre monde est spécialiste des objets que tout le monde tient pour acquis mais qui sont en réalité très difficiles d'accès. Par exemple les objets du dharma, qui comme chacun sait sont des objets cachés et parmi ceux-là, la vacuité. Comme disait ma grand-mère, tout est vacuité, prouvant par là même qu'elle n'avait aucune idée de ce dont elle parlait. Et c'est ainsi que va le monde, répétant des phrases entendues, tant est si bien que la majorité, gens bêtes et naïfs, comme je le suis, croient qu'ils comprennent tout en sachant pertinemment que s'ils comprenaient, ça serait plus clair dans leur esprit.
C'est ainsi que dans le monde de la musique, on vous parle de l'intention musicale, comme si cela allait de soi, comme si tout le monde avait dans son intérieur une intention musicale que le Bon Dieu lui avait calée là de naissance, de la même manière que tout le monde a des yeux. Dans ma jeunesse je pensais qu'il suffisait d'y croire pour que ça soit là. Maintenant je suis convaincu qu'il en va de l'intention musicale comme de la vacuité, à savoir qu'il faut être déjà très évolué pour en avoir une, et que le commun des mortels n'en a que tchi.
Si j'en suis convaincu, c'est que le cotylédon m'en est apparu (pas la plante) et que ce simple cotylédon me laisse déjà entrevoir des exigences qui sont exactement celles qu'avait Samy. Il faut jouer parfaitement, le reste ne vaut rien. Ah bon mais alors on ne peut pas se faire plaisir ? En fait pas vraiment, car le plaisir est l'opposé du vrai bonheur, ou de la félicité, ou de la Joie, quelque nom qu'on lui donne. Tomber du côté du plaisir c'est, en sexe comme en tout autre domaine, rester la bête qu'on est et faillir à sa vocation d'humain. Comme on s'en doute le plaisir s'obtient à peu de frais alors que la Joie coûte la peau des fesses, il faut donc avoir l'âme vaillante et personnellement le cœur m'en défaille souvent car je suis mal né et sans éducation.
En ces matières personne ne dit la vérité, et c'est souvent pour éviter d'avoir à se la dire. Samy me disait souvent « il faut s'entendre » et comme on s'en doute pour s'entendre il faut déjà avoir l'idée de s'écouter. J'opinais du bonnet mais à vrai dire je fuyais ça comme la peste, pressentant que cette pente serait trop dangereuse et que je n'y survivrais mie. Aujourd'hui, ne voulant pas perdre mon temps, j'ai décidé de m'y engager. Vieux motard que jamais . Mais c'est que, mon bon monsieur, dans chaque mesure, et je suis généreux, il y a quelque chose qui ne va pas. Pour un peu, ce serait presque dans chaque note. On comprend mieux pourquoi la fuite est généralisée. Mais c'est pitié, car c'est échanger la musique pour du bruit. Perdre un temps précieux en une tâche dont le potentiel évolutif est très maigre. Et se condamner à ne jamais connaître la vraie félicité. Je pense maintenant qu'il faut avoir eu quelque expérience de cette dernière pour la retrouver sous les aspects les plus divers.
Le problème c'est que tout s'enchaîne fort logiquement. Dès qu'on commence à écouter, la moindre chose, deux notes pas ensemble, une note trop forte, un défaut de rythme, bref, ça fait un truc horrible, genre un oiseau déchiqueté sur le tapis du salon (ceux qui ont des chats comprendront). (je me souviens d'une fille qui avait un excellent professeur sur lequel elle ne tarissait pas, elle nous a joué un morceau assez difficile avec quelques imperfections malgré tout notables. Je lui en ai fait la réflexion, elle était furieuse qu'un galapian de mon espèce eût osé ne pas la trouver parfaite. Cela dit, comparé à l'ami pianiste qui nous l'avait amenée, et dont le jeu était d'une brouillonnerie sans équivalent, elle avait déjà atteint une forme de perfection). Pour que l'horreur apparaisse dans toute son horreur, il faut certes qu'il y ait  plus de bonnes choses que de mauvaises, que le contexte soit bon, en quelque sorte. Si la totalité du morceau est mauvaise, alors tout va bien. Par contre si on a pu mettre en place disons 4 notes sur 5, la cinquième peut révéler sa mauvaisete. Il faut donc le pouvoir, et ça n'est pas donné à beaucoup, puisque ça dépend de la décision,   qui n'est pas enseigné par les professeurs en-dessous de 150 euros de l'heure. Le plus grave défaut (que je tiens donc pour être le manque de décision) pouvant se cacher avec la pédale (seulement à l'oreille, pas à la vue), c'est ce que font les gens, sauf qu'alors on sait qu'ils n'entendent rien puisque la pédale fait un gloubi-boulga général. Chaque pianiste avisé sait qu'il faut l'utiliser le moins possible, non seulement à cause de ce gloubi-boulga, mais aussi parce que ça va lui masquer ses défauts techniques. Mieux on joue, plus on sait qu'on joue mal. Marie jaell disait que les passages faciles, ça n'existe pas. Combien elle a raison. C'est dans les passages faciles qu'on entend le plus d'horreurs car c'est là où on relâche son attention, se croyant en sécurité . J'ajoute qu'à mon niveau, je ne peux m'entendre de manière continue. Je dois décider à l'avance de ce que je vais écouter, par exemple telle mesure, et invariablement il y a un problème. Je me corrige donc mesure après mesure, genre 3 par jour et par morceau, et comme on s'en doute bien, il a deux de ces problèmes qui reviennent le lendemain. Je peux donc dire qu'au niveau de conscience où j'en suis je ne peux espérer jouer parfaitement un morceau d'une page. Même pas une ligne. Mais j'affirme que pouvoir jouer une mesure parfaite, lentement, (une seule note! disait Samy) c'est déjà une sorte de petit paradis. Pour ce qui est de jouer vite, je n'y pense plus. En effet, je comprends que si on compresse le temps, il va falloir concaténer toutes les trouvailles qu'on a faites sans les perdre. Comment faire ? Marie Jaell dit que si l'on augmente la vitesse de l'attaque, le temps semble se ralentir puisqu'on a plus d'espace entre les notes. Pas bête.
Et alors l'intention musicale dans tout ça ? D'après moi elle vient quand on arrive à exécuter parfaitement une phrase musicale. À ce moment-là une chose nouvelle apparaît. L'évidence qu'il faut lui donner un sens. Et je prétends que ce sens ne pourra pas apparaître tant qu'il y aura des oiseaux en charpie etc. Ce sera un faux sens, une vue de l'esprit, un débordement émotionnel. Le vrai sens est au-delà de l'émotionnel, comme Mozart si bien le montre, même si on prétend que le romantisme etc. Je ne vois pas comment le vrai sens peut apparaître tant que tout sonne comme du toc - puissante déclaration venant de quelqu'un qui a un piano numérique (j'en ferai une critique, ce sera piquant)  mais quoi qu'il en soit, un accord joué ensemble et avec décision donne une sensation physique de, comme dirait Mère, force de vérité. À l'opposé, un accord pas ensemble, c'est du toc et du faux. Je me souviendrai toujours du jour où je suis arrivé tout content chez Samy. « Regardez ! J'ai trouvé cette super etude de Chopin pas trop difficile (la Revolutionnaire, tout le monde connaît) je vais pouvoir la jouer (je lui joue la première ligne).
- Je ne pense pas (il me joue la première ligne). »
Tudieu ! C'était l'éclair et le tonnerre comparés à la mouche.
Pour finir, vous pouvez écouter Hélène Grimaud dans le 2eme concerto de Brahms, qui l'a tant inspirée qu'elle en a écrit un roman. Techniquement, c'est sous-optimal. Résultat, l'intention musicale qui je suppose doit être présente quand elle le joue lentement, part au lavage. À chacun ses limites.

