Pour changer
Tout à l'heure, passant à la librairie pour voir s'il y avait des nouveaux volumes de Donjon, je suis ressorti avec les Oeuvres complètes de Milarepa. D'ailleurs, ils pourraient nous faire un film sur sa vie, au lieu de nous raconter des histoires de fous névrosés à longueur de temps. Hier encore, j'ai regardé le début d'Elektra, mais j'ai lâché en cours de route. Qu'est-ce qua ça apporte, ce genre de film ? Rien du tout. On voit la vie de quelqu'un qui va très mal. Mais on a déjà plein de gens comme ça autour de nous. Ils n'ont pas de super pouvoirs, certes, mais les super pouvoirs apparaissent comme très anecdotiques, quand on commence à y voir clair. Avec ou sans, c'est la même chose. La personne va mal. On essaie de nous faire croire qu'elle est avantagée, ce qu'on ne croit que si on croit que les milliardaires vont mieux que les gens normaux. Ce qui n'a jamais été le cas.
L'autre jour, suite à un reportage sur World of Warcraft, je me suis dit que pour aimer se balader dans ces paysages virtuels, il fallait vraiment se trouver dans une triste situation. Et pour connaître sa situation objective, il suffit de s'imaginer dans une cellule entre 4 murs pour le restant de ses jours. Là, on sait où on en est, sans distractions, sans fioritures, sans échappatoire. C'est ça, l'imperfection du samsara. Elle est dissimulée par toutes nos distractions, mais au fond, elle est facile à voir en nous demandant comment nous nous sentirions dans cette situation. Il paraît que les gars qui sont en prison s'emmerdent tellement que ça les rend fous. C'est donc cela notre base : l'opacité mentale. L'ennui. Enlevez le reste, elle apparaît immédiatement, telle qu'en elle-même.
Cela me fait penser que dans la librairie, je suis tombé sur un ouvrage d'Eric Rommeluère (qui se distingue par son air idiot), Les bouddhas naissent dans le feu. En 4è de couverture, on nous explique qu'il parle de l'éveil, qui est une façon de se jeter dans le feu la vie. On voit bien l'idée qui est derrière. Que l'éveil c'est juste un état d'esprit, qu'il suffit de comprendre un truc, qu'on n'a pas de tête par exemple. L'autre jour j'ai oublié de répondre que Douglas Harding n'a pas la même tête-pour-les-autres que le Lopön. Ce qui prouve clairement que sa tête-pour-soi est bien existante, malgré ses dénégations, qui ne trompent que lui-même et les naïfs/paresseux/orgueilleux, faites votre choix.
Alors que plus on pratique plus on voit à quel point il est ridicule de parler d'une quelconque réalisation. On est des vers de terre, des misérables. La réalisation s'accompagne de clarté, la clarté de bliss. Ce ne sont pas des phénomènes secondaires. C'en est l'essence, le coeur. (Et la clarté est quelque chose qu'on voit de ses yeux, pas une imagination, comme le montre le texte de Charles Duits).
















