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Piano et entraînement de l'esprit
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10 août 2023

Au sujet de sex, work and money (Chogyam Trungpa)

J'ai lu les 3 premiers chapitres, il y a un truc super bizarre. Il dit "body is mind, mind is body", comme si c'était en quelque sorte final. On comprend qu'il veut faire en sorte que le mental des gens cesse d'être perché dans leurs imaginations. Mais une fois qu'on a constaté que body and mind sont mélangés, le but de la pratique consiste justement à les séparer, mais correctement (pas en sortant de son corps comme une OBE). Tout ce que je lis sur les vies des saints, peu importe la tradition, nous montre que justement ils ne sont plus vraiment là et que c'est la meilleure manière de procéder, car à ce moment ils peuvent devenir quasi-omniscients, alors que dans leur corps, tout est filtré et déformé par le cerveau. C'est pour cette raison que le Père Joseph priait avant de prendre une décision. La journée il était manifestement dans son corps, et donc ne pouvait pas prendre les bonnes décisions. La nuit par contre, il en sortait et voyait toutes les implications d'une décision. Certains saints sont apparemment capables d'être dans cet état même en parlant (Sahaj Samadhi), mais ils ne sont pas si nombreux.
Trungpa nous parle de nous impliquer dans nos activités, pour ce que j'ai compris, il faut d'abord s'impliquer (redescendre sur terre) et ensuite se dés-impliquer. Non pas de façon mentale mais réelle. Je prends un exemple (ce que Trungpa ne fait jamais vraiment, tout ce qu'il dit reste très conceptuel et souvent on peut se demander de quoi il parle. Je veux dire, si on ne projette rien dessus, on ne sait pas vraiment de quoi il parle, dans beaucoup de cas). Donc voici mon exemple. Barsanuphe dit qu'il vaut mieux resté cloîtré en cellule, pour ne pas voir le péché des hommes et pouvoir les considérer tous comme des saints. Par ailleurs, on voit les gens autour de nous, qui se considèrent tous comme des saints et font semblant de considérer les autres comme saints, tout en les côtoyant toute la journée. On est vraiment dans le summum des imaginations mentales. Si on se met à regarder les choses en profondeur, ce qu'on voit, surtout, c'est le péché. Personne n'en est exempt, nous sommes tous affreux à voir. J'ai vivement conseillé à des amis de ne plus regarder d'actualités et déviter de traîner sur internet, car tout respire l'absence de Dieu et l'auto-satisfaction de s'être séparé de Dieu. C'est très contaminant et ça pourrit la pratique. A partir de là, soit on se cloître, jusqu'à ce qu'on soit inhabité par la lumière divine et qu'on puisse voir les gens du point de vue de Dieu, soit on ne regarde pas les gens. Avant-hier nous étions à Andernos, et je voyais clairement que j'avais pris l'habitude de tous les ignorer. A un moment, j'ai commencé à regarder, et c'était comme plonger dans un marécage, j'en suis ressorti automatiquement. Même quand je parle aux gens, j'ai pris l'habitude d'ignorer tout ce qui pourrait être mauvais, et depuis longtemps, en fait. Alors on me dira, peut-être que tout le monde fait exactement la même chose, je le crois volontiers mais 1) c'est conscient chez moi 2) je peux plonger pour voir ce qu'il y a dessous, alors qu'eux ne le peuvent pas. Non pas que je le fasse souvent. J'évite au maximum. 
Le gourou de Lilian Silburn (appelons-le RML) disait qu'il fallait ne rien regarder, et ce qu'on voyait, l'oublier. Tout oublier, pour rester concentré sur le Bien-Aimé (c'était un soufi, dans la ligne de Rûmi). 
Lorsque Trungpa parle de la tradition en disant que Milarepa est sorti de sa réclusion, c'est vrai. Mais quand il nous dit de faire comme Milarepa, il a l'air d'oublier tout à coup que nous et Milarepa ne sommes pas du tout dans le même état, et que si on pense faire comme lui, on se fourre le doigt dans l'oeil.
Par ailleurs il ne connaît pas grand-chose au vrai christianisme et sa critique est particulièrement vicieuse je trouve, en avance sur son temps dans le genre CNV. Pour lui, les moines chrétiens qui font voeu de passer leur vie en clôture abandonnent le monde et manquent de compassion. Non seulement il ne connaît rien à la tradition du monachisme, mais on dirait même qu'il ne connaît rien au pouvoir des saints comme le Père Joseph. Que fait-il de ceux qui prient pour le monde et qui sont, en réalité, les vrais piliers du monde, sans lesquels le monde s'écroulerait ? Peut-être qu'il n'y en a que 3 ou 4 par génération, mais il y a un mythe tenace comme quoi si ces quelques-uns n'existaient pas, le monde s'écroulerait. Quand je lis la vie du Père joseph, je suis tenté de croire que ce nest pas un mythe, et qu'ils sont peut-être plus nombreux que nous le croyons. Comment connaîtrions-nous leur nombre ? Peut-être qu'il n'y a que 3 ou 4 grandes thaumaturges dans chaque génération ou siècle, mais il y a des dizaines, voire des centaines ou des milliers (ou plus) de gens capables de prier pour les autres et de les aider. Certains peut-être n'aident que leur famille, d'autres n'aident que leur village et ainsi de suite, il y e tous les niveaux. Mais bref, la vocation des carmes ou des chartreux, ça n'est pas de s'enfermer pour être heureux, même si c'est ce qui finit par arriver car il y a de moins en moins de saints moines. Mais disons que, lorsque le monachisme fonctionnait correctement, ça n'était certainement pas de l'égoïsme.
De même, quand Trungpa dit que le but de la vie, on ne doit pas le définir, par gentillesse, il se fiche du monde (c'est encore un petit bijou de CNV). Quand on pratique sérieusement, le but de la vie on finit par le sentir, c'est l'union à Dieu, et cette union n'a rien d'égoïste, c'est même le meilleur moyen d'aider le monde entier.

