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Piano et entraînement de l'esprit
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12 décembre 2012

L'action juste

Hier, je relisais des Entretiens de Mère (1929) et j'étais étonnée de la naïveté du propos :

Comment savoir, me demanderez-vous, si c'est la volonté divine qui nous fait agir ? La volonté du Divin n'est pas difficile à distinguer. On ne peut s'y tromper. Il n'est pas nécessaire d'être très loin sur le sentier pour pouvoir la connaître. Mais pour cela, il faut écouter sa voix, la petite voix tranquille et paisible qui parle dans le silence de votre coeur.
Quand vous avez pris l'habitude d'écouter, si vous faites quoi que ce soit de contraire à la volonté divine, vous éprouvez immédiatement un malaise; si, en dépit de cela, vous persistez dans la mauvaise voie, un grand trouble s'empare de vous. Vous pourrez cependant donner quelque excuse matérielle à ce trouble, et continuer sur cette route. Alors graduellement, vous perdrez la faculté de perception, et finalement vous pourrez faire toutes sortes de mauvaises actions sans ressentir aucun avertissement. Mais si, au contraire, dès que vous éprouvez le moindre malaise, vous vous arrêtez et vous questionnez votre être intérieur : "Quelle est la cause de ceci ? " vous recevrez la vraie réponse et la chose deviendra tout à fait claire. Quand vous ressentez une petite dépression ou un léger malaise, n'essayez pas de leur donner une explication matérielle. Et lorsque vous vous arrêtez pour chercher la raison de ce qui se passe, soyez absolument droit et sincère. Tout d'abord, votre pensée construira quelque explication plausible et favorable. Ne l'acceptez pas, mais regardez au-delà et demandez-vous : "Qu'y a-t-il derrière ce mouvement ? Pourquoi ai-je fait ceci ? " A la fin, vous découvrirez, caché dans un coin, le faux-pli - une légère déviation ou déformation de votre attitude - qui est la cause du trouble.

30 ans plus tard, son appréciation a changé :

Notre sentiment habituel de ce qui est anti-divin semble artificiel, semble basé sur quelque chose qui n’est pas vrai, pas vivant (d’ailleurs, ce que nous appelons la vie ici, ne me paraissait pas vivant par rapport à ce monde), en tout cas, ce sentiment devrait être basé sur notre relation entre les deux mondes et selon que les choses rendent cette relation plus facile ou plus difficile. Ceci rendrait alors toute différente notre appréciation de ce qui nous rapproche du Divin ou de ce qui nous en sépare. Chez les gens aussi, j’ai vu que ce qui les aide à devenir supramental, ou les en empêche, est très différent de ce qu’imaginent nos notions morales habituelles. J’ai senti combien nous sommes... ridicules. (3 fev 1958)

L'expérience montre assez que ce qu'elle appelle la "petite voix" et beaucoup de gens avec elle, c'est ce que les psychologues appellent le "surmoi". Si l'on observe bien, l'aise que l'on ressent à lui obéir n'est pas moins louche que le malaise qu'on ressent à lui désobéir. C'est l'aise de quelqu'un qui est tout à fait sûr d'être dans son bon droit, d'être une personne bien qui fait la bonne chose, et on voit très vite où ça va mener si on lui laisse la bride sur le cou.

De fait, je me suis retrouvée pendant des années dans des situations où il n'y avait aucun bon choix possible. Soit je ne donne pas d'argent au clochard et je m'en veux, soit je lui en donne et je m'en veux d'une manière vraiment très semblable, car en réalité je déteste avoir le sentiment d'avoir fait une chose "bien", tout autant que je déteste celui de ne pas l'avoir faite. Dans les deux cas, c'est l'ego qui parle, et on se sent mal quoi qu'il arrive. Pour quelqu'un qui se trouve en semblable situation, il n'existe aucune action juste. La seule solution consiste à purifier son corps subtil et à apprendre à se tenir dans l'amour divin, qui n'a rien à voir avec les bonnes et les mauvaises actions.

Pour Nisargadatta, le critère de l'action juste, c'est qu'elle est nécessaire. Il n'y a ni bien ni mal, juste nécessaire ou superflu. Par exemple un oeuf n'a pas éclos à la bonne date, il va bien falloir l'ouvrir pour savoir ce qui se passe. C'est très désagréable, mais au cas où il y aurait un poussin vivant à l'intérieur qu'il serait encore temps de sauver, on n'a pas trop le choix. Ici, on se rend compte que la "petite voix" ne sait rien du tout, car tantôt elle dit de regarder dans l'oeuf car si le poussin est vivant il peut mourir si on attend trop, tantôt elle dit d'attendre car on ne sait jamais il est peut-être trop tôt... Bref, quand on ne sait pas, il n'y a plus de petite voix qui tienne, ce qui indique assez bien à mon avis d'où elle vient. Et comme, plus on progresse dans la pratique, moins on sait de choses en réalité (en revanche on sait que pour en avoir le coeur net il va falloir entreprendre une action), on finit par ne plus faire que des expériences, et ne plus avoir aucune "voix" qui nous parle. On peut dire tantôt un mensonge tantôt une vérité, être aimable ou désagréable, parler ou se taire... pour au final s'apercevoir que de toutes façons c'est toujours la même confusion qui règne dans la mesure où on a précisément affaire à des gens qui sont pris dans la dualité et qui entendent des voix (celles dont on s'est débarrassé). Par contre on apprend des choses intéressantes : que rien ne saurait valoir de preuve pour celui qui ne veut rien voir. Un peu comme un joueur qui plus il perdrait d'argent, plus se dirait qu'il a de signes qu'il va gagner une fortune.

