Actualité, musique, croyances
Parfois, l’habit fait l’homme. Voilà un petit lieu commun pour vous faire plaisir.
Les lieux communs ne me dérangent pas si on peut les vérifier. En l'occurrence celui-là se vérifie bien.
Il ne s'agit pas d'avoir des idées préconçues, sur les lieux communs ou non communs. Savoir lire consiste juste à vérifier que chaque phrase a un sens réel (pas qu'elle sonne bien ou qu'elle a l'air d'avoir un sens). Pas mal de choses que vous dites ont un sens (tout ce qui concerne le judo par exemple), et au milieu, quelques unes n'en ont aucun. On les voit d'ailleurs comme le nez au milieu de la figure, parce qu'on ne s'y attend pas.
La différence entre ma saison 1 et ma saison 10, c'est que dans la 1, tous les dialogues sont des lieux communs ou des sottises, même si c'est "spirituel" au mauvais sens du terme, répliques bien senties etc. Mais rien n'a de sens. Ma saison 10 est beaucoup moins drôle finalement, mais tout a un sens, même quand les héros sont ridicules.
Ivan Kasparov est ridicule comme le cancre de la classe qui fait son malin et qui se croit en fait très intelligent. Quand Aranthiel est ridicule, c'est un choix délibéré d'assumer quelque chose d'important. Par exemple il trouve un faon qui devient en quelque sorte son enfant, des tas de gens le trouvent ridicule, mais il s'en fout, parce que c'est son enfant.
Une personne ordinaire va essayer de maintenir une façade cohérente. Un individu réel ne maintient rien, il ne fait que ce qui a du sens pour lui, et donc il peut sembler complètement fragmenté. Mais c'est en réalité le premier qui est fragmenté, plutôt que le second.
On pourrait dire que l'individu ordinaire construit une maison en ciment avec des briques pour faire tenir l'ensemble, alors que les vraies maisons sont faites en briques avec du ciment, ou mieux, avec des pierres sans ciment, qui tiennent ensemble par leur propre force.
Je l’imagine un peu quand même mais je ne pense pas que ces mesures de confinement (pas très pertinentes cela dit) soit suffisamment restrictives pour que les gens aillent plus loin que des invectives ou des bagarres sporadiques.
C'est le genre de choses que je ne pourrais pas évaluer.
D'ailleurs c'est marrant, quand on progresse, on voit un tas de trucs nouveaux, mais on ne peut pas évaluer les quantités relatives. Par exemple je peux voir que le niveau de folie générale est effrayant, que le moindre incident peut occasionner un fait divers, mais il me serait impossible de dire à quel moment ça va survenir.
Ce qui me console, c'est que Maître Philippe lui-même ne savait pas évaluer les "quand". Il voyait les clichés (un mariage, un enterrement...) mais ne pouvait pas dire quand. De la même façon je vois un tas de clichés bizarres partout, mais je serais incapable de dire quand.
En fait je vois principalement deux choses, complètement antinomiques. Premièrement, une sorte d'esprit de loisir et de coolitude qui a tout envahi. et par en-dessous, une atmosphère apocalyptique, comme dans certains films (du genre "l'antre de la folie", un excellent film d'ailleurs). De mon point de vue, le même gars qui fait de la trottinette d'un air béat pour avoir à un concert pourrait tout à coup tuer quelqu'un presque sans raison. Parce qu'il n'est plus que l'ombre de lui-même et qu'un démon pourrait le posséder n'importe quand.
En même temps, il y a aussi des actes de solidarité.
C'est vrai, mais justement, je pense que de moins en moins de gens en sont capables. Quand je vois mes voisins, je me dis que c'est pas gagné. Il faut dire que l'Etat fait tout pour décourager les bonnes volontés, dans tous les domaines. Vouloir le bien d'autrui, c'est s'exposer de plus en plus à des ennuis. Je veux dire, autrefois, quelqu'un pouvait inviter chez lui un gamin défavorisé (je pense à un film dont j'ai oublié le titre) pour lui donner à manger, lui apprendre à lire. Aujourd'hui quelqu'un qui fait ça aura les services sociaux sur le dos et sera accusé par ses voisins de pédophilie. On préfère laisser moisir le gamin à la DASS, pour sa propre "sécurité". Tout le monde le sait, donc plus personne n'aura envie de le faire. C'est en ce sens que notre système est démoniaque. Il décourage systématiquement ce qui est bon, sauf quand c'est "strictement encadré" par des réglementations à la con. Alors en même temps on va nous dire que c'est pour nous protéger des fous, mais est-ce bien vrai ? On peut remarquer que des bons parents se font accuser de maltraitance, tandis que des parents qui maltraitent réellement leurs gosses sont rarement accusés. Là il y a vraiment un truc qui m'échappe. Mais ça démontre que cet encadrement profite au mal et pénalise le bien.