(...)  

C'est ce que je disais plus haut, le monachisme ne fonctionne plus correctement car il n'y a plus assez de saints moines. Il est évident que des moines qui ne souffrent pas ne sont pas de vrais moines. Feraient-ils mieux si on les obligeait à retourner dans le monde ? Mère Marie avait quand même une vocation particulière.
Quand on regarde RML, il vivait complètement dans le monde, au milieu d'un merdier inimaginable. Mais il est clair aussi qu'il n'était pas dans son corps la plupart du temps. Et quand Rudi explique que le but de la spiritualité, c'est justement de séparer le corps spirituel du corps physique, ça fait sens avec tout ce que je lis sur les vies des saints. Dans cette perspective, tous les conseils de Trungpa ne serviront qu'à nous réincarner encore et encore puisque finalement, il faudrait renoncer au "monde à venir", au profit de celui qu'on a sous les yeux, et qui est une pure illusion.

Je le vois pour moi, si j'examine attentivement les choses, il y a une illusion tenace qui s'est glissée longtemps, mais qui est maintenant partie. A savoir que j'ai examiné pour de bon le sentiment créé par un coucher de soleil ou par un beau paysage. C'est un sentiment de beauté, mais je me demande ce qu'est cette beauté supposée, ou imputée, car pour sûr elle ne va pas droit au coeur. Si c'était le cas, je peux te dire que je passerais mes journées à regarder des fleurs. Malheureusement ça ne marche pas. Donc la beauté de ce monde a quelque chose qui ne tourne pas rond. Peut-être que c'est le statut du symbole. Le soleil symbolise Dieu, mais il n'est pas Dieu. Si on regarde un croix en bois, ça doit nous ramener au Christ, on ne doit pas rester juste béat devant la croix en bois. Le problème, c'est que se ramener au Christ par la pensée n'est pas la chose correcte, il faut s'y ramener par le coeur. Ici, on peut remarquer que s'il y a une abeille dans la fleur, ça marche déjà mieux, car on a sous les yeux un petit être qui a des qualités divines.
(PS : pour le soleil, j'ai ré-examiné la question, et il se passe quelque chose de particulier au moment où il perd sa luminosité, je pense que cela ramène à tous les anciens mythes où le soleil est un dieu qui meurt et qui renaît. Je pense que le crépuscule doit être inscrit dans nos gènes comme le moment où tous les dangers peuvent surgir, car le dieu soleil n'est plus là pour éclairer le monde. En fait le coucher de soleil, c'est la mort, et comme dit Rudi, les humains sont fascinés par la mort. Si cela ouvre un chakra, ce n'est pas le coeur, mais plus bas, vers le 2è, car ça touche à notre survie).
Pour ce qui est du reste de la nature, j'examinais hier les vignes et le chemin, et il est clair que c'est une nature déchue, qui n'a plus le pouvoir de nous ramener à Dieu par elle-même. Au mieux, on est content, au pire, on est déprimé.  

