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Piano et entraînement de l'esprit
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20 juillet 2014

L'amour trinitaire, modèle de l'amour conjugal

Lorsque cette histoire a débuté, je connaissais L* depuis déjà dix ans. Elle était la femme de mon meilleur ami et je la croisais de temps en temps au restaurant, ou quand je passais chez eux. Je la trouvais gentille, mais pas forcément très intelligente, et j'avais plutôt tendance à la considérer comme un boulet. En un mot, je n'étais pas forcément très agréable avec elle. Quand j'allais manger chez eux, il m'arrivait de faire des réflexions sur ses innovations culinaires (elle avait des drôles d'idées à l'époque) qui parfois la faisaient pleurer. Quant à elle, elle n'aimait pas que j'appelle son compagnon à minuit et m'en voulait pas mal pour ça. Elle était jalouse de notre relation, sans pour autant se rendre insupportable (quoique, une fois, elle m'a bousillé un bel ordinateur portable que je leur avais prêté, par la seule force de sa pensée négative). Bref, elle n'était pas mon genre, je n'étais pas son genre (c'est très important de le dire). Mais il s'est trouvé qu'un jour, suite à une histoire dont je ne peux livrer tous les détails, elle a plongé dans un épisode dépressif aigu. Il me suffira de dire que j'en étais responsable (certains auront déjà remarqué que j'ai une sorte de siddhi pour cela..).

J'ai donc eu l'idée saugrenue de vouloir la consoler, avec l'assentiment de son compagnon qui a jugé que c'était là une excellente idée. Je suis donc allé chez eux, elle est venue vers moi avec une mine absolument défaite et fracassée, et je l'ai prise dans mes bras pour lui signifier que je n'étais pas son ennemi juré comme elle le croyait. Elle n'a pas osé résister. Mais voilà que, tandis qu'elle était contre moi, une sorte de folie m'a saisi, je me suis pris pour un personnage de mon roman qu'elle aimait bien, et je me suis mis à lui faire des déclarations d'amour en son nom. Je lui disais que ce personnage aurait pu tomber amoureux d'elle, qu'il l'aurait trouvée charmante, ces sortes de choses, sans pour autant parler à la première personne. Jamais il ne me serait venu à l'idée de séduire la femme de mon meilleur ami, d'autant qu'elle n'était pas mon genre, et que je ne me serais jamais imaginé vivre en couple. J'étais un célibataire endurci, et je tenais à le rester. Mais elle était le genre de mon personnage de roman. Nous avons fait quelques "algues" (une espèce de taichi à deux, assis par terre), et j'ai été assez surpris de constater que contrairement à ce que m'avait dit son ami, elle avait un corps très agréable (il la pensait toute rigide). Bref, quand j'ai vu que sa dépression semblait passée, je l'ai remise dans les bras de son chéri en leur recommandant de faire eux-mêmes des algues et plus si affinités, et je suis rentré chez moi, la conscience tranquille. Je les voyais déjà réconciliés (il faut dire qu'entre eux, ça n'allait pas fort). Le lendemain, je découvre un poème d'amour sur le blog de L*, et j'appelle chez eux tout content : ça avait marché, elle était redevenue amoureuse de son chéri. Mais voilà que le chéri me révèle que ça n'est pas du tout le cas. En effet, le poème était un acrostiche qui contenait le nom de mon personnage de roman. Etait-ce donc de moi qu'elle était amoureuse ? Pas vraiment non plus, semblait-il. C'était de mon personnage de roman.

J'étais perplexe.

Après ça, j'ai continué à aller chez eux, selon notre habitude, mais elle s'est mise à m'inviter un peu plus tôt, histoire de se ménager une heure seule avec moi à chaque fois. J'étais gêné : elle n'était pas mon genre. J'ai fini par le lui dire. Notre affaire est donc tombée en sommeil, parfois elle venait contre moi tandis que nous étions tous les trois sur le canapé à discuter. Mais un soir où son ami était assez fatigué, elle est venue un peu plus contre moi, et là, simplement en me trouvant contre elle à échanger des caresses, j'ai eu l'illumination. Elle avait un corps "d'elfe". Quelque mois plus tôt j'avais décrit dans mon roman des personnages au corps merveilleux, énergétiquement transparent. Pour le reste, je pensais que les être humains étaient définitivement opaques, l'idée ne me serait jamais venue de chercher un elfe au milieu d'eux. Mais voilà qu'il s'en trouvait un dans mes bras ! Je ne pouvais pas le nier, c'était exactement ce que j'avais décrit dans mon roman, et je savais parfaitement ce que c'était, même si cela avait été conçu dans l'imagination.

