Finalement, tu clames vouloir t’épanouir dans une belle vie IRL, mais pour y avoir déjà beaucoup réfléchi, il me semble que pour parvenir à ce but, il faut se choisir des activités en nombre raisonnable, dans lesquelles on essaie de faire un petit progrès chaque jour. Or il me semble finalement qu’en étant surbooké comme tu l’es, ce n’est pas vraiment possible. On ne peut pas progresser dans plein de choses à la fois.
Ce que j’appelle progresser, c’est étudier un instrument de musique et devenir meilleur chaque jour, ou montrer une association, et lui permettre chaque jour d’aider mieux les gens grâce à l’expérience qu’on acquiert etc. Ce qui veut dire 1) choisir des activités qui nous passionnent 2) y consacrer quotidiennement un certain temps. C’est ce que j’ai fait pendant assez longtemps par le passé, avant de réaliser que ça ne me convenait pas, parce que quoi qu’il arrive, tout cela finirait un jour. J’ai donc sacrifié toutes les activités qui se finissent dans la tombe au profit de la seule qui ne s’y finit pas.
Mais quoi qu’il en soit je peux admettre qu’on soit artiste, ou bienfaiteur de l’humanité. En revanche, se surbooker pour constater tous les jours qu’on baisse de niveau (comme le jogging que tu ne peux plus faire), je trouve ça un peu déprimant. Pourquoi ne choisis-tu pas de progresser dans un ou deux domaines spécifiques ? A quoi ça sert d’aligner des blagues dans un blog ? Ne serait-il pas plus constructif, du point de vue de la vie que tu prétends mener, de consacrer ton blog à l’apprentissage de quelque chose ? Et si tu me dis qu’à ton avis ça ne sert à rien, c’est que tu ne crois pas dans la vie IRL, car le seul intérêt de la vie IRL c’est l’apprentissage de l’excellence (qu’on y parvienne ou non. C’est le chemin qui compte).
Fichtre.
J’aurais dit la bonté, même si pour cela il me faut viser plus haut (l’excellence ?)
pour compenser l’effet de la gravité terrestre sur les projectiles à vitesse lente (genre moi)
Prenons l’exemple d’un cordonnier qui voudrait développer la bonté plus que l’excellence : il va mal chausser ses clients. Est-ce que c’est ce qu’ils attendent de lui ? Quel bien va-t-il leur faire en les chaussant mal avec de bons mots ? Ne parlons pas du maçon ou du couvreur…
C’est justement la caractéristique de la vie mondaine qu’il nous faut viser l’excellence pour faire le bien de notre prochain. En revanche, si tu ne veux développer que la bonté, sans passer par un moyen particulier, tu es obligé de choisir la voie du dharma. Ce qui oblige d’ailleurs à étudier ce qu’est la bonté. Il serait illusoire de penser que nous savons spontanément ce que c’est, c’est peut-être même l’objet le plus caché au monde.
C’était juste une pensée, rien du tout… comme dirait Steve Jourdain.
2.
Pourtant il me semble que si on devient sensible à la misère du samsara, on peut l’observer absolument partout, il suffit quelque part d’ouvrir une page internet pour avoir une occasion de se lamenter, ou de sortir et de voir son voisin de 90 ans balayer ses feuilles. Il faut « juste » accepter de souffrir en permanence, et quand on voit la photo de certains pères Orthodoxes, il me semble assez clair qu’ils ont pris cette option parce qu’elle était la plus simple (il me semble). Je vois pour moi que la plupart des pensées qui me viennent dans la journée peuvent toujours être liées à un sentiment de consternation. Par exemple, je peux bien penser à n’importe qui, tout ce qui est là c’est la vie idiote qu’ils mènent, leur désintérêt du dharma. Ou T qui voulait des renseignements sur un auteur, Anselm Grun, j’en ai pleuré de consternation, parce que finalement toute cette fausse spiritualité, même si elle fait du bien aux fous, elle cache également la vraie chose et renvoie l’homme à un état quasi animal présenté comme paradisiaque. Ou comme ces gamins qui ont une vie saine et qui ne rêvent que de devenir comme nous, comme tu le faisais remarquer. La disparition du vrai dharma est vraiment un sujet de souffrance qu’on peut creuser.