J'ajouterais que j'ai longtemps pensé comme Trungpa (par défaut de sens spiituel), en sautant en quelque sorte l'étape intermédiaire où il faut prier au désert (Seraphim de Sarov a quand même passé 16 ans au monastère + 16 ans au désert avant d'en ressortir). Il est tentant de sauter cette étape parce qu'il n'y a plus de saints pour nous aider au désert et qu'on sent bien qu'on ne sera pas capable de s'en sortir en s'enfermant dans un ermitage, est-ce que pour autant la stratégie consistant à rester dans le monde fonctionne ? Pour toi peut-être, mais pour moi j'ai l'impression de ne faire que des conneries quand je vois les gens. Quoi que je dise, c'est pris de travers. Les gens sont fermés comme des huîtres, Je ne vois pas comment on peut travailler avec les situations avec un tel état de fermeture - il faudrait chercher dans la vie quotidienne ce qui a le pouvoir de nous ouvrir. Même pas le sexe, en fait, car comme le dit Kelsang Gyatso, ça fait fondre les gouttes en dehors du canal central = ça nous fait perdre notre énergie spirituelle, le peu qu'on a.

(...)
Je comprends ce que tu dis, mais ça revient finalement à se demander à qui on parle. Est-ce qu'on parle pour une majorité d'imbéciles en prenant le risque de perdre ceux qui auraient la capacité de s'en sortir, ou bien est-ce qu'on parle à ces quelques uns qui pourraient s'en sortir quitte à ce qu'une majorité d'imbéciles ne comprenne rien. Pour ma part, il me semble que la majorité d'imbéciles étant de toutes façons perdue, il faudrait sauver ceux qui en auraient la capacité, parce que sinon, on perd tout le monde.
Pour Mère Marie, il faut se remettre dans le contexte : c'était une sainte et elle pouvait communiquer l'Esprit-Saint autour d'elle, comme Saint Seraphim. Ils pouvaient réellement sauver les gens. On le voit aussi avec le Père Sophrony, par exemple cette cancéreuse qu'il a d'abord guérie, et ensuite qui est retombée, mais morte "dans le Seigneur" si je puis dire. Moi je n'ai pas la capacité d'aller voir les malades dans les hôpitaux et de faire en sorte qu'ils meurent dans les bras du Christ. Du coup, le Lopön conseillait plutôt de s'abstenir d'aller les voir...
Donc je pense maintenant qu'il faut avoir réellement la capacité de sauver les gens, sinon on se perd nous-mêmes en essayant de les aider. Et certes je comprends qu'on préfère se perdre nous-mêmes en "profitant" de la vie, car on ne sait plus comment se sauver, plus exactement on ne sait plus atteindre le Seigneur pour lui demander de nous sauver. Je crois avoir maintenant une vue assez précise du parcours d'une personne sauvée, et ça n'est pas simple.

Quand tu dis que les temps on changé et que les vocations érémitiques ne sont plus légion, c'est vrai. Je répondrai à cela que si les sacrements suffisaient autrefois à sauver les chrétiens du dimanche, c'est parce qu'il y avait un dense réseau de saints qui pouvait les rattraper au moment de la mort, avec les derniers sacrements. Je suis absolument convaincu qu'à chaque dernier sacrement sincère, un saint était en quelque sorte "appelé" pour récupérer l'âme et l'amener au Christ. Sinon elle se serait perdue. Mais aujourd'hui il n'y a plus ce réseau, donc ça devient un coup de loterie (vu qu'il existe encore quelques saints, sinon le monde serait déjà tombé en miettes). Perso je ne peux pas confier mon salut à une loterie, parce que j'ai vu ce que ça allait donner.  

