Prier pour autrui
Je discutais récemment avec un ami qui m'expliquait qu'il lui semblait plus utile de prier pour le monde en général, plutôt que pour telle et telle personne individuellement. C'est une vue qui à mon sens vient de l'absence de perception de ce que fait la prière.
Après tout, je ne sais pas ce que fait la prière sur les gens, du moins je ne l'ai pas encore constaté de visu. En revanche, je sais ce qu'elle fait sur celui qui prie, et pour avoir une action elle doit être précise. Je ne parle pas au niveau de demander ceci cela, en général je ne demande de particulier sinon que cette personne soit éclairée, mais au niveau de la sensation. La pensée de la personne engendre une sensation précise dans une zone précise du corps, ce qui permet de concentrer les vents porteurs de la conception en question et de les faire entrer dans le canal central. Donc s'il y a une chose de sûre, c'est que ma pensée de cette personne a été communiquée dans une zone où il y a des anges et autres entités spirituelles. Ce qu'ils en font, ce n'est pas mon affaire. Mon affaire, c'est de porter l'image de cette personne là où il y a quelqu'un qui pourra s'en occuper. Pour prendre une analogie, je suis comme une personne qui au lieu de prendre un gros paquet de lettres et de le jeter sur le bâtiment de la Poste, prend les lettres une par une pour les insérer dans la boîte aux lettres.
Pour cette raison, la prière pour les autres peut être utilisée comme n'importe quel autre sujet de méditation, afin de rendre notre esprit plus vaste. Puisque la méditation consiste toujours à faire entrer des vents dans le canal central, on se rend compte que multiplier les sujets est d'une grande utilité. Porter sous le regard de Dieu les difficultés des autres ne peut pas faire de mal.
Cela dit, il se peut bien que dans le processus on récupère leur karma, cela paraît même assez inévitable. Si je pense assez profondément au malheur d'une personne, je le fais mien. La différence, c'est que si je suis éclairé par Dieu, et pas elle, le problème peut se résoudre, et lui revenir résolu. Mais, me dira-t-on, quel besoin de se charger du karma des autres alors qu'on ne s'en sort déjà pas avec le nôtre ? Du peu que j'ai constaté, quand c'est celui des autres, nous sommes singulièrement aidés. Il est bien possible que cela engendre une douleur physique ou autre difficulté, mais le sentiment de Dieu qui vient avec est multiplié. Alors que va-t-on préférer ? Passer sa journée dans le bien-être et la tiédeur spirituelle, ou bien passer sa journée souffrant mais avec la présence de Dieu ? A dire vrai cela n'est même pas comparable, c'est comme demander si on préfère passer sa journée en enfer ou au paradis. Les saints ne sont pas fous, ils sont juste plus intelligents que les gens ordinaires. Au lieu de choisir ce qui leur fait du tort, ils choisissent ce qui leur fait du bien.
Cela ne peut évidemment pas se faire par un exercice de la volonté. On ne prie pas pour les autres en décidant que ce sera bon pour nous. Il faut avoir déjà avoir la sensation de ses souffles vitaux, savoir les concentrer et les diriger au bon endroit, sinon on risque plutôt de se créer des obstacles.
















