Wilhelm Reich, le grand n'importe quoi
C'est quand même effrayant de voir à quel point Reich raconte n'importe quoi sur la religion dans les extraits mis en ligne par Plouf :
http://folup.netii.net/reich1.pdf
http://folup.netii.net/reich2.pdf
En fait c'est tellement énorme de bêtise que je n'avais même pas jugé bon de le mentionner, mais suite à une réflexion de Petite Renard, je me suis dit que beaucoup de personnes devaient trouver ses écrits très intelligents. Il n'a simplement aucun sens spirituel, et donc pour lui, tout ce qui ne relève pas des sensations (c'est-à-dire tout ce qui relève de la claire lumière et de ses émanations) est tout simplement non-existant. Pas au sens du Lopön, mais au sens tout à fait trivial. Et donc les mystiques sont des fous. En les traitant de la sorte, il ne fait que montrer à quel point lui-même manque de sens spirituel.
Mon erreur a été en quelque sorte d'ignorer l'interdépendance entre son absence de sens spirituel, et son absence de sens psychologique. A sa façon, il est tout à fait semblable aux mécanistes qu'il fustige, puisque sa thérapie se fonde finalement sur le rétablissement mécanique des courants plasmatiques, et qu'en outre il juge la valeur de la vie humaine à l'aune de l'espèce de religion naturaliste qu'il a tenté de fonder. Dans ses écrits, on note d'ailleurs un alternance d'exaltations et d'accusations très proches de ce qu'on peut trouver dans les écrits de Stévanovitch et qui dénotent une forte tendance à se laisser submerger par l'émotionnel. Il est certain que le monde est une masse de fous gouvernée par des fous, mais je ne vois pas en quoi cela justifie des torrents de sentimentalisme larmoyant.
Cela me fait penser à ce philosophe qui a écrit un ouvrage sur Reich et les tantras. Lui c'est le contraire. Il pense que les tantrikas ne s'émeuvent pas de la misère du monde sous prétexte que pour eux, il n'y a jamais "personne" qui aurait souffert (puisque l'ego est une illusion). En voilà un qui au contraire a interprété des tantras à l'aune de sa propre cuirasse. Il me semble plus exactement que les tantrikas savent qu'ils n'ont aucun pouvoir d'aider ceux qui sont attachés au samsara, et que ça n'est pas la peine d'épiloguer sur leur sort. "C'est l'opacité d'un être qui s'arrête à son non-être, au non-être de ses prétentions et de ses ignorances; le monde perd sa transparence, se pose comme un Autre en face de Dieu, un Autre que Dieu même ne peut regarder. Ce monde sans transparence, Dieu ne l'a jamais regardé, depuis sa création, puiqu'Il ne peut regarder que ses propre yeux qui Le regardent. Comment dès lors verrait-Il ce monde, puisque ce monde est sans yeux et ne Le voit pas ?". Henri Corbin.
Grâce à quoi l'on peut prédire un échec certain à ceux qui essaient de se défaire de leur cuirasse par la thérapie reichienne, ou par toute autre méthode mécaniste. Janov, au moins, a proposé de retrouver le sens des choses tel qu'il se présente à la conscience, même si ce sens n'est pas divin. Ce qui guérit, c'est la prise de conscience, car la conscience est première. S'imaginer qu'on peut défaire par des procédés mécaniques ou par des prises de conscience secondaires ce que la conscience a décidé fondamentalement en premier lieu, c'est une illusion totale. Ce qu'il faut retrouver, ce sont les choix que nous avons faits, car ils ne peuvent être changés qu'à leur propre niveau.
