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Commentaires
M
Merci pour votre réponse. Votre réponse nous montre comment votre vision a évolué depuis le Trésor Théoscopique.
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M
« C'est un sentiment de beauté, mais je me demande ce qu'est cette beauté supposée, ou imputée, car pour sûr elle ne va pas droit au cœur. Si c'était le cas, je peux te dire que je passerais mes journées à regarder des fleurs. Malheureusement ça ne marche pas. »<br /> <br /> <br /> <br /> Observer des fleurs pendant des heures et des jours, fascinés comme des fous, correspond je crois à un niveau spirituel.<br /> <br /> <br /> <br /> La Mère a écrit des livres sur les fleurs : « La signification spirituelle des fleurs » et « Les fleurs et leurs messages ». Je vous les mets en lien. Apparemment, c’était même une part importante de son enseignement. On pourrait presque parler de « langage des fleurs ».<br /> <br /> Aussi, des fleurs tomberaient du ciel après un corps d’arc en ciel, avec différents types de fleurs en fonction du type de corps d’arc en ciel. Les fleurs sont apparemment un bon sujet de recherche et de méditation.<br /> <br /> <br /> <br /> https://motherandsriaurobindo.in/The-Mother/books/misc/the-spiritual-significance-of-flowers/#awakening-in-matter<br /> <br /> <br /> <br /> https://motherandsriaurobindo.in/The-Mother/books/misc/flowers-and-their-messages/
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D
Il est très difficile de statuer sur Sri Aurobindo. Je sais cependant qu'il avait une vision biaisée du bouddhisme, ainsi que du christianisme. Cela ne veut rien dire, tous les saints sont comme ça. Cependant, je pense qu'il y a un problème avec Mère, car elle s'est mise en tête de ramener le divin dans la matière, ce qui d'après Rudi est la pire chose à faire, car ensuite le corps devient intelligent et entrave le processus spirituel. Sri A pense qu'il faut élever la création, mais il ne semble pas être au courant qu'il existe déjà une création régénérée, située dans les lokas supérieurs. Pourquoi vouloir en créer encore une autre ? De tout ce que j'ai compris, ce monde n'est utile que parce qu'on peut y créer et y défaire du karma, mais il y en a d'autres qui sont bien plus indiqués pour progresser. <br /> <br /> Quant à la problématique de l'être et du non-être, il me semble que tous les grands saints atteignent le non-être au-delà de l'être, ce qu'on peut appeler je pense Claire lumière de signification (perception directe de la vacuité sans image générique). <br /> <br /> Moi ce qui m'intéresse à l'heure actuelle, ce n'est pas de savoir distinguer l'Etre du non-Etre, c'est déjà de décoller de mon petit niveau, car j'ai lu hier chez Ste Thérèse d'Avila que beaucoup y parviennent mais que peu en décollent. C'est donc le niveau charnière.
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M
Dans ce livre audio de « La Vie Divine » d’Aurobindo (chapitre 5 : la Destinée de l’Individu), à partir de 4 minutes, mais aussi à 6 minutes et 9 minutes, il est je pense mention de quelque chose de semblable :<br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=Q0RnTpMBAvs&t=914s<br /> <br /> <br /> <br /> Je vous mets aussi les extraits de l’œuvres en question :<br /> <br /> 1 : « Les anciens avaient si puissamment conscience de cette vérité que les Voyants védantiques, même après avoir atteint à la conception suprême, à l’expérience impérieuse de Satchidananda comme la plus haute expression positive de la Réalité pour notre conscience, poussèrent leurs spéculations ou leurs perceptions jusqu’à ériger un Asat, un Non-être au-delà, qui n’est pas l’existence ultime, la conscience pure, la béatitude infinie dont toutes nos expériences sont l’expression ou la déformation. Même si ce Non-être est existence, conscience et béatitude, il demeure au-delà de la forme positive la plus haute et la plus pure de ces choses, telles que nous pouvons les connaître sur terre, et, par suite, différent de ce que nous entendons par ces termes.