Si je devais faire une supposition (relativement étayée par l'observation), je dirais que les gens chargés des contrôles sont habités par l'esprit du mal et donc n'embêteront pas les mauvais parents, reconnus comme des pairs.
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Je parlais en fait d'une croyance inconsciente. C'est pour cette raison qu'il est incroyablement difficile de progresser : on ne sait pas ce qu'on croit, et en général, c'est le contraire de ce qu'on pense. Pour reprendre une discussion précédente, ** croyait avoir compris toute l'histoire des anges, mais son comportement a prouvé le contraire. C'est comme ça que les lamas coincent tous les gens qui viennent raconter leurs merveilleuses réalisations : quand on écoute le discours, c'est joli, mais chaque geste le contredit. Le discours aussi se contredit lui-même. Par exemple, aux enseignements de février, un gars lève le doigt pour poser une question, tout dans son attitude montre qu'il est convaincu d'être un bon pratiquant :"Rinpoche, est-ce qu'on peut utiliser thögal contre les maladies ?". Déjà la question est une contradiction dans les termes, le gars ne s'en rend même pas compte. Ça m'étonnerait bien qu'il ait entendu la réponse :"Dans le dzogchen, on n'est contre rien". Le langage nous trahit. On peut toujours prétendre "non mais c'est une expression, une façon de parler". Mais si on change sa vue, on change sa façon de parler.
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Les antipathies sont dûes à des kamas contraires, ou trop similaires.
Un jour par exemple je trouvais qu'un gars avait une drôle de coiffure. Je me suis aperçu que c'était parce que ma coiffure était en sens inverse quand je me voyais dans la glace. Ce qui voulait dire qu'en réalité elle était dans le même sens que lui...
Enfin, j’accorde assez facilement ma confiance, je crois. Pour moi, c’est comme une marque de respect qui élève celui qui la donne autant que celui qui l’honore. C’est une occasion de se grandir (toute proportion gardée).
L'idéal étant de rester complètement ouvert et sans aucune opinion. Ça fait en réalité une sacrée différence. Dans le premier cas on se donne une bonne image de soi, comme vous le remarquez si bien...
Cela dit, il est inutile d'essayer d'être autrement que ce qu'on est. Il suffit de s'apercevoir de ce qu'on est (ce qui est déjà beaucoup). Il y a des niveaux bien sûr.
Je n’aurais pas non plus un certain goût pour des auteurs comme Schopenauher ou Cioran voire Nietzsche ou encore Bloy.
Creusons un peu : ces auteurs se croyaient bons eux-mêmes. Ce qui est en fait la plus éclatante preuve de leur croyance en la bonté de l'humanité... Car comme on se croit soi-même, on croit les autres.
Je crois au surnaturel mais je le sous-estime sans doute ou je peine à le concevoir.
Il faudrait redéfinir la croyance. Kelsang Gyatso parle de croyance correcte, qui n'est pas plus efficiente que de pisser dans un violon, et de cognition valide. Dans mon vocabulaire j'ai tout décalé vers la cognition valide, dans la mesure où pisser dans un violon n'a rien d'intéressant. Donc quand je dis "croire", c'est au sens vrai chrétien d'avoir une cognition valide. Une expérience, donc. Je mets la "conception juste" dans le même panier.
Il y a bien sûr la "conception fausse" qui va dans le même panier que la croyance du charbonnier.
Un exemple de changement dans le vocabulaire. Pour moi croire = concevoir = avoir l'expérience. Le reste n'existe plus, car le reste est irréel.
Mais je conçois que chez les gens, la croyance soit intellectuelle, puisque je le vois dans leur tête.
J’aime assez bien ce pianiste (moins quand il a un vrai public finalement, contrairement à ce qu’il préfère), David Fray. Je suis à peu près certain qu’il n’était pas le meilleur technicien de sa promo du conservatoire de Paris et pourtant c’est lui la vedette aujourd’hui.
Je dirais même qu'il ne sait pas jouer du piano. Déjà quand vous voyez la posture c'est un spaghetti. Cela dit il a une âme. Le problème c'est qu'il n'a pas compris qu'une âme ne peut se manifester vraiment qu'avec une énergie solide. Ce gars ne jouera jamais du Liszt ou du Rachmaninov, ou du Beethoven. Vous voyez ce que je veux dire, il n'a pas de yang.
Cela dit il y a un répertoire pour lui.
Bref, Luciano Pavarotti, je le trouve quelconque, très surcoté. Son succès m’échappe complètement.
Marrant... en fait il a une parfaite technique, un soutien excellent, ce qui veut dire de la finesse et de la puissance. Et une âme vraiment très visible. Pour moi c'est un grand, même si je n'aime pas son répertoire.
