Troublé, je rentre chez moi et j'écris un post sur les elfes. Evidemment, elle se reconnaît. A partir de là, la situation était claire. Nous n'étions le genre ni de l'un ni de l'autre, mais j'étais prêt à l'aimer comme mon "petit elfe", parce que la seule chose qui m'importait finalement c'était de pouvoir aimer quelqu'un aussi totalement que possible. Et elle-même ne voulait rien d'autre. Mais pendant ce temps, elle était toujours avec son ami. Trois semaines plus tard, j'ai déménagé chez eux (en effet je devais rendre l'appartement, ça tombait bien), et donc nous avons fait ménage à trois. Au début, il semblait que cela puisse fonctionner ainsi. Je dormais dans un petit bureau, elle dormait avec son ami auquel elle était très attachée (ils étaient ensemble depuis 10 ans), et tout allait bien ainsi. Mais il s'est trouvé que petit à petit, les forces d'attraction étant ce qu'elles étaient, la situation a changé, et au bout de trois mois, l'ami a déménagé dans le bureau et moi dans la grande chambre... Entre temps, ils avaient tout de même conçu S*, ce qui était aussi le but (de mon côté, il n'était pas question que j'aie un enfant). En effet, pour moi, L* avait une nature maternelle, et elle ne saurait s'épanouir qu'en tant que mère.

 

Indépendamment des détails matériels qui n'ont pas grand intérêt, quels étaient mes sentiments ? Exactement ceux que j'avais décrit dans mon roman, entre le personnage principal de la saison 7 (à l'époque c'était la saison 7) et une jeune elfe. Pour moi, L* avait l'esprit d'un enfant (malgré ses 36 ans), et je la prenais comme telle. Je n'étais pas vraiment son père, car j'en ai profité moi aussi pour retomber en enfance, mais d'une façon maîtrisée, si je puis dire. Pour moi, elle était l'innocence et la douceur personnifiées, deux attributs divins que je ne me lassais pas de contempler en elle - même s'ils étaient plutôt le résultat d'un développement psychologique resté au stade de l'enfance, mais quelle importance ? J'étais convaincu qu'elle pourrait grandir sans perdre ces deux choses -. Qu'on ne s'imagine pas que je survolais cette affaire tel un aigle. J'étais vraiment très attaché à elle. Quand elle était absente, j'étais dans la terreur qu'il lui arrive quelque chose, et quand elle revenait le soir de ses répétitions j'allais la chercher à l'arrêt de bus. J'avais trop peur qu'elle se fasse enlever sur le chemin ! ça m'est resté longtemps. Lorsque nous avons déménagé un an plus tard, j'avais la terreur qu'elle se fasse renverser par une voiture (il y avait une route assez passante devant la maison), et j'ai mis des mois à l'autoriser à sortir seule (!). Même aujourd'hui, quand elle reste absente trop longtemps, je commence à me demander si elle ne s'est pas fait kidnapper ou renverser avec son vélo... Au début, je me disais que s'il lui arrivait quelque chose, je n'aurais plus qu'à me laisser mourir de chagrin. Aujourd'hui, il y a moins cet attachement, il n'en reste pas moins qu'elle me manquerait parce qu'elle est la seule personne à qui je puisse manifester autant d'amour que j'en ressens, sur tous les plans. Avec elle, je n'ai pas à me limiter.

Mais je reprends mon analyse. Nos relations n'étaient pas celles d'un couple ordinaire, je dis cela en comparaison de ce que je pouvais voir autour de moi, et il était clair pour moi que cela tenait à ma décision initiale. J'avais le choix entre deux voies : faire comme tout le monde, me laisser aller, et je savais que cela tomberait dans la routine au bout de trois mois, ou vivre comme dans mon roman. M'investir des sentiments que j'avais conçus dans mon imaginal, ce qui est une démarche active, à renouveler en permanence. Dès le départ, j'ai pris l'option de lui dire que je l'aimais et de le lui répéter, une chose qu'il ne faut jamais trop dire aux femmes, paraît-il, mais contrairement à beaucoup de femmes, elle a une nature qui aime à la mesure de l'amour qu'on lui porte, et non une nature qui fuit ou qui profite. C'est en ce sens que je dis qu'il est nécessaire de trouver la bonne personne pour pouvoir aimer sans limitations, car il y a beaucoup de femmes qui ont tellement peur d'aimer que plus vous allez leur déclarer votre amour, plus elles vont vous mépriser.

