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20 janvier 2016

Réflexions sur le bouddhisme tibétain

Suite à mes réflexions sur mes vies passées, je me suis forcément posé la question de savoir pourquoi je serais venu dans un pays aussi maudit que celui-là, plutôt que de rester dans une lignée tibétaine où les gentils grands maîtres enseignent plein de choses merveilleuses aux jeunes tulkous. Mais en fait, je suis en train de lire la vie de Sera Khandro, et leur univers ressemble à un vrai nid de serpents. Apparemment ça fonctionne comme un village, avec des commérages de toutes sortes, tout le monde surveille tout le monde et au final personne ne peut rien faire  sans être suspecté de toutes les ignominies. Dans beaucoup de cas, Sera Khandro se rendant à un monastère ne se montrait pas devant le lama, parce qu’immédiatement les gens se mettaient à parler, à leur supposer des relations illégitimes, et ensuite ça mettait le bazar partout et c’était mauvais pour le dharma etc. Dès que le pratiquant sort de sa cave, c’est un bazar inextricable avec tous les autres gens qui sont à moitié cinglés, jaloux, débiles et tout ce qu’on veut (et dieu sait que les tibétains de base ne sont pas des lumières, comme on peut s’en rendre compte en lisant AD Neel).

Je n’ai pas tout lu, mais je commence à suspecter que le bouddhisme tibétain n’est pas détenu par les tibétains, mais par des êtres invisibles. En effet, j’ai l’impression que les maîtres eux-mêmes ne suspectent pas la façon dont fonctionnent réellement les pratiques. Un peu comme les saints chrétiens qui n’ont aucune notion de vents canaux et gouttes alors qu’ils s’en servent tout le temps, il semble que les maîtres tibétains n’aient pas la notion de tous les éléments de leur pratique, sauf que leur angle mort se situe à peu près à l’opposé du christianisme. Du coup, il y aurait une grande partie de leurs pratiques qui seraient en réalité mal comprises. Ce qui n’est pas un problème tant qu’une multitude d’êtres invisibles viennent suppléer à cette absence de discernement, par des chaînes de transmission précises qui donnent la possibilité de progresser bien qu’on ne sache pas exactement ce qu’on fait. Mais il y a deux inconvénients à cela. Premièrement les humains obéissent aux ordres des êtres invisibles : on se retrouve dans la situation où ce sont des êtres surmentaux (qui eux-mêmes ne sont pas forcément d’accord les uns avec les autres) qui font la loi. La dakini te donne sa bénédiction, te nettoie tels et tels canaux, en échange tu fais ce qu’elle te dit. On voit ça aussi dans d’autres traditions. Ensuite, que le lien avec ces êtres diminue et le dharma se perd, puisque certaines clés sont manquantes.   Donc le tableau a de quoi faire fuir toute personne saine d’esprit : un nid de scorpions où tout le monde vous surveille, dirigé par des êtres du surmental qui ne sont pas tous de la meilleure composition. Je veux bien croire que j’aie préféré tenter ma chance ailleurs. Donc il est bien possible que tout en essayant de comprendre le christianisme, le bouddhisme et tout le reste, je sois en train d’inventer quelque chose de tout à fait nouveau. J’ai toujours supposé les gens plus intelligents que ce qu’ils étaient, et c’est peut-être valable pour les maîtres. Si une partie de leur pratique a été suppléée par l’intervention d’êtres invisibles, il est après tout possible que certaines données fondamentales leur manquent réellement. Dans le bouddhisme, ça serait la structure hypostatique et tout ce qui en découle. Ce qui fait quand même un énorme angle mort, tout aussi énorme que celui des canaux vents et gouttes pour les chrétiens. On se retrouve dans un univers qui finalement n’est peut-être pas si loin de l’univers hindou avec leurs pujas, où tout doit être fait dans des règles très spécifiques pour obtenir l’intervention des êtres invisibles. C’est pour cette raison que dans le bouddhisme tibétain, on a des rituels d’initiation délirants – parce que finalement on se demande pourquoi on aurait besoin de ça, et surtout pourquoi les plus grands maîtres les suivent à la lettre : et si finalement ce n’était pas eux qui détenaient les transmissions ? Peut-être bien qu’il y a là une sorte de « magie », sauf que quand le récipient n’est pas valide tout dégénère, et maintenant qu’ils ont apporté tout ça en Occident, ça ne marche plus et personne ne comprend pourquoi. D’où les prophéties sur la dégénérescence du dharma. Si réellement les maîtres détenaient les transmissions, on ne voit pas pourquoi le dharma serait obligé de dégénérer.

