L'unité ontologique de l'humanité et ses conséquences
J'ai peu écrit ces derniers jours car malgré le fait que je devrais aller plutôt bien (j'ai finalement trouvé les bons dosages en tout et un régime vaguement correct pour moi), le démon me souffle toujours de nouvelles idées pour m'empêcher de dormir. La dernière en date c'était B12 + 5MTHFR, une bonne combinaison pour relancer la méthylation. Elle a été tellement bien relancée, la méthylation, que c'était un empêchement total de dormir avant 7-8h du mat'. Pire que les antennes. J'ai d'abord accusé l'albendazole, et puis comme c'est arrivé un autre jour, j'ai compris. Ce pauvre albendazole avait été accusé pour rien, en plus il semblerait que ça soit vraiment le vermifuge le plus efficace, et de loin, car même efficace sur les fasciola hepatica. J'ai quand même décidé de noter sur un carnet tout ce qui m'arrive de surnaturel avec les démons. Car même si je ne les vois pas comme les voient les saints - c'est une chance, parce que ça m'évite de ressentir l'effroi qui va avec (en fait je n'en ai vu que 2, dans Witcher, et ça m'a largement suffi, je sais de quel dommage spirituel ils sont capables), depuis 5 ans j'ai une malchance qui défie toutes les statistiques. Je n'en ai pas tenu la liste, mais c'est hallucinant. Et apparemment, c'était ce qu'il fallait pour me corriger de quelques défauts rédhibitoires sur le plan spirituel (qui ne consistaient pas à manger de la viande, je vous rassure).
Des défauts partagés par tous les bouddhistes je pense, sauf les maîtres. A force de lire des biographies de saints, j'ai fini par faire un peu le tri de ce qui se passe à droite à gauche. Quand on pratique tummo ou n'importe quelle forme de méditation avec une concentration correcte, les vents entrent dans le canal central, le feu monte, ça ouvre les chakras, et quand on se retrouve en haut, les vents grossiers se dissolvent, on se retrouve dans une certaine forme de vacuité, et quoi ? Est-ce qu'on croise quelqu'un au bord du chemin ? Non. Alors on s'arrête là, tout simplement parce qu'on n'a pas la force de dissoudre par nous-même les vents subtils. Seul l'amour le pourrait. Mais pas l'amour de nous-mêmes, ou de la vacuité. Il nous faut l'amour de quelqu'un. Dans les traditions, c'est le père spirituel, le cheikh, le lama, le guru... qui sont tous des réprésentants de Dieu, que nous ne sommes pas capables de concenvoir à ce stade. Grâce à l'amour qu'on a pour eux, qui conditionne en quelque sorte celui qu'ils ont pour nous, on peut alors, par la grâce de leurs prières, dissoudre les vents subtils et produire la claire lumière.
Quand on n'a pas de maître, on voit qu'il manque une marche, entre nous et Dieu. Peut-être que vous êtes de ces gens qui parlent avec Dieu et qui écrivent des livres du genre "Dialogue avec Dieu", mais moi je ne le suis pas. Et eux non plus oserais-je avancer, car sinon ça serait des saints. Car parler avec Dieu transforme. En saint. C'est quoi un saint ? C'est quelqu'un qui est capable de mouvoir les énergies divines en sorte de guérir les malades, faire tomber la pluie, arrêter les armées, ressusciter les morts, et qui possède aussi le discernement des esprits (je n'expliquerai pas ici ce que c'est, mais ça n'est pas juste voir les pensées des gens sur leur front). Un saint, c'est aussi quelqu'un qui peut agir par-delà le temps et l'espace. Notez bien : le temps. Et franchement, ça se voit sur leur tête, même avant qu'ils soient saints.
(Si vous ne voyez pas que ce jeune moine va devenir un saint, j'en suis bien désolé pour vous)
Il faut donc créer la marche manquante, un être que nous aimerons plus que tout, et qui serta notre intermédiaire avec Dieu, notre fenêtre sur Dieu en quelque sorte. On appelle ça un être d'engagement. On le crée, en demandant à Dieu de bien vouloir venir y loger, à la mesure de ce dont nous serons capables. Pour cela, on peut prendre aussi la figure d'un saint, auquel cas on sera aidé par le saint en question. Le seul inconvénient, c'est qu'on l'aimera moins que celui qu'on aura créé soi-même. Les créations de notre imagination, on peut les aimer depuis notre état misérable de fermeture, depuis l'enfer où nous vivons. Pour les saints, c'est un peu plus dur, il faut être déjà un peu ouvert. Bref.
C'est pour cette raison que le Christ a dit "Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je serai là au milieu d'eux". Qu'est-ce que ça veut dire en réalité ? Essayez de vous concentrer sur le coeur pour l'ouvrir, vous allez voir comment vous allez vous amuser. Ensuite pensez à quelqu'un que vous aimez, et là, paf, magique. Pour ouvrir le coeur il faut penser à quelqu'un qu'on aime, et ça se produit en vertu du fait que l'humanité est une, et que le lieu de cette unité, c'est le coeur. Donc, dès qu'on fait un avec quelqu'un la jonction s'ouvre. C'est pas compliqué, mais y a pas grand monde pour nous l'expliquer de manière simple.
Ça explique la bérézina actuelle. Tout le monde est tellement occupé par lui-même que plus personne ne voit les autres, sans même parler de faire un. C'est vrai que s'occuper de son bien-être est devenu une occupation à plein temps entre le comptage des calories, le régime, la muscu, les soins de beauté, les voyages à Tahiti et tout le reste, faites votre choix. Il y a des familles ou on voit encore cet amour des uns pour les autres, des familles musulmanes ou peut-être juives. Enfin, des gens qui pensent à Dieu. Parce que quand on n'y pense plus, vu que Dieu est le lieu de l'unité entre tous les hommes, ben on n'a plus de raisons de penser à son prochain, qui devient à nos yeux un animal nuisible de plus sur terre. J'en veux pour preuve le fait que j'ai de nombreuses fois expliqué à tel ou tel "Pense à quelqu'un que tu aimes, c'est la base de la pratique. - Euh... mais je connais pas quelqu'un comme ça. - Dude, you're out of luck."

















