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Piano et entraînement de l'esprit
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5 novembre 2017

Affronter nos enfers (Nouvelles Lettres de la Planète Terre)

Mon Père,

après avoir testé la méditation que vous m'avez indiquée, celle consistant à ignorer toutes les consolations d'une prière tournée vers le Christ, sa Sainte Mère et tous les saints, pour me tenir en enfer - celui de toutes mes perceptions contaminées et de l'absence de Dieu -, me voilà bien troublé par une conversation avec le Père Jacob, qui m'a dit que je me jetais sur une pente dangereuse, car notre seul salut réside dans la prière à notre Seigneur. Je lui ai rappelé la parole du Père Sophrony :"Tiens ton âme en enfer et ne désespère pas", mais il n'en a pas démordu. Aurais-je mal compris quelque chose ?

Mon cher ami,

Puisqu'il n'a pas plu à Dieu que la Sainte Montagne fût épargnée par la confusion et l'ignorance, je me vois dans l'obligation de vous rappeler ce qu'ont dit les saints Pères sur le sujet qui nous concerne. "Vous attendiez une parole de lumière qui n'est pas venue. Ou si elle est venue, vous ne l'avez pas trouvée. Et moi qui suis obligé de vous répondre : ce n'est pas dans la lumière d'une parole qu'il faut chercher la lumière. La lumière d'une parole c'est encore du créé, de l’éphémère, du néant. Si nous nous y attachons nous restons en route, nous n'atteindrons jamais le terme. Voilà pourquoi Dieu fait aux âmes qu'il aime la grâce de la leur refuser. Il les laisse dans la nuit. Et c'est la nuit qui devient la lumière : Et nox iluminatio mea in deliciis meis. La vraie lumière brille dans les ténèbres". Dom Augustin Guillerand Silence Cartusien.
Un texte qui tout naturellement nous ramène à Saint Jean de la Croix, concernant la nuit obscure. Et que nous dit-il ? Que nous devons libérer notre mémoire de toutes choses créées, naturelles ou surnaturelles, afin qu'elle puisse s'unir à Dieu. En même temps, il ne prétend pas que la prière faisant appel à une image de notre Seigneur soit mauvaise, mais je crois que nous devons appeler les choses par leur nom : ce sont des consolations. Plus généralement, je crois que l'on peut définir la consolation comme toute opération de la faculté imaginale qui fera apparaître des êtres surnaturels ou seulement aimables, dont on pourra noter que l'évocation est effectivement fort consolante. Vous aurez malheureusement noté que toutes ces consolations, pour douces qu'elles soient, ne font pas disparaître nos champs de bataille couverts de cadavres et nos caves pleines de monstres. En effet, ces consolations nous transportent dans un autre univers, un peu comme un palais magique qui serait construit au milieu d'une jungle obscure et qui n'empêche pas cette jungle de continuer à exister.

Ce qui signifie que le jour où nous nous sentirons assez forts, nous devrons aller affronter nos propres enfers, ceux que nous avons engendrés par notre refus de Dieu, et maintenus par notre fuite. Munis de la lumière divine certes, mais non d'images consolantes. Car vous avez vu finalement qu'il était possible de percevoir l'enfer dans l'église, pendant la Divine Liturgie. Si une telle chose est possible, c'est qu'aucune de vos prières n'a atteint le lieu où vous avez conçu l'enfer. Mais comme je l'ai dit, vous devrez être muni de la lumière divine, sous peine de vous y perdre. Et sous quelle forme, puisqu'il vous est interdit d'évoquer une quelconque image ? Sous la forme de l'être que vos prières auront engendré en vous. C'est avec ce corps qu'il faudra vous rendre dans ces lieux obscurs, non pas avec le vieil homme mais avec cet enfançon de nouvel homme, qui seