Pas de progrès sans souffrance
J'ai commencé à pratiquer en 96. A cette époque j'étais hypnotisé par les cours du Tchan, et je croyais qu'on pouvait s'éveiller en 49 jours, en pratiquant la conscience des sensations, toute la journée. Au bout de 3 mois j'ai acheté une montre pour me rappeler toutes les 2mn et je notais sur un carnet si j'étais conscient au pas. Il s'est avéré que j'étais plus ou moins conscient environ 2h par jour. Au bout de 2 ans, en faisant une moyenne générale, je pouvais être conscient environ 10h par jour. Pas de chance, ça n'était pas la bonne conscience, c'était une conscience mentale, et non pas l'état naturel.
En 1999 j'ai entendu parler de l'état naturel, et j'ai pensé y être, je ne m'en suis donc pas occupé. J'ai pratiqué des mantras, en suivant les enseignements d'un maître bouddhiste. En 2004, ne voyant aucun progrès, j'ai décidé de vérifier si j'étais dans l'état naturel ou pas, en pratiquant un truc qui aurait dû visiblement marcher si j'y étais. Il m'a fallu 2 ans pour m'assurer que je n'y étais pas. S'en est suivi un peu de confusion, puis je me suis décidé à pratiquer tummo.
En 2007 j'ai pris un mantra chez Amma. En 2008 après 10 millions de mantras j'ai arrêté mais j'ai continué tummo. En 2014 environ, j'en étais au point où parfois je pratiquais correctement, parfois non. Mais je ne pouvais pas décider d'un temps par jour, même si j'avais tout le temps, car plus j'en faisais, plus je le faisais mal. En quelque sorte, je ne savais pas pratiquer correctement à coup sûr, j'avais droit à peu près à 1h par jour correcte, et si je m'obstinais alors je commençais à défaire le tapis que j'avais soigneusement tissé. Le problème était en quelque sorte de savoir ou m'arrêter, cela dit un mal de tête m'en avertissait. J'ai aussi pratiqué le sungazing pendant 1 an, j'ai bien aimé. J'ai donc avancé cahin caha sans savoir précisément où ni comment.
En 2018 je suis tombé malade (électrosensible + insomnie sévère). La fatigue m'a enlevé toute force pour pratiquer. En 2021, voyant que j'allais mourir idiot si je ne prenais pas une décision, j'ai décidé de m'y remettre coûte que coûte. Plus de pranayamas, juste de la concentration.
Il faut savoir une chose. Pratiquer coûte de l'énergie. Comme dit Rudi "If you have an overflow, it's OK. If you tap in the principal, you're in trouble". Je n'ai pas voulu le savoir, en conséquence de quoi je suis quasiment mort. Après une résurrection difficile grâce à spooky, j'ai recommencé à pratiquer, cahin-caha par manque d'énergie. Et puis voyant se reproduire le schéma "j'arrive quelque part, un obstacle se présente (de la fatigue, toujours), je diminue, je perds le bénéfice de mon effort" j'ai décidé que cette fois ça commençait à bien faire. La différence avec 2014 c'est que j'arrive à pratiquer correctement, même dans des états d'épuisement avancé. Donc je progresse. Donc les obstacles arrivent. Mais je refuse de moyenner. Et c'est vrai que ça progresse vachement vite, quand on sait quoi et comment. En même temps on se paie des obstacles, on comprend pourquoi les gens refusent de se confronter à ça. C'est l'enfer. C'est pour ça qu'il faut un maître, déjà pour savoir quoi faire - en fait il le fait pour nous au début - et ensuite pour savoir comment gérer les obstacles. Le Père Joseph dit que sinon, c'est horrible, et que c'est pour cette raison qu'il aide ses disciple, il ne leur souhaite pas ce qui lui est arrivé. Il faut donc s'attendre à souffrir. Beaucoup. Et ça, qui en parle, sur les forums ? Vue sous cette angle, ma maladie est évidemment l'événement providentiel qui arrive à tout pratiquant sérieux, sous une forme ou sous une autre.
SI vous voulez savoir quoi et comment, lisez Rudi, en commençant par Before the sun. C'est le seul à ne pas mentir.
