<br /> <br /> Le bouddhisme, dont la doctrine a été jugée, plus arbitrairement, comme non védique par les théologiens, sous prétexte qu’elle rejette l’autorité des écritures, retourne pourtant à cette conception essentiellement védantique. Seulement, l’enseignement positif et synthétique des Upanishad tenait Sat et Asat non pour des opposés mutuellement destructeurs, mais pour la dernière antinomie à travers laquelle nous élevons nos regards vers l’Inconnaissable. Et dans les transactions de notre conscience positive, l’Unité elle-même doit tenir compte de la Multiplicité ; car les Multiples aussi sont le Brahman. C’est par Vidya, la Connaissance de l’Unité, que nous connaissons Dieu ; sans elle, Avidya, la conscience relative et multiple, est une nuit de ténèbres et un désordre d’Ignorance. Pourtant, si nous excluons le champ de cette Ignorance, si nous nous débarrassons d’Avidya comme d’une chose inexistante et irréelle, alors la Connaissance elle-même devient une sorte d’obscurité et une source d’imperfection. Nous devenons pareils à des hommes aveuglés par une lumière, qui ne peuvent plus voir le champ que cette lumière illumine. <br /> <br /> <br /> <br /> Tel est l’enseignement, calme, sage et limpide de nos plus anciens<br /> <br /> sages. Ils avaient la patience et la force de chercher et de connaître ; ils avaient aussi la lucidité et l’humilité d’admettre les limitations de notre connaissance. Ils percevaient les frontières qu’elle doit franchir pour entrer dans quelque chose qui la dépasse. Ce fut, plus tard, une impatience du cœur et du mental, une violente attirance pour l’ultime béatitude ou la suprême maîtrise d’une expérience pure, et un intellect intransigeant, qui les poussèrent à rechercher l’Un pour nier le Multiple, et parce qu’ils avaient respiré l’air des cimes, à mépriser ou fuir le secret des profondeurs. Mais le regard imperturbable de l’ancienne sagesse savait que pour conna顃re Dieu vraiment, il faut Le connaître partout également et sans distinctions, considérant et appréciant — mais sans se laisser dominer par eux — les opposés à travers lesquels Il répand sa lumière. »<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 2 : « Nous nous garderons aussi de l’importance excessive que le mental attache à des points de vue particuliers auxquels il parvient dans ses expansions et ses transitions les plus puissantes. La perception du mental spiritualisé regardant l’univers comme un rêve irréel ne saurait avoir pour nous une valeur plus absolue que la perception du mental matérialisé regardant Dieu et l’Au-delà comme des concepts illusoires. Dans un cas le mental qui, par habitude, se fie exclusivement au témoignage des sens et associe la réalité au fait corporel, n’est pas accoutumé à se servir d’autres moyens de connaissance, ou bien est incapable d’étendre la notion de réalité à une expérience supraphysique.<br /> <br /> Dans l’autre cas, le même mental, s’élevant au-delà de l’expérience physique jusqu’à l’expérience toute-puissante d’une réalité incorporelle, attribue simplement à l’expérience sensorielle la même incapacité et, par conséquent, le même sentiment de rêve ou d’hallucination qui en résulte.<br /> <br /> Mais nous percevons aussi la vérité que ces deux conceptions défigurent. Il est vrai que dans ce monde de la forme où nous sommes établis pour nous y réaliser nous-mêmes, rien n’est entièrement valable, à moins d’avoir pris possession de notre conscience physique et à moins que sa manifestation sur les niveaux inférieurs soit en harmonie avec sa manifestation sur les plus hauts sommets. Il est vrai, également, que la forme et la matière, lorsqu’elles s’affirment comme une réalité existant en soi, sont une illusion de l’Ignorance. La forme et la matière n’ont de valeur qu’en tant qu’aspect et substance de manifestation pour l’incorporel et l’immatériel. Elles sont dans leur nature un acte de conscience divine, dans leur but la représentation d’un état de l’Esprit. <br /> <br /> Autrement dit, si le Brahman est entré dans la forme et a représenté Son être dans la substance matérielle, ce ne peut être que pour jouir de cette manifestation de Lui-même dans les termes de la conscience relative et phénom nale. Le Brahman est dans ce monde pour Se représenter dans les valeurs de la Vie. La Vie existe dans le Brahman afin de découvrir le Brahman en elle-même. Par conséquent, l’importance de l’homme dans le monde, est qu’il lui apporte ce développement de la conscience qui rend possible sa transfiguration par une parfaite découverte de soi. L’accomplissement du Divin dans la vie est la vraie humanité de l’homme. Son point de départ est la vitalité animale et ses activités, mais son objectif est une existence divine.»