Résistances
je reprends un exemple que tu as peut-être lu sous ma "plume". Récemment je voyais un journaliste taxer un homme politique, ou plutôt son programme d'utopique. Bien entendu c'était lancé comme une critique. Ce a quoi l'autre se défendait mal. Or en me dégageant de la forme (la critique de base, le fameux bon sens commun au fond), j'ai perçu que cette critique était en fait très positive et un aveu possible d'accord. Par exemple "mon coeur est d'accord avec vous mais mon mental et mes conditionnements ne peuvent y souscrire". Je trouvais donc un retournement du sens. Et que ce que la bouche peut dire peut (à l'insu de tous) pouvoir dire en réalité le contraire. Et alors énergétiquement c'est ressenti comme (même si cela semble un peu prosaïque) propulsant l'être dans une autre dimension, physique et intellectuelle.
Instead of fighting, sit there, feel, and say, "I wish to open." Do this fifty thousand times until you have enough respect for yourself that you open. I mean, did you ever see a dog in a house with people around ? You say, "Now, puppy, don't do that," and what does the puppy do? He pees right there. But if you really talk from inside with authority, and he knows that you are going to beat him with a piece of paper, he won't do it.
Unless you can talk from inside yourself with authority, until this thing inside you knows that you mean business, it is not going to open. Why should it open for a fool? Our permissiveness allows us to be destroyed spiritually. Because you think, "Well, it doesn't want to open today, so I'll wait awhile and ask again, 'Hello, uh, down there, are you going to open?'" You can die with it. Sit there and say, "I absolutely will not accept this." Sit there hour after hour and this thing will finally say, "Why don't you go home to sleep?" You're annoying it, you're provoking it, you're driving it crazy—it will leave. It will leave and you will open. It is easier living with it than driving it out of you, and you only drive it out by asking thousands of times. Thousands of times.
En résumé, Rudi ne semble pas dire que ça soit simple, ni facile. Ce que propose John, c'est de trouver une solution facile. Bon, moi aussi je fais ça et au final, je réalise que c'est une sérieuse limitation. En même temps je reconnais qu'au départ, on n'a pas le choix, il est nécessaire de procéder ainsi parce qu'il est impossible de procéder autrement.
Je prends un exemple qui m'est propre, quand je vois des vidéos de Rudi dans son ashram je déteste ça. Je trouve qu'il a l'air entouré d'imbéciles heureux et je me demande ce qu'il fout avec tous ces imbéciles heureux. Donc la solution facile, c'est d'essayer de trouver là-dedans un détail qui va modifier le sens de l'ensemble et permettre un certain flux énergétique. Mais la part de moi qui dit "Regarde-moi tous ces imbéciles heureux", elle est toujours là et elle n'a pas bougé d'un iota. Forcément, puisque je l'ai laissée tranquille. Donc ce qui se passe à long terme avec cette méthode, c'est un peu comme à la guerre du Viet-nam, on a des troupes cantonnées à certains endroits, qui suivent toujours à peu près les mêmes chemins, mais tout le territoire autour est plein d'ennemis. Ce que nous dit Rudi, c'est que si on ne s'attaque pas à ce bazar, on n'ira pas loin.
Nous passons notre temps à éviter la réalité, à l'enjoliver, à la transformer, juste pour éviter ces endroits qui résistent. Nous passons notre temps à les contourner. Ou à les blinder. C'est pour cette même raison que les mauvaises habitudes reviennent toujours, car on procède de la même façon au niveau physique. Par exemple, j'ai remarqué que si je fais 200 prosternes par jours pendant 2 mois, aucune habitude n'est prise. Mon corps va saisir la première occasion pour s'échapper de là, rhume ou autre, et 15 jours plus tard, je me retrouverai comme au jour 1. Il semble que pour l'alcoolique ou le pornodep, le mécanisme soit le même : le danger de retomber est exactement le même chaque jour, il ne diminue jamais. Soit on l'accepte avec fatalité, soit on comprend que quelque chose ne va pas dans notre façon de faire.
Si par exemple je regarde pour les prosternes, il y a une résistance dans le corps. Donc ce que je fais, c'est que j'enferme cette résistance dans un tiroir, et là elle va attendre bien patiemment la première occasion de refaire surface. Identique à elle-même. Il se passe la même chose avec absolument tout. Ce qui explique qu'au bout du compte, rien ne change. Donc il faut se confronter avec ces résistances, s'asseoir en face d'elles et les regarder dans le blanc des yeux. Est-ce qu'on veut garder ça, oui ou non ? Notre virtuosité à les éviter montre une choses : c'est que nous savons très bien où elles sont, mais par une sorte de théologie négative. Elles se situent exactement aux endroits où nous ne regardons jamais.
You have to want tremendously. You have to ask inside and feel your resistance to growing. When you ask to grow and you find that something says no, go inside again and ask and take a breath and ask again. Feel in you this thing that will not move an inch—this thing that wants to stay the way it is. When you are working deeply enough to feel that resistance, then you have provoked something worthwhile inside you. But a human being working without resistance is not different than a cow in a field chewing the same cud over and over and over.

















