Livre : et que rien ne te fasse peur
Je suis en train de lire ce livre, l'histoire d'une princesse tibétaine restée 20 ans dans les prisons chinoises. Ça m'est resté en tête toute la nuit dernière, en fait je me demande ce que c'est le sens de tout ça.
Là on a une brave fille, de bonne naissance, pleine de qualités, avec une rare sensibilité (c'est vraiment bien écrit). Au début on se dit " elle est un bon réceptacle pour les enseignements, ça va marcher", et pourtant elle n'apprend jamais ce qui lui serait nécessaire plus tard. Même si son maître est de ceux qui partent en corps d'arc-en-ciel, il ne lui donne pas ce qu'il lui aurait fallu. Plus tard, elle n'est pas capable de tirer parti de son séjour en prison, elle n'a pas les pratiques nécessaires. Elle dit elle-même qu'elle ne s'est jamais débarrassée de la colère. Quant à son séjour dans le noir de 9 mois qu'en a-t-elle fait ? Rien. Et elle a beau prier Guru Rinpoche, que fait-il pour elle ? Rien.
C'est ça le problème de la prière, les bouddhas ne nous voient pas, si on ne sait pas les rejoindre là où ils sont, se rendre visibles, ils ne peuvent rien pour nous. Alors tant que tout va bien, ça va, mais les prisons chinoises, c'est pas avec des petites prières, du bon coeur et de la bonne volonté qu'on en vient à bout. Se dire que la nature de l'esprit est clarté et vacuité et que tout est impermanent, c'est bon quand on est dans un salon de thé et que notre plus grave préoccupation, c'est de savoir si la gosse va à la danse demain. Mais l'existence humaine, c'est rarement comme ça d'un bout à l'autre. Et quand ça n'est pas comme ça, on se retrouve vraiment con, parce qu'on ne sait plus quoi faire. On subit, en priant pour que l'impermanence change rapidement les choses, sauf qu'à l'échelle d'une vie humaine, il y a des misères qui peuvent durer toute la vie.
Alors on se demande à quoi ça sert toutes ces existences dont les gens ne peuvent pas tirer parti parce que ça leur est impossible. Et ça n'est pas de leur faute. Ils ont une dévotion incroyable pour leurs chefs spirituels, et à quoi ça leur sert ? Moi je ne comprends pas ce que c'est que cette humanité qui ne sait par s'organiser pour se sortir des problèmes. Et quand la fille rencontre le Dalaï-Lama 20 ans plus tard et qu'il lui signifie son respect, elle écrit "Je n'aurai pas souffert pour rien". Ah bon. Comme si ça changeait quelque chose. Cette naïveté c'est beau en un sens, mais ça n'aide pas à sortir du samsara, et c'est bien le problème. Et puis les autres en profitent. Les lamas semblent considérer que tous ces braves gens ne méritent pas les enseignements réellement efficaces qui leur permettraient de faire face à l'adversité, un point c'est tout. Alors les Occidentaux...
Finalement, la façon dont ils traitent leur propre peuple devrait nous servir de leçon, mais même pas. A quoi ça sert de faire des grands sourire si c'est pour enseigner du vent ? Elle est où la compassion là-dedans ?
Tout à l'heure je regardais le discours du 17è Karmapa invité du TedX. Du vent, rien que du vent. "J'aime ma mère, j'aime ma famille, il faut aimer les gens, vous êtes des gens merveilleux, comme c'est beau...". Zéro contenu. On dirait Macron en plus intelligent, ni à droite ni à gauche on rassemble tout le monde c'est la fête.

















