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Piano et entraînement de l'esprit
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18 mars 2020

Actualité, musique, croyances

Parfois, l’habit fait l’homme. Voilà un petit lieu commun pour vous faire plaisir.

Les lieux communs ne me dérangent pas si on peut les vérifier. En l'occurrence celui-là se vérifie bien.
Il ne s'agit pas d'avoir des idées préconçues, sur les lieux communs ou non communs. Savoir lire consiste juste à vérifier que chaque phrase a un sens réel (pas qu'elle sonne bien ou qu'elle a l'air d'avoir un sens). Pas mal de choses que vous dites ont un sens (tout ce qui concerne le judo par exemple), et au milieu, quelques unes n'en ont aucun. On les voit d'ailleurs comme le nez au milieu de la figure, parce qu'on ne s'y attend pas.
La différence entre ma saison 1 et ma saison 10, c'est que dans la 1, tous les dialogues sont des lieux communs ou des sottises, même si c'est "spirituel" au mauvais sens du terme, répliques bien senties etc. Mais rien n'a de sens. Ma saison 10 est beaucoup moins drôle finalement, mais tout a un sens, même quand les héros sont ridicules. 
Ivan Kasparov est ridicule comme le cancre de la classe qui fait son malin et qui se croit en fait très intelligent. Quand Aranthiel est ridicule, c'est un choix délibéré d'assumer quelque chose d'important. Par exemple il trouve un faon qui devient en quelque sorte son enfant, des tas de gens le trouvent ridicule, mais il s'en fout, parce que c'est son enfant. 
Une personne ordinaire va essayer de maintenir une façade cohérente. Un individu réel ne maintient rien, il ne fait que ce qui a du sens pour lui, et donc il peut sembler complètement fragmenté. Mais c'est en réalité le premier qui est fragmenté, plutôt que le second.
On pourrait dire que l'individu ordinaire construit une maison en ciment avec des briques pour faire tenir l'ensemble, alors que les vraies maisons sont faites en briques avec du ciment, ou mieux, avec des pierres sans ciment, qui tiennent ensemble par leur propre force.

Je l’imagine un peu quand même mais je ne pense pas que ces mesures de confinement (pas très pertinentes cela dit) soit suffisamment restrictives pour que les gens aillent plus loin que des invectives ou des bagarres sporadiques.

C'est le genre de choses que je ne pourrais pas évaluer.
D'ailleurs c'est marrant, quand on progresse, on voit un tas de trucs nouveaux, mais on ne peut pas évaluer les quantités relatives. Par exemple je peux voir que le niveau de folie générale est effrayant, que le moindre incident peut occasionner un fait divers, mais il me serait impossible de dire à quel moment ça va survenir.
Ce qui me console, c'est que Maître Philippe lui-même ne savait pas évaluer les "quand". Il voyait les clichés (un mariage, un enterrement...) mais ne pouvait pas dire quand. De la même façon je vois un tas de clichés bizarres partout, mais je serais incapable de dire quand.
En fait je vois principalement deux choses, complètement antinomiques. Premièrement, une sorte d'esprit de loisir et de coolitude qui a tout envahi. et par en-dessous, une atmosphère apocalyptique, comme dans certains films (du genre "l'antre de la folie", un excellent film d'ailleurs). De mon point de vue, le même gars qui fait de la trottinette d'un air béat pour avoir à un concert pourrait tout à coup tuer quelqu'un presque sans raison. Parce qu'il n'est plus que l'ombre de lui-même et qu'un démon pourrait le posséder n'importe quand.

En même temps, il y a aussi des actes de solidarité.

C'est vrai, mais justement, je pense que de moins en moins de gens en sont capables. Quand je vois mes voisins, je me dis que c'est pas gagné. Il faut dire que l'Etat fait tout pour décourager les bonnes volontés, dans tous les domaines. Vouloir le bien d'autrui, c'est s'exposer de plus en plus à des ennuis. Je veux dire, autrefois, quelqu'un pouvait inviter chez lui un gamin défavorisé (je pense à un film dont j'ai oublié le titre) pour lui donner à manger, lui apprendre à lire. Aujourd'hui quelqu'un qui fait ça aura les services sociaux sur le dos et sera accusé par ses voisins de pédophilie. On préfère laisser moisir le gamin à la DASS, pour sa propre "sécurité". Tout le monde le sait, donc plus personne n'aura envie de le faire. C'est en ce sens que notre système est démoniaque. Il décourage systématiquement ce qui est bon, sauf quand c'est "strictement encadré" par des réglementations à la con. Alors en même temps on va nous dire que c'est pour nous protéger des fous, mais est-ce bien vrai ? On peut remarquer que des bons parents se font accuser de maltraitance, tandis que des parents qui maltraitent réellement leurs gosses sont rarement accusés. Là il y a vraiment un truc qui m'échappe. Mais ça démontre que cet encadrement profite au mal et pénalise le bien. 
Si je devais faire une supposition (relativement étayée par l'observation), je dirais que les gens chargés des contrôles sont habités par l'esprit du mal et donc n'embêteront pas les mauvais parents, reconnus comme des pairs.

