Une nouvelle idée : la critique de livres non lus
Quoi ? Comment ? Mais c'est scandaleux ? Enfin ça dépend du livre, et de l'auteur. Pour celui-là (Guru drinks Bourbon), je crois savoir ce qu'il y a dedans, surtout après avoir lu le début, parce que je connais assez bien cet auteur et ses prises de position. Par exemple, dans l'affaire Sogyal, en gros, il a pris la défense de Sogyal et a dit que c'était de la faute des disciples qui n'étaient pas faits pour le Vajrayana finalement. C'est malhonnête. Si on y va par là, personne n'est fait pour le Vajrayana actuellement, et en plus il oublie de dire que c'est le maître qui choisit le disciple et non l'inverse. Un maître qui se laisserait choisir est un voleur, pour commencer, et il est évident que la relation n'aboutira à rien de bon. Mais le responsable, c'est bien le maître, qui veut le beurre et l'argent du beurre. Donc l'opinion de Dzongsar, on la connaît. Si le maître vous jette par la fenêtre, c'est pour votre bien. Il oublie juste de dire que de ces maîtres-là, il n'y en a plus.
Quant à une relation plus classique entre maître et disciple, qui n'irait pas disons jusqu'à se faire jeter par une fenêtre, je suis absolument certain qu'il oublie le point principal, parce que ce point n'est absolument jamais abordé dans ce qu'il dit : si le disciple n'a pas déjà un bon fonctionnement de tummo, tout ça ne sert à rien. Et où est-ce qu'on trouve des gens comme ça aujourd'hui ? En toute logique, c'est aux gourous de les former, et ils ne les forment pas.
Alors qu'est-ce que ça veut dire, ce que je suis en train de raconter là ? Je peux prendre mon propre exemple. Il y a 10 ans, quand j'étais chez Chepadorje Rinpoche, il perturbait parfois un peu les gens. Pas beaucoup non plus, mais un petit peu. Et qu'est-ce que ça donnait ? Rien. Un jour comme ça il m'avait bien perturbé, avec une photo de lui que je n'aurais pas dû mettre sur un internet. Dans le fond il avait raison. Mais le reconnaître, qu'est-ce que ça a changé pour moi ? Rien. Je me suis senti merdeux, au bout d'1h j'ai mis ce sentiment sous le tapis puisqu'il n'y avait rien à en retirer et voilà. Une personne ordinaire ne peut pas faire face à ses émotions quoi qu'il en soit. Pas de manière correcte. Alors pour commencer, elle les refoule, après avoir jeté un vague coup d'oeil dessus. J'ai eu raison de le faire et je conseillerais et tout le monde de faire la même chose - mais pas besoin de ce genre de conseils, les gens ne sont pas fous. J'ai eu ami qui s'est fait jeter par un Père spirituel il y a 2 ans, bon ben il en a pris son parti et il est allé voir ailleurs. Pour affronter le genre de sentiment que ça évoquerait réellement si on le pouvait, il faut avoir la santé.
Perturber les disciples ou non, le résultat est le même. En fait, il est pire de les perturber, parce qu'ils sont incapable de rien faire de bon avec leurs émotions, alors moins ils en ont, mieux ils se portent. C'est pour ça que le bouquin de Dzongsar, certainement écrit pour se justifier lui-même de les perturber (il y a un reportage intéressant sur la question, mais la version complète a disparu de youtube), c'est une fumisterie. On voit que les pauvres disciples, ils sont complètement paumés, ils essaient de comprendre et n'y arrivent pas. Ils ont le corps énergétique du jeune de la Poste. Qu'est-ce que tu veux faire avec ça ? Déjà il y a 5 ans de yogas à faire. Alors moi, je veux bien croire que le paysan d'à-côté soit tellement con qu'il ne sait pas le poison qu'il déverse dans son champ et qui l'empoisonne en premier. Mais je refuse que croire que Dzongsar prenne ses disciples pour des gens qualifiés. Il s'amuse, et il le sait, mais ne le dit pas. En même temps c'est tout ce qu'il lui reste à faire si vraiment il veut gagner sa vie de cette manière, parce que des disciples comme ça, il n'y a rien de plus chiant.
Bref, alors comment ça serait censé se passer si ça marchait ? Avec tummo, on essaie de faire naître le feu intérieur, le seul truc capable de brûler le karma parmi tout ce qui existe. Mais tout seul dans son coin, c'est difficile. Enfin, il faut commencer tout seul, établir le circuit correctement. Et puis ensuite, c'est le rôle du maître de nous perturber un peu. Pas besoin d'en faire des cent et des mille. Un seul mot, et vous avez le tummo qui s'allume pendant des jours. Ça fait un genre de fièvre et c'est affreusement pénible, parce qu'il y a des montagnes de karma qui sortent là, c'est un feu qui fait une sacrée fumée. Mais l'un dans l'autre, on s'en félicite, parce qu'on sait ce qui est en train de s'en aller, et puis ensuite on en a la preuve. Alors on se souhaite bien de rencontrer quelqu'un comme ça. Donc quand un maître fait une réprimande à un disciple, si c'est un mauvais disciple, il la prend bien en la mettant sous le tapis, et il revient le lendemain se prendre un autre baffe, qu'il prendra tout aussi bien. En s'imaginant qu'il est un bon disciple parce qu'il maîtrise son esprit. Mais le vrai bon, il tombe malade et il meurt, après quoi il renaît de ses cendres.
















