Quelques remarques au sujet de la vacuité et des croyances de base
Je reviens sur une parole particulièrement consternante qui a été émise hier, et qui témoigne à mon sens d'une ignorance complète de la nature de la vacuité, si ce n'est de la sadhana :"le trip multidimensionel, j'ai pas creusé le sujet. Je ne te suivrai pas sur ce terrain un peu New-Age à mon sens. Je ne vois pas ce que ça apporte à la sadhana, à part une multiplication de la saisie du Soi et une affirmation de l'orgueil ('tension les yeux, je suis un maître ascensionné à un autre niveau !)".
En effet, le stade de génération revient précisément à prendre conscience de la nature multidimensionnelle de la réalité, et de la façon dont on la crée, puisqu'on crée volontairement un autre univers, si ce n'est plusieurs, dont on réalise avec stupeur qu'ils ont plus de valeur que le monde matériel. Pour autant, on sait de source sûre que c'est notre création, notre décision. Celui qui dirait "je suis un maître ascensionné à un autre niveau" n'a pratiqué aucun stade de génération, car cette affirmation postule une existence intrinsèque à ce phénomène, qui pourrait être/devrait reconnu par les autres au même titre que les lois de la physique. Aucun romancier ne serait assez cinglé (à part peut-être Ron Hubbard et quelques cas isolés) pour dire à ses lecteurs :"Prosternez-vous devant le grand roi que j'ai imaginé !" c'est pourtant pour ce genre de romancier que mon interlocuteur voudrait me faire passer. Cela ne signifie qu'une chose, que lui-même se trouve dans une saisie acharnée des phénomènes, et qu'il lui est impossible d'imaginer un autre mode de fonctionnement que celui consistant à croire que tout est existant par soi - à prendre ses croyances pour LA réalité, dirait Seth. En effet, si on est capable de concevoir autre chose, on n'a aucun mal à le reconnaître chez les autres. A dire vrai, on aura même quelque difficulté à leur prêter une saisie sur les phénomènes qu'on ne saisit pas soi-même, tel Milarepa (ou Marpa ?) à qui quelqu'un disait qu'il était un grand sorcier de pouvoir traverser les murs, et qui répondait "C'est plutôt vous qui êtes de grands sorciers, de parvenir à ne pas les traverser".
Je pense que Seth est comme Mère, peu de gens ont des cognitions valides concernant ce dont il parle, à commencer par ceux qui l'ont repris à leur propre compte. Je n'ai pas tout lu, loin de là, mais pour avoir l'expérience d'une partie des processus qu'il décrit, je pense qu'il en masque involontairement des parties importantes. Pour la bonne raison sans doute que lui-même a bien du mal à percevoir les murs, il lui sera donc difficile de nous indiquer comment en arriver à ne plus les percevoir, puisqu'ils n'existent pas ! Il nous explique par exemple que toutes nos croyances limitantes se trouvent dans notre esprit conscient, et qu'elles ne sont pas du tout enfouies loin dans l'inconscient. C'est vrai, mais on ne peut en déduire qu'il suffit den changer les formulations de l'esprit conscient. La pensée positive, par exemple, confond le mental et l'esprit conscient. Par exemple si j'ai mal au genou, je ne vais pas l'enlever en me répétant que je n'ai pas mal. Ce qui répète, c'est le mental, mais l'esprit conscient, lui, a bel et bien conscience d'avoir mal, car c'est ce qu'il perçoit. On ne modifie pas des perceptions avec des formulations mentales. Donc j'insisterais plutôt sur le fait que l'esprit conscient va très loin et que si les gens sont séparés de quelque chose, c'est moins de leur inconscient que de leur conscient. C'est tout le problème je pense, ils ne voient pas la quantité d'information qui sont posées sur la table, juste devant eux, hypnotisés par quelques éléments minuscules.
Prenons une croyance simple "les autres ne m'aiment pas". Un comportementaliste va sans doute essayer de changer les submodalités des imaginations associées, mais ça n'aura pas d'effet réel tant que la personne n'aura pas modifié sa perception/conception des autres. La croyance à modifier ce n'est pas "ne m'aiment pas", c'est "les autres". Que sont les autres ? Et qui suis-je ?
En creusant, on se rend compte que la plupart des croyances superficielles sont en réalité des rameaux de croyances racines concernant la nature de l'espace, du temps, de la matière et de l'esprit. On peut dond faire ce qu'on veut superficiellement, on ne changera pas vraiment sa vie tant qu'on ne sera pas revenu au niveau basique. Une semaine avant de lire Seth, j'en étais arrivée à cette conclusion irréfutable que le monde physique tel que je le perçois est un symbole de mes canaux, et que mon corps physique est un ensemble "d'émotions" solidifiées. C'est au fond exactement ce qu'il dit, avec plus de détails. Bien avant, j'en étais aussi arrivée à la conclusion que les "autres" sont des parties de nous capables de recevoir mystérieusement des informations venant d'un ailleurs indéterminé - en fait ma conception était encore un peu fautive, car je n'avais pas perçu le système successif d'émanations qui vient de Dieu, et qui fait que si, à un certain niveau, les natures de l'esprit sont séparées, à un autre niveau, elles ne le sont pas.
Bref, dire "les autres ne m'aiment pas", c'est dire "je ne m'aime pas", tant qu'on ne le réalise pas, on peut faire tout ce qu'on veut. D'ailleurs, pour moi, c'était plutôt "les autres ne me comprennent pas", mais j'ai trouvé la solution en inventant des autres qui me comprennent parfaitement, et qui sont investis d'une grande énergie, cependant que ceux qui feraient mine de ne rien comprendre sont désinvestis de tout pouvoir, ou/et remplacés par une contrepartie intelligente. A eux de voir s'ils sont d'accord, mais s'ils ne le sont pas, quelle importance ? D'autres peuvent prendre leur place. Si je crée une fenêtre apte à recevoir certaines qualités, ces qualités se manifesteront par elle. Par exemple, si je crée une image de Jésus qui fonctionne, "quelque chose" viendra par là. En revanche, il faut bien être conscient que ça ne sera pas Jésus, qui de toutes façons n'existe pas au sens où nous l'entendons. Comme l'explique Seth, il prend un tas de formes variées pour aller enseigner aux gens récemment décédés, y compris l'apparence de leurs proches. Un chrétien mort se verra accueilli par Jésus, mais croire qu'il s'agit de Jésus, c'est tout simplement ne pas avoir réalisé la vacuité, ni ce qu'est Jésus, ni ce qu'il est lui-même.
