<br /> <br /> <br /> <br /> 3 : « Mais dans la Vie, comme dans la Pensée, la vraie loi de la réalisation de soi est une intégration progressive. Le Brahman s’exprime en maintes formes de conscience successives, successives dans leur relation, même si elles coexistent dans l’être ou dans le Temps, et la Vie en son déploiement doit aussi s’élever vers des régions toujours nouvelles de son être. Mais si, en passant d’un domaine à un autre, exalté par notre nouvel accomplissement, nous renonçons à ce qui nous a déjà été donné, si, en parvenant à la vie mentale, nous rejetons ou méprisons la vie physique qui est notre base, ou si, attirés par le spirituel, nous rejetons le mental et le physique, nous ne réalisons pas intégralement le Divin, ni ne remplissons les conditions de Sa manifestation de Luimême.<br /> <br /> Nous ne devenons pas parfaits, mais déplaçons seulement le champ de notre imperfection ou atteignons tout au plus une altitude limitée. à quelque hauteur que nous nous élevions, fût-ce au Non-être lui-même, imparfaite est l’ascension si nous oublions notre base. La vraie divinité de la nature n’est pas d’abandonner le plus bas à lui-même, mais de le transfigurer en la lumière du plan le plus haut que nous avons atteint. Le Brahman est intégral et unifie de nombreux états de conscience à la fois ; nous aussi, en manifestant la nature du Brahman, devons réaliser cette intégralité et tout embrasser. »<br /> <br /> <br /> <br /> https://auromaa.org/sri-aurobindo-ru/workings/sa/18-19/the_life_divine_f.pdf#%5B%7B%22num%22%3A69%2C%22gen%22%3A0%7D%2C%7B%22name%22%3A%22XYZ%22%7D%2C0%2C771%2C0%5D<br /> <br /> <br /> <br /> Contredisez-moi si vous voyez des erreurs dans ce que je raconte bien sûr, mais je trouve que ce que dit Aurobindo ici a vraiment « un côté très prajna-paramita ».<br /> <br /> <br /> <br /> Ici, il y a les œuvres complètes de Sri Aurobindo en français :<br /> <br /> https://www.sriaurobindoashram.org/sriaurobindo/translations.php
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M
« Mais une fois qu'on a constaté que body and mind sont mélangés, le but de la pratique consiste justement à les séparer, mais correctement »<br /> <br /> <br /> <br /> Le corps et le monde serait les réceptacles, tandis que l’esprit serait le liquide contenu dans le réceptacle. Le réceptacle est la limite, un peu comme une prison d’un certain point de vue, et l’esprit ou l’âme serait un objet d’une autre nature que le corps, illimité en comparaison.<br /> <br /> Je me demande si la sagesse (prajnaparimta) n’est ni le réceptacle, ni le contenu, mais qu’elle serait la sagesse entre les deux. Je crois qu’Aurobindo en parle dans sa Vie Divine (le livre), mais c’est aussi je crois la sagesse de l’arbre séphirotique qui ne correspond à aucun des 10 séphirots en particulier. Je crois que ce serait une sorte de sagesse équilibrante qui peut aller partout d’un monde à l’autre, et pour le coup, est vraiment au-delà des réceptacles, aussi bien que de l’âme illimitée qu’on emprisonne dedans.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> « Donc je pense maintenant qu'il faut avoir réellement la capacité de sauver les gens, sinon on se perd nous-mêmes en essayant de les aider. »<br /> <br /> <br /> <br /> Il y a un enseignement qui dit que pour sauver quelqu’un en train de se noyer, il faut d’abord l’assommer, sinon il nous coule avec lui. Il en serait de même pour sauver quelqu’un des souffrances du samsara.
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Enseignements de Rudi