 

 

 

 

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Commentaires
J
En Inde, les gamins ne touchent un instrument qu'après avoir internalisé par la voix et les gestes, tout le vocabulaire rythmique des oeuvres. Dans les pays du sud, ils apprennent pareillement, par l'internalisation verbale et gestuelle de formules.<br /> En occident, on voudrait (dans les méthodes actuelles les plus répandues) que le contact avec l'instrument, qui est premier, nous permette d'internaliser la musique. Alors que l'instrument sert à projeter les formules et affects musicaux qu'on maîtrise déjà.<br /> L'apprentissage standard est inversé et l'on comprend mieux pourquoi la plupart des musiciens occidentaux ont généralement des problèmes de rythme, et ne savent pas improviser. Même les jazzmen, qui ne produisent pour leur plupart qu'un assommant bavardage issu de gesticulations digitales. Les vrais bons, on les voit et entend vocaliser ce qu'ils sont en train de jouer.<br /> <br /> Sans rapport, mais connais-tu la chaîne youtube "La Voie du Phoenix"? Tenue par un ésotériste pratiquant et chrétien, il reçoit souvent des invités issus d'autres voies et a une communauté intéressante.<br /> Ils ont un discord pour les gens dans l'opératif, pas la spéculation, ça peut peut-être t'intéresser. En tous cas tes expériences et analyses les passionneraient, je pense.
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P
Sur le premier point on pourrait discuter. L'intérêt justement de gens comme Marie Jaell c'est de dire :"Même si vous n'avez aucun ressenti de la musique, si l'enseignement du toucher est correct, ça vous viendra en cours de route". Je trouve ça pas mal parce qu'effectivement les gens ne ressentent rien. Après, j'ai essayé de comprendre ce qu'elle dit, il y a des choses que je ne comprends pas ou qui me sont impossibles. Je fais avec ce que je peux.<br /> Pour le site internet j'ai regardé. Je connais bien ce genre de gens, tendance sataniste gentillet, on ne me vendra pas ce genre de choses. Au niveau du ressenti, c'est très obscur. Il faudrait que je fasse un post sur PNL et spiritualité, mais il se trouve que le satanisme, hasard ou coïncidence, évoque en moi des submodalités franchement déplaisantes. On n'est plus au niveau de la pensée mais du ressenti. Comme l'idée est de favoriser les submodalités lumineuses, exit ce genre de trucs. Aucun discours n'y changera rien.
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Enseignements de Rudi