(...)

Je parlais en fait d'une croyance inconsciente. C'est pour cette raison qu'il est incroyablement difficile de progresser : on ne sait pas ce qu'on croit, et en général, c'est le contraire de ce qu'on pense. Pour reprendre une discussion précédente, ** croyait avoir compris toute l'histoire des anges, mais son comportement a prouvé le contraire. C'est comme ça que les lamas coincent tous les gens qui viennent raconter leurs merveilleuses réalisations : quand on écoute le discours, c'est joli, mais chaque geste le contredit. Le discours aussi se contredit lui-même. Par exemple, aux enseignements de février, un gars lève le doigt pour poser une question, tout dans son attitude montre qu'il est convaincu d'être un bon pratiquant :"Rinpoche, est-ce qu'on peut utiliser thögal contre les maladies ?". Déjà la question est une contradiction dans les termes, le gars ne s'en rend même pas compte. Ça m'étonnerait bien qu'il ait entendu la réponse :"Dans le dzogchen, on n'est contre rien". Le langage nous trahit. On peut toujours prétendre "non mais c'est une expression, une façon de parler". Mais si on change sa vue, on change sa façon de parler.

(...)

Les antipathies sont dûes à des kamas contraires, ou trop similaires.
Un jour par exemple je trouvais qu'un gars avait une drôle de coiffure. Je me suis aperçu que c'était parce que ma coiffure était en sens inverse quand je me voyais dans la glace. Ce qui voulait dire qu'en réalité elle était dans le même sens que lui...

Enfin, j’accorde assez facilement ma confiance, je crois. Pour moi, c’est comme une marque de respect qui élève celui qui la donne autant que celui qui l’honore. C’est une occasion de se grandir (toute proportion gardée).

L'idéal étant de rester complètement ouvert et sans aucune opinion. Ça fait en réalité une sacrée différence. Dans le premier cas on se donne une bonne image de soi, comme vous le remarquez si bien...
Cela dit, il est inutile d'essayer d'être autrement que ce qu'on est. Il suffit de s'apercevoir de ce qu'on est (ce qui est déjà beaucoup). Il y a des niveaux bien sûr.

Je n’aurais pas non plus un certain goût pour des auteurs comme Schopenauher ou Cioran voire Nietzsche ou encore Bloy.

Creusons un peu : ces auteurs se croyaient bons eux-mêmes. Ce qui est en fait la plus éclatante preuve de leur croyance en la bonté de l'humanité... Car comme on se croit soi-même, on croit les autres.

Je crois au surnaturel mais je le sous-estime sans doute ou je peine à le concevoir.

Il faudrait redéfinir la croyance. Kelsang Gyatso parle de croyance correcte, qui n'est pas plus efficiente que de pisser dans un violon, et de cognition valide. Dans mon vocabulaire j'ai tout décalé vers la cognition valide, dans la mesure où pisser dans un violon n'a rien d'intéressant. Donc quand je dis "croire", c'est au sens vrai chrétien d'avoir une cognition valide. Une expérience, donc. Je mets la "conception juste" dans le même panier. 
Il y a bien sûr la "conception fausse" qui va dans le même panier que la croyance du charbonnier.
Un exemple de changement dans le vocabulaire. Pour moi croire = concevoir = avoir l'expérience. Le reste n'existe plus, car le reste est irréel. 
Mais je conçois que chez les gens, la croyance soit intellectuelle, puisque je le vois dans leur tête.

J’aime assez bien ce pianiste (moins quand il a un vrai public finalement, contrairement à ce qu’il préfère), David Fray. Je suis à peu près certain qu’il n’était pas le meilleur technicien de sa promo du conservatoire de Paris et pourtant c’est lui la vedette aujourd’hui.