Fear
We have the capacity in our minds to create that which we are most afraid of; in the same way that we bury some ignorance like a grain of sand inside the shell of an oyster and build around it until we come up with the end product, which in this case is not a pearl.

God
It is finally this consciousness that allows a human being to feel God as the constant energy that is absorbed by all of the chakras, filling him with sweetness and joy. Not feeling happy is only the result of not being in tune with this force and not having the consciousness to contain it. For whatever reason we fail in holding onto energy, we must look to ourselves. We cannot blame anybody or anything. It is only our lack of capacity to hold that which is given.

Revelations

In all teachings, the temptations that appear during the revelation period are those things we identify with, that take away the energy or content from the experience. It is the courage to put the bottom on the void, so that the incoming energy is not lost during any experience, that is required. This enables a person to grow endlessly, by surrendering content as fast as it manifests itself.

Seekers
It is a remarkable event when somebody presents a situation that exposes their real need. It is rare when even half the truth is given. Usually a situation is distorted beyond recognition. It is as if somebody is saying to me that if I can dig out the real situation, maybe they will allow me to help them. When a situation occasionally is presented in all its nakedness, it is only because the person is defenseless at a particular moment. As soon as they have one stitch to put on their back, they again retreat into themselves, distorting what they said and what they think you said. The ability to hear and see is rare in this world. It only exists in somebody who truly wishes to grow. This has not, unfortunately, been the attitude of most seekers. So few succeed in reaching their goal that it is safe to assume that there are few who honestly pursue a spiritual life, and even then, very few teachers who cater to anything that brings the realism that allows for enlightenment.

Spirituality

Spirituality is not about being where you think you should be. It is not about being where you want to be. Spirituality is about being on the highest point of an ascending energy that keeps growing and growing.
As this energy grows, it completely destroys every level of truth as you live it. This does not mean the truth that has been destroyed was not real. It was real for the level on which you existed before. With students, I am not interested in how long they are with me; I am just interested in one thing: whether or not they are strong enough to break up the horizontal level and continue growing. For myself, I do not want to limit myself by what I was. I do not think, "I did all this work to get to here." That is baloney. That is making a drama of your life and trying to build an image for yourself. The point is to keep growing. It is to have the courage to keep growing, even if it pulls apart the structure of your life. Then it is freeing you. There is nothing wrong with pulling apart the structure. What is wrong is to build yourself into a coffin and then stay there and try to justify it. Either you are working to live on a higher level all the time and to have a rebirth all the time, or you are trying to find justification for staying the way you are.
The whole point of what we do is to destroy matter, which is this horizontal plane we sit on: the earth. It is to translate this physical and material matter into spiritual force. This is our work.

Surrender
You sit down. Inside you, what is going on? You want to be right. "I'm a nice guy, how could this person do this to do me? How could someone take advantage of me in the business world," or "How can somebody not love me? Don't they understand what I did?" Inside you, these muscles close up; they are protecting you. They are protecting your ego, protecting the image you have of yourself. You sit down to take your breath, and you find that something has robbed you of your heart. What robbed you of your heart ? The need to be right. These muscles do not want to open. They would rather you were safe and secure behind the wall than outside the wall.
Surrendering is opening all the muscles. This is the real test of your surrender in a situation. Can you breathe ? Does the throat open to receive the energy ? Are you free to receive this energy and open and see what your condition really is ? If you find out you are constricted in your heart, you have a pain in your back, or you can't get the air down, what does it mean? It means you are closed. What closed you? It does not matter what closed you, you do not have to find the rational reason, you just have to open. You sit and work, and you breathe. I do not have that problem anymore, but I used to sit and take that breath six hundred times in one day, sometimes, to begin to feel a little crevice start to open. If you are closed, you are dead. You can't be right if you are closed. Can a closed person know what he or she did or did not do ? So, if you find that you are closed, you have to drop the whole issue of whether the other person is or is not right.


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