Ceci expliquerait l’état actuel du bouddhisme tibétain. Il n’y a en réalité pas de masquage de la part des maîtres, simplement les conditions d’efficience des rituels initiaux ne sont plus remplies, les êtres invisibles n’interviennent plus, et donc ça ne marche pas. On ne se retrouve plus qu’avec la coquille vide, la méditation à la Matthieu Ricard etc. C’est pour ça que le Lopön est tranquille à ânonner ses textes. Le pouvoir ne lui a pas été donné de changer la situation, il voit bien que ça ne marche pas, et ça n’est pas de son ressort. Il donne les initiations en suivant à la lettre les instructions écrites sur le papier, ça ne marche pas, c’est pas son problème. Peut-être même que ses instructions sur l’état naturel sont complètes. Les gens ne comprennent rien, qu’est-ce qu’il y peut ?     

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Enseignements de Rudi

Fear
We have the capacity in our minds to create that which we are most afraid of; in the same way that we bury some ignorance like a grain of sand inside the shell of an oyster and build around it until we come up with the end product, which in this case is not a pearl.

God
It is finally this consciousness that allows a human being to feel God as the constant energy that is absorbed by all of the chakras, filling him with sweetness and joy. Not feeling happy is only the result of not being in tune with this force and not having the consciousness to contain it. For whatever reason we fail in holding onto energy, we must look to ourselves. We cannot blame anybody or anything. It is only our lack of capacity to hold that which is given.

Revelations

In all teachings, the temptations that appear during the revelation period are those things we identify with, that take away the energy or content from the experience. It is the courage to put the bottom on the void, so that the incoming energy is not lost during any experience, that is required. This enables a person to grow endlessly, by surrendering content as fast as it manifests itself.

Seekers
It is a remarkable event when somebody presents a situation that exposes their real need. It is rare when even half the truth is given. Usually a situation is distorted beyond recognition. It is as if somebody is saying to me that if I can dig out the real situation, maybe they will allow me to help them. When a situation occasionally is presented in all its nakedness, it is only because the person is defenseless at a particular moment. As soon as they have one stitch to put on their back, they again retreat into themselves, distorting what they said and what they think you said. The ability to hear and see is rare in this world. It only exists in somebody who truly wishes to grow. This has not, unfortunately, been the attitude of most seekers. So few succeed in reaching their goal that it is safe to assume that there are few who honestly pursue a spiritual life, and even then, very few teachers who cater to anything that brings the realism that allows for enlightenment.

Spirituality

Spirituality is not about being where you think you should be. It is not about being where you want to be. Spirituality is about being on the highest point of an ascending energy that keeps growing and growing.
As this energy grows, it completely destroys every level of truth as you live it. This does not mean the truth that has been destroyed was not real. It was real for the level on which you existed before. With students, I am not interested in how long they are with me; I am just interested in one thing: whether or not they are strong enough to break up the horizontal level and continue growing. For myself, I do not want to limit myself by what I was. I do not think, "I did all this work to get to here." That is baloney. That is making a drama of your life and trying to build an image for yourself. The point is to keep growing. It is to have the courage to keep growing, even if it pulls apart the structure of your life. Then it is freeing you. There is nothing wrong with pulling apart the structure. What is wrong is to build yourself into a coffin and then stay there and try to justify it. Either you are working to live on a higher level all the time and to have a rebirth all the time, or you are trying to find justification for staying the way you are.
The whole point of what we do is to destroy matter, which is this horizontal plane we sit on: the earth. It is to translate this physical and material matter into spiritual force. This is our work.

Surrender
You sit down. Inside you, what is going on? You want to be right. "I'm a nice guy, how could this person do this to do me? How could someone take advantage of me in the business world," or "How can somebody not love me? Don't they understand what I did?" Inside you, these muscles close up; they are protecting you. They are protecting your ego, protecting the image you have of yourself. You sit down to take your breath, and you find that something has robbed you of your heart. What robbed you of your heart ? The need to be right. These muscles do not want to open. They would rather you were safe and secure behind the wall than outside the wall.
Surrendering is opening all the muscles. This is the real test of your surrender in a situation. Can you breathe ? Does the throat open to receive the energy ? Are you free to receive this energy and open and see what your condition really is ? If you find out you are constricted in your heart, you have a pain in your back, or you can't get the air down, what does it mean? It means you are closed. What closed you? It does not matter what closed you, you do not have to find the rational reason, you just have to open. You sit and work, and you breathe. I do not have that problem anymore, but I used to sit and take that breath six hundred times in one day, sometimes, to begin to feel a little crevice start to open. If you are closed, you are dead. You can't be right if you are closed. Can a closed person know what he or she did or did not do ? So, if you find that you are closed, you have to drop the whole issue of whether the other person is or is not right.


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