Je dirais même qu'il ne sait pas jouer du piano. Déjà quand vous voyez la posture c'est un spaghetti. Cela dit il a une âme. Le problème c'est qu'il n'a pas compris qu'une âme ne peut se manifester vraiment qu'avec une énergie solide. Ce gars ne jouera jamais du Liszt ou du Rachmaninov, ou du Beethoven. Vous voyez ce que je veux dire, il n'a pas de yang. 
Cela dit il y a un répertoire pour lui.

Bref, Luciano Pavarotti, je le trouve quelconque, très surcoté. Son succès m’échappe complètement.

Marrant... en fait il a une parfaite technique, un soutien excellent, ce qui veut dire de la finesse et de la puissance. Et une âme vraiment très visible. Pour moi c'est un grand, même si je n'aime pas son répertoire.

 

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Enseignements de Rudi

Fear
We have the capacity in our minds to create that which we are most afraid of; in the same way that we bury some ignorance like a grain of sand inside the shell of an oyster and build around it until we come up with the end product, which in this case is not a pearl.

God
It is finally this consciousness that allows a human being to feel God as the constant energy that is absorbed by all of the chakras, filling him with sweetness and joy. Not feeling happy is only the result of not being in tune with this force and not having the consciousness to contain it. For whatever reason we fail in holding onto energy, we must look to ourselves. We cannot blame anybody or anything. It is only our lack of capacity to hold that which is given.

Revelations

In all teachings, the temptations that appear during the revelation period are those things we identify with, that take away the energy or content from the experience. It is the courage to put the bottom on the void, so that the incoming energy is not lost during any experience, that is required. This enables a person to grow endlessly, by surrendering content as fast as it manifests itself.

Seekers
It is a remarkable event when somebody presents a situation that exposes their real need. It is rare when even half the truth is given. Usually a situation is distorted beyond recognition. It is as if somebody is saying to me that if I can dig out the real situation, maybe they will allow me to help them. When a situation occasionally is presented in all its nakedness, it is only because the person is defenseless at a particular moment. As soon as they have one stitch to put on their back, they again retreat into themselves, distorting what they said and what they think you said. The ability to hear and see is rare in this world. It only exists in somebody who truly wishes to grow. This has not, unfortunately, been the attitude of most seekers. So few succeed in reaching their goal that it is safe to assume that there are few who honestly pursue a spiritual life, and even then, very few teachers who cater to anything that brings the realism that allows for enlightenment.

Spirituality

Spirituality is not about being where you think you should be. It is not about being where you want to be. Spirituality is about being on the highest point of an ascending energy that keeps growing and growing.
As this energy grows, it completely destroys every level of truth as you live it. This does not mean the truth that has been destroyed was not real. It was real for the level on which you existed before. With students, I am not interested in how long they are with me; I am just interested in one thing: whether or not they are strong enough to break up the horizontal level and continue growing. For myself, I do not want to limit myself by what I was. I do not think, "I did all this work to get to here." That is baloney. That is making a drama of your life and trying to build an image for yourself. The point is to keep growing. It is to have the courage to keep growing, even if it pulls apart the structure of your life. Then it is freeing you. There is nothing wrong with pulling apart the structure. What is wrong is to build yourself into a coffin and then stay there and try to justify it. Either you are working to live on a higher level all the time and to have a rebirth all the time, or you are trying to find justification for staying the way you are.
The whole point of what we do is to destroy matter, which is this horizontal plane we sit on: the earth. It is to translate this physical and material matter into spiritual force. This is our work.

Surrender
You sit down. Inside you, what is going on? You want to be right. "I'm a nice guy, how could this person do this to do me? How could someone take advantage of me in the business world," or "How can somebody not love me? Don't they understand what I did?" Inside you, these muscles close up; they are protecting you. They are protecting your ego, protecting the image you have of yourself. You sit down to take your breath, and you find that something has robbed you of your heart. What robbed you of your heart ? The need to be right. These muscles do not want to open. They would rather you were safe and secure behind the wall than outside the wall.
Surrendering is opening all the muscles. This is the real test of your surrender in a situation. Can you breathe ? Does the throat open to receive the energy ? Are you free to receive this energy and open and see what your condition really is ? If you find out you are constricted in your heart, you have a pain in your back, or you can't get the air down, what does it mean? It means you are closed. What closed you? It does not matter what closed you, you do not have to find the rational reason, you just have to open. You sit and work, and you breathe. I do not have that problem anymore, but I used to sit and take that breath six hundred times in one day, sometimes, to begin to feel a little crevice start to open. If you are closed, you are dead. You can't be right if you are closed. Can a closed person know what he or she did or did not do ? So, if you find that you are closed, you have to drop the whole issue of whether the other person is or is not right.


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