Fear
We have the capacity in our minds to create that which we are most afraid of; in the same way that we bury some ignorance like a grain of sand inside the shell of an oyster and build around it until we come up with the end product, which in this case is not a pearl.

God
It is finally this consciousness that allows a human being to feel God as the constant energy that is absorbed by all of the chakras, filling him with sweetness and joy. Not feeling happy is only the result of not being in tune with this force and not having the consciousness to contain it. For whatever reason we fail in holding onto energy, we must look to ourselves. We cannot blame anybody or anything. It is only our lack of capacity to hold that which is given.

Revelations

In all teachings, the temptations that appear during the revelation period are those things we identify with, that take away the energy or content from the experience. It is the courage to put the bottom on the void, so that the incoming energy is not lost during any experience, that is required. This enables a person to grow endlessly, by surrendering content as fast as it manifests itself.

Seekers
It is a remarkable event when somebody presents a situation that exposes their real need. It is rare when even half the truth is given. Usually a situation is distorted beyond recognition. It is as if somebody is saying to me that if I can dig out the real situation, maybe they will allow me to help them. When a situation occasionally is presented in all its nakedness, it is only because the person is defenseless at a particular moment. As soon as they have one stitch to put on their back, they again retreat into themselves, distorting what they said and what they think you said. The ability to hear and see is rare in this world. It only exists in somebody who truly wishes to grow. This has not, unfortunately, been the attitude of most seekers. So few succeed in reaching their goal that it is safe to assume that there are few who honestly pursue a spiritual life, and even then, very few teachers who cater to anything that brings the realism that allows for enlightenment.

Spirituality

Spirituality is not about being where you think you should be. It is not about being where you want to be. Spirituality is about being on the highest point of an ascending energy that keeps growing and growing.
As this energy grows, it completely destroys every level of truth as you live it. This does not mean the truth that has been destroyed was not real. It was real for the level on which you existed before. With students, I am not interested in how long they are with me; I am just interested in one thing: whether or not they are strong enough to break up the horizontal level and continue growing. For myself, I do not want to limit myself by what I was. I do not think, "I did all this work to get to here." That is baloney. That is making a drama of your life and trying to build an image for yourself. The point is to keep growing. It is to have the courage to keep growing, even if it pulls apart the structure of your life. Then it is freeing you. There is nothing wrong with pulling apart the structure. What is wrong is to build yourself into a coffin and then stay there and try to justify it. Either you are working to live on a higher level all the time and to have a rebirth all the time, or you are trying to find justification for staying the way you are.
The whole point of what we do is to destroy matter, which is this horizontal plane we sit on: the earth. It is to translate this physical and material matter into spiritual force. This is our work.

Surrender
You sit down. Inside you, what is going on? You want to be right. "I'm a nice guy, how could this person do this to do me? How could someone take advantage of me in the business world," or "How can somebody not love me? Don't they understand what I did?" Inside you, these muscles close up; they are protecting you. They are protecting your ego, protecting the image you have of yourself. You sit down to take your breath, and you find that something has robbed you of your heart. What robbed you of your heart ? The need to be right. These muscles do not want to open. They would rather you were safe and secure behind the wall than outside the wall.
Surrendering is opening all the muscles. This is the real test of your surrender in a situation. Can you breathe ? Does the throat open to receive the energy ? Are you free to receive this energy and open and see what your condition really is ? If you find out you are constricted in your heart, you have a pain in your back, or you can't get the air down, what does it mean? It means you are closed. What closed you? It does not matter what closed you, you do not have to find the rational reason, you just have to open. You sit and work, and you breathe. I do not have that problem anymore, but I used to sit and take that breath six hundred times in one day, sometimes, to begin to feel a little crevice start to open. If you are closed, you are dead. You can't be right if you are closed. Can a closed person know what he or she did or did not do ? So, if you find that you are closed, you have to drop the whole issue of whether the other person is or is not right.


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