Dans la pratique c'est pareil. Au lieu de faire ce qu'on "croit" être bon pour nous, vient un moment où on fait ce qui est nécessaire, ou encore ce qui apparaît comme la seule chose possible. Il n'y a pas de jugement qui dit qu'il faudrait faire telle chose parce que d'autres ont dit que c'est bien ou que c'est une pratique très efficace, ou parce qu'un ami a réussi avec. On le fait parce que c'est ce qu'on veut faire, pas l'ego, mais la Conscience. On s'aperçoit d'ailleurs que ça ne ressemble à rien de connu, ni à rien de ce qu'on imaginait, ni à rien de ce qu'on a cru voir écrit dans les livres, et cela détruit encore plus tout ce que l'on pensait savoir intellectuellement sur tous ces sujets, mais en même temps il vient une connaissance réelle. Comme le disait Nisargadatta : tout ce que l'on apprend sur soi est réel et n'a besoin de l'assentiment de personne.

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Enseignements de Rudi

Fear
We have the capacity in our minds to create that which we are most afraid of; in the same way that we bury some ignorance like a grain of sand inside the shell of an oyster and build around it until we come up with the end product, which in this case is not a pearl.

God
It is finally this consciousness that allows a human being to feel God as the constant energy that is absorbed by all of the chakras, filling him with sweetness and joy. Not feeling happy is only the result of not being in tune with this force and not having the consciousness to contain it. For whatever reason we fail in holding onto energy, we must look to ourselves. We cannot blame anybody or anything. It is only our lack of capacity to hold that which is given.

Revelations

In all teachings, the temptations that appear during the revelation period are those things we identify with, that take away the energy or content from the experience. It is the courage to put the bottom on the void, so that the incoming energy is not lost during any experience, that is required. This enables a person to grow endlessly, by surrendering content as fast as it manifests itself.

Seekers
It is a remarkable event when somebody presents a situation that exposes their real need. It is rare when even half the truth is given. Usually a situation is distorted beyond recognition. It is as if somebody is saying to me that if I can dig out the real situation, maybe they will allow me to help them. When a situation occasionally is presented in all its nakedness, it is only because the person is defenseless at a particular moment. As soon as they have one stitch to put on their back, they again retreat into themselves, distorting what they said and what they think you said. The ability to hear and see is rare in this world. It only exists in somebody who truly wishes to grow. This has not, unfortunately, been the attitude of most seekers. So few succeed in reaching their goal that it is safe to assume that there are few who honestly pursue a spiritual life, and even then, very few teachers who cater to anything that brings the realism that allows for enlightenment.

Spirituality

Spirituality is not about being where you think you should be. It is not about being where you want to be. Spirituality is about being on the highest point of an ascending energy that keeps growing and growing.
As this energy grows, it completely destroys every level of truth as you live it. This does not mean the truth that has been destroyed was not real. It was real for the level on which you existed before. With students, I am not interested in how long they are with me; I am just interested in one thing: whether or not they are strong enough to break up the horizontal level and continue growing. For myself, I do not want to limit myself by what I was. I do not think, "I did all this work to get to here." That is baloney. That is making a drama of your life and trying to build an image for yourself. The point is to keep growing. It is to have the courage to keep growing, even if it pulls apart the structure of your life. Then it is freeing you. There is nothing wrong with pulling apart the structure. What is wrong is to build yourself into a coffin and then stay there and try to justify it. Either you are working to live on a higher level all the time and to have a rebirth all the time, or you are trying to find justification for staying the way you are.
The whole point of what we do is to destroy matter, which is this horizontal plane we sit on: the earth. It is to translate this physical and material matter into spiritual force. This is our work.

Surrender
You sit down. Inside you, what is going on? You want to be right. "I'm a nice guy, how could this person do this to do me? How could someone take advantage of me in the business world," or "How can somebody not love me? Don't they understand what I did?" Inside you, these muscles close up; they are protecting you. They are protecting your ego, protecting the image you have of yourself. You sit down to take your breath, and you find that something has robbed you of your heart. What robbed you of your heart ? The need to be right. These muscles do not want to open. They would rather you were safe and secure behind the wall than outside the wall.
Surrendering is opening all the muscles. This is the real test of your surrender in a situation. Can you breathe ? Does the throat open to receive the energy ? Are you free to receive this energy and open and see what your condition really is ? If you find out you are constricted in your heart, you have a pain in your back, or you can't get the air down, what does it mean? It means you are closed. What closed you? It does not matter what closed you, you do not have to find the rational reason, you just have to open. You sit and work, and you breathe. I do not have that problem anymore, but I used to sit and take that breath six hundred times in one day, sometimes, to begin to feel a little crevice start to open. If you are closed, you are dead. You can't be right if you are closed. Can a closed person know what he or she did or did not do ? So, if you find that you are closed, you have to drop the whole issue of whether the other person is or is not right.


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