Tout cela n'a pas empêché les scènes de ménage de se multiplier. Pas de mon côté, mais L* a une peur terrible de me perdre, et parfois elle en perd toute raison. Quelque part, c'est compréhensible. Le principe de l'amour imaginal, c'est qu'il est universel dans son essence, même si matériellement, il se vit avec une personne capable de le recevoir, et pas avec cinquante. Je veux dire par là que je n'ai qu'un seul corps physique, et que je ne peux donc pas vivre en couple avec dix personnes. J'en ai choisi une pour être ma femme, et je n'envisage pas d'en changer. Par contre, au niveau spirituel, cet amour n'est aucunement limité et refuse de se limiter. Je veux aimer les gens sans me limiter, aussi loin que cela puisse aller (spirituellement parlant), et c'est évidemment ce qui la chagrine. Pourtant, elle ne voit pas qu'elle ne tiendrait pas autant à moi si je n'étais pas ainsi. Puisque c'est en vertu d'un amour spirituel que je l'ai choisie. C'est celui-là que je lui donne et c'est celui-là qu'elle a accepté. J'aurais pris toute personne en mesure de l'accepter (et capable de tenir une maison), de même que j'aime toute personne qui veut m'aimer. Alors cet amour peut se traduire physiquement (ce qui est le cas avec une seule personne), ou bien rester sur le plan spirituel. Mais il faut se souvenir que le physique est une conséquence du spirituel, et non l'inverse. Et sur ce plan spirituel, chaque amour est unique. En ce sens, j'ai dit à L* qu'il pouvait y avoir des gens que j'aimais plus qu'elle, par certains attributs. C'est comme si chaque âme possédait un certain nombre d'attributs ou de qualités. Je les aime par ces qualités. Pour L* comme je l'ai dit, c'est la douceur et l'innocence, sous un mode qui lui est propre. Mon désir est de l'aimer infiniment par ces attributs. Mais d'autres âmes peuvent présenter d'autres qualités, et mon désir est le même. On peut donc dire que j'aime plus telle âme sous le rapport de la douceur, et plus telle autre sous le rapport de l'intelligence. C'est évidemment la chose inconcevable de son point de vue. En même temps si je n'étais pas ainsi, je ne l'aimerais pas comme je l'aime, et nous aurions juste une relation banale. 

Je dois ajouter que le facteur fondamental qui a fait que cela a pu marcher, c'est précisément que nous n'étions pas le genre l'un de l'autre. Car, "être le genre de", cela signifie tout simplement qu'il y a de puissantes névroses qui sont à la source de l'attirance réciproque. Je n'ai eu aucun coup de foudre, aucune fascination. Mon désir d'aimer, déjà passablement universel, a simplement rencontré une personne qui voulait être aimée, mais avec qui, en dehors de cela, je n'avais à peu près rien en commun. En réalité, il se trouve que nous avons des choses en commun, surtout au plan matériel, ce qui rend les choses faciles au quotidien, mais rien qui ressemblerait à la moindre passion commune - à part celle d'aimer, pour moi, et d'être aimée, pour elle. Cependant je serais injuste de dire qu'elle se contente d'être aimée. C'est simplement que son amour n'est pas très spiritualisé. Elle est telle une femme indienne, qui est sans cesse aux petits soins et fait tout pour me plaire. De mon point de vue, c'est un amour immense, mais comme il n'est pas vraiment conscientisé, il est insuffisant à la remplir, et elle a besoin que je la remplisse. En fait, son amour est d'abord dans son corps, c'est l'instinct du sacrifice maternel, il faudrait qu'il s'élève davantage dans son âme et dans son esprit, afin qu'elle en soit illuminée.

Ce qui est étonnant, c'est que nous sommes vraiment dans la rapport homme/femme tel qu'il est conçu par la tradition : elle apporte son amour matériel, son souci de mon bien-être, elle n'a aucun désir d'indépendance, ne se définissant que par moi et son enfant. De mon côté, je lui voue un amour spirituel, et je lui donne l'assurance dont elle a besoin pour affronter le monde. Je ne "fais" rien ou presque, mais je fournis une protection et un soutien que j'espère indéfectible. Elle peut venir me pleurer dans les bras à toute heure du jour ou de la nuit. Au niveau énergétique, je suis l'élément dense et acéré, elle est l'élément mouvant, instable et doux. Nous nous complétons parfaitement. Mais nous n'aurions jamais pu nous rencontrer si j'avais cherché une personne "selon mes névroses" (les personnes "selon mes névroses" se situant à l'opposé absolu de ce qu'elle est). Bref, pour vivre un amour spirituel, il faut impérativement avoir dépassé ses attirances névrotiques, être capable de repérer la pauvre fille invisible qui se morfond d'amour en silence et qui n'a rien de remarquable ni d'attirant.

