Tout est dans le détail
(extrait d'email)
(Le vieux maître, cf post Xing yi quan est meilleur que le jeune)
OK, mais est-ce que cette vidéo vous dit comment devenir comme lui ? Je ne pense pas. C'est comme les profs d'arts martiaux où on ne voit plus rien. Pour ma part je sens ce qu'il fait (le vieux maître) parce que c'est une variété de tummo et que c'est la première chose qui m'est venue quand je me suis posé la question "comment concevoir un mouvement qui ait du sens ?". Je pensais aux relations amoureuses, en me disant qu'en fait, les gestes amoureux n'ont de sens que lorsque le canal central est déjà ouvert. Mais comme ce sont des gestes sans yang, on est à un niveau de subtilité trop important si tout n'est pas déjà en place. C'est ainsi que quand je vois des amoureux, j'ai l'impression de voir des gens qui espèrent atteindre une certaine chose et ne l'atteignent pas faute d'intensité.
Du coup je réfléchissais à une forme qui permettrait d'ouvrir ce CC, et il m'est venue exactement celle-là.
L'autre vidéo me semble plus parlante en ce qui concerne l'état d'esprit, parce que le gars est moins bon, il est donc obligé d'engendrer de l'intensité.
Qqn qui connaît bien les arts externes et souhaite parvenir à l'interne y arrivera mieux je pense en l'imitant qu'en essayant d'imiter le vieux maître.
(Tout investiguer)
Je pars du principe qu'on peut trouver des trésors partout, y compris dans les sentiers décriés ou mille fois rebattus. Je le vérifie tous les jours d'ailleurs.
L'autre jour j'avais acheté un bouquin a priori nul La fabrique des miracles sur la foi des premières pages. Il s'est révélé excellent. Je l'ai donné à S* qui m'a dit "Ah mais c'est pas nul comme bouquin ? - Ben t'as qu'à lire". Et elle l'a trouvé excellent.
(Pas lu vos premières saisons de roman)
Elles ne sont pas dharmiquement intéressantes. Cela dit j'ai vu en discutant avec d'autres que les gens ne perçoivent pas ce qu'il y aurait à percevoir dans les dernières saisons. Parce qu'ils pensent que c'est de la "fiction", un truc "construit", en somme.
J'ai remarqué que les gens qui m'accusent d'être dans le mental sont ceux qui y sont totalement et n'ont pas accès à leurs sentiments (émotion + sensation, cf Janov). Du coup tout ce qui ne correspond pas à leur construction est "mental".
Donc, en réalité, personne ne sait "lire", comme A Nothomb l'a si bien remarqué. Lire consiste à se mettre dans les sensations de l'auteur et des personnages s'il y en a. On voit tout de suite ce qui est réel et ce qui relève de l'invention.
Ce qui m'énerve maintenant ce sont les auteurs qui font de la surenchère quantitative en espérant produire un effet, parce qu'ils sont incapables de concevoir l'effet des choses plus petites. C'est assez marqué dans la Fantasy (pourtant j'aime bien l'univers), les héros subissent des épreuves délirantes dont le centième tuerait un buffle. Alors que dans la vraie vie, on voit que les grosses catastrophes produisent une sorte d'hébétude (par exemple qqn qui dit qu'il ne ressent rien à l'enterrement de sa mère). En même temps les petites choses produisent des tempêtes dans des verres d'eau qui ne sont pas non plus appropriées.
Lé difficulté c'est de trouver le chemin vers la profondeur. Le vrai sens des petites choses en somme, puisque la profondeur ne se révèle que dans les petites choses, sachant qu'on a trop de défenses face aux grandes choses. Jünger a toute une théorie là-dessus, je le relisais l'autre jour dans Heliopolis. On pourrait dire que l'examen microscopique d'un flocon de neige nous apprend plus de choses qu'une avalanche. On en arrive à voir toute la misère du samsara dans un escargot écrasé, et pas par sentimentalisme. Chepa Rinpoche livrait parfois ses réflexions du moment, et c'était sur des choses de cet ordre.
A notre niveau, nous ne pouvons être conscient que des petites choses. Pour agir à grande échelle, comme Napoléon, et être conscient de ce qu'on fait, il faut être un bouddha, et pas n'importe lequel. On en déduit facilement que toutes les décisions actuelles sont prises dans l'inconscience la plus totale. Et là, il y a une "loi" de l'univers : ce qui est fait inconsciemment ne va jamais dans le bon sens.
















