Destinée post-mortem
En rassemblant un certain nombre d'informations/lectures et de constatations personnelles, on peut finir par déduire ce qui se passe après la mort avec pas mal de certitude je pense.
Comme on s'en doute, c'est extrêmement divers, et ça tient grandement à l'état d'esprit et aux relations qu'on a générées de son vivant. La plus grande source d'information à ce sujet, c'est l'Agenda de Mère, il y a aussi le Bardo Thödol, les écrits des mystiques et les témoignages de NDE. La question, c'était d'arriver à remettre tout ça ensemble, sans prétendre qu'un certain nombre de gens racontent n'importe quoi sous prétexte que ce qu'ils disent ne nous plaît pas.
Si l'on a généré un attachement fort à quelque chose ou quelqu'un, c'est cela qu'on va rejoindre. Par exemple si on est très attaché à sa maison, on va hanter sa maison. Si on est très attaché à sa famille, s'ils sont vivants, on traîne autour d'eux, s'ils sont morts on va les rejoindre. C'est ici que se situent la majorité de témoignages de NDE, qui concernent des gens ordinaires très attachés à leur famille. Il semble qu'il exixte une sorte de "paradis des familles" avec verts paturages et jolies maisons, qui serait une sorte de sous-paradis pour gens pas très imaginatifs. Pour qui ce qui se fait de mieux c'est une jolie maison dans un endroit sympa où personne ne tombe malade. On retrouve la même chose chez Mère, apparemment tous les disciples de l'ashram se retrouvent dans une sorte de plan très semblable au physique, qu'elle appelle le physique subtil. Il est juste un peu plus sympathique et varié, mais d'après elle les gens sont semblables à eux-mêmes, ils se chamaillent entre eux pour des idioties et continuent à mener le même genre de vie. On voit mal comment il en serait autrement de toutes façons puisqu'ils n'ont jamais conçu autre chose (en termes de cognitions valides, et non pas de croyances).
Il y a aussi ceux qui sont très attachés à leur gourou, et qui vont dans son aura une fois morts. Mère en hébergeait un certain nombre comme ça, et c'est aussi ce que signifie la parole d'Amma comme quoi ses disciples vont de fondre en elle à leur mort. Ainsi que le montre le témoignage de Mère qui a vu des diciples essayer de se fondre en elle une fois morts, en réalité personne ne se fond dans personne, ils restent simplement là autour, discutent avec elle etc... On peut supposer qu'eux aussi sont dans le physique subtil, avec un attachement particulier au corps du gourou. On peut donc parier que celui qui ne pense qu'à Amma de son vivant mais n'a pas développé de grandes cognitions valides sur ce qu'est une véritable terre pure va se retrouver dans une copie d'Amritapuri où il aura un peu moins de travail et des bhajans tous les soirs. Au final, il va se retrouver avec tous les swamis et les disciples idiots qui sont incapables de communiquer sérieusement entre eux, c'est vrai que ça fait rêver. Idem pour les disciples de Rinpoches.
Mais les véritables terres pures, c'est autre chose, il y en a d'ailleurs de nombreux niveaux, ainsi que le spécifient les mystiques, et on se retrouve simplement dans celui que l'on est capable de percevoir/concevoir en fonction du développement de son sens spirituel (de la station atteinte). Ici comme mentionné plus haut, on retrouvera les gens auxquels on a le plus pensé de son vivant. Si c'est Gourou Rinpoche et qu'on a atteint la 10è terre, on se retrouvera dans la terre pure d'Akanishta. Si on est à un niveau inférieur, on sera incapable de la percevoir telle que lui-même l'a conçue, donc on ira dans une copie inférieure, et si on est un disciple idiot, on se retrouvera dans une copie de copie de copie, en train de se disputer avec d'autres disciples idiots.
C'est également valable quand on est vivant. On peut se connecter aux bouddhas ou saints en fonction de l'acuité de notre sens spirituel.
C'est pour cette raison qu'au final, avoir un horizon vaste, une grande lignée par exemple et de nombreuses cognitions valides, est quand même important, puisque cela veut dire qu'après notre mort nous pourrons fréquenter des saints divers qui pourront nous enseigner beaucoup de choses, ou se choisir une bonne réincarnation. A l'inverse, si on ne pense qu'à ses parents, on va se retrouver encore dans la même maison qu'eux où l'on risque de beaucoup s'ennuyer vu l'état de leur imagination et de la nôtre. De même, si l'on n'a qu'un seul gourou sans lignée, mieux vaut qu'il soit authentique et qu'il ne s'agisse pas d'un asura, parce qu'on n'aura personne d'autre à qui se connecter une fois mort, et si c'est un asura, on ne sera pas forcément très content dans sa "terre pure". Dans tous les cas il me semble préférable de se diversifier, avec des yidams, des dakinis et différents bouddhas, en développant une véritable perception de leur nature et de leurs qualités.
A l'inverse, une personne qui est dans la confusion va se retrouver dans un bardo confus, un petit vieux qui ne pense qu'à ses affaires va se retrouver dans une copie de son appartement (ce que j'avais perçu pour ma grand-mère), un mafieux va se retrouver avec d'autres mafieux qui eux-mêmes auront rejoint tous ceux qui les ont précédés, l'ensemble ayant conçu un petit lieu charmant, qu'on appelle l'enfer, qui aura acquis une certains stabilité au fil des millénaires, un peu comme les verts paturages de nos familles. Quant au "purgatoire", dans cette perspective c'est un lieu où se retrouvent tous les chrétiens pleins de voiles émotionnels, qui évidemment vont passer leur temps à penser du mal les uns des autres comme ils le faisaient déjà de leur vivant, ce qui certes aura donné à ce lieu une conformation pas forcément très agréable, puisque comme dans les rêves, l'état du lieu dépend de l'humeur de ses habitants. Lorsqu'il y a un gourou pour tenir l'ensemble, ça peut limiter la casse, mais si l'on est trop négatif et sans cognitions valides, forcément on tombe dans des lieux dont les saints sont absents, et ça se passe très mal. D'ailleurs, l'enfer est généralement défini par les mystiques comme l'absence de Dieu. Dans cette absence, les différentes sortes de perturbations émotionnelles vont évidemment donner naissance à divers types d'univers. On a donc tout lieu de croire les textes à ce sujet, car ce qu'ils disent est parfaitement logique.
Les mondes immatériels sont au final comme le monde matériel, à ceci près qu'au lieu de prendre un billet de train pour rejoindre un "lieu", il faut être capable de le concevoir. Il est évident que là aussi, des générations de gens ont construit des univers relativement stables.
La "loi", donc, c'est qu'on rejoint ceux auxquels on est attachés, dans la proportion où on est capable de percevoir le lieu où ils se trouvent. Eux-mêmes se trouvent en général dans des lieux qui ont été générés par les formations mentales ou spirituelles de ceux qui les ont précédés, chacun y apportant une touche personnelle. Ces lieux sont évidemment impermanents (ni plus ni moins que l'univers matériel) et plus ou moins changeants, en évolution constante. On peut aussi se créer sa propre terre pure tout en étant connecté à d'autres etc.
