Dans cette perspective, c'est à l'homme d'aimer le premier, de prendre la libre décision d'aimer une femme sans y mettre aucune limitation. Ce n'est qu'à ce don gratuit qu'elle pourra répondre par un don équivalent, à mon avis, qui lui indiquera sa voie spirituelle : conscientiser cet amour et remonter à sa source spirituelle.

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Enseignements de Rudi

Fear
We have the capacity in our minds to create that which we are most afraid of; in the same way that we bury some ignorance like a grain of sand inside the shell of an oyster and build around it until we come up with the end product, which in this case is not a pearl.

God
It is finally this consciousness that allows a human being to feel God as the constant energy that is absorbed by all of the chakras, filling him with sweetness and joy. Not feeling happy is only the result of not being in tune with this force and not having the consciousness to contain it. For whatever reason we fail in holding onto energy, we must look to ourselves. We cannot blame anybody or anything. It is only our lack of capacity to hold that which is given.

Revelations

In all teachings, the temptations that appear during the revelation period are those things we identify with, that take away the energy or content from the experience. It is the courage to put the bottom on the void, so that the incoming energy is not lost during any experience, that is required. This enables a person to grow endlessly, by surrendering content as fast as it manifests itself.

Seekers
It is a remarkable event when somebody presents a situation that exposes their real need. It is rare when even half the truth is given. Usually a situation is distorted beyond recognition. It is as if somebody is saying to me that if I can dig out the real situation, maybe they will allow me to help them. When a situation occasionally is presented in all its nakedness, it is only because the person is defenseless at a particular moment. As soon as they have one stitch to put on their back, they again retreat into themselves, distorting what they said and what they think you said. The ability to hear and see is rare in this world. It only exists in somebody who truly wishes to grow. This has not, unfortunately, been the attitude of most seekers. So few succeed in reaching their goal that it is safe to assume that there are few who honestly pursue a spiritual life, and even then, very few teachers who cater to anything that brings the realism that allows for enlightenment.

Spirituality

Spirituality is not about being where you think you should be. It is not about being where you want to be. Spirituality is about being on the highest point of an ascending energy that keeps growing and growing.
As this energy grows, it completely destroys every level of truth as you live it. This does not mean the truth that has been destroyed was not real. It was real for the level on which you existed before. With students, I am not interested in how long they are with me; I am just interested in one thing: whether or not they are strong enough to break up the horizontal level and continue growing. For myself, I do not want to limit myself by what I was. I do not think, "I did all this work to get to here." That is baloney. That is making a drama of your life and trying to build an image for yourself. The point is to keep growing. It is to have the courage to keep growing, even if it pulls apart the structure of your life. Then it is freeing you. There is nothing wrong with pulling apart the structure. What is wrong is to build yourself into a coffin and then stay there and try to justify it. Either you are working to live on a higher level all the time and to have a rebirth all the time, or you are trying to find justification for staying the way you are.
The whole point of what we do is to destroy matter, which is this horizontal plane we sit on: the earth. It is to translate this physical and material matter into spiritual force. This is our work.

Surrender
You sit down. Inside you, what is going on? You want to be right. "I'm a nice guy, how could this person do this to do me? How could someone take advantage of me in the business world," or "How can somebody not love me? Don't they understand what I did?" Inside you, these muscles close up; they are protecting you. They are protecting your ego, protecting the image you have of yourself. You sit down to take your breath, and you find that something has robbed you of your heart. What robbed you of your heart ? The need to be right. These muscles do not want to open. They would rather you were safe and secure behind the wall than outside the wall.
Surrendering is opening all the muscles. This is the real test of your surrender in a situation. Can you breathe ? Does the throat open to receive the energy ? Are you free to receive this energy and open and see what your condition really is ? If you find out you are constricted in your heart, you have a pain in your back, or you can't get the air down, what does it mean? It means you are closed. What closed you? It does not matter what closed you, you do not have to find the rational reason, you just have to open. You sit and work, and you breathe. I do not have that problem anymore, but I used to sit and take that breath six hundred times in one day, sometimes, to begin to feel a little crevice start to open. If you are closed, you are dead. You can't be right if you are closed. Can a closed person know what he or she did or did not do ? So, if you find that you are closed, you have to drop the whole issue of whether the other person is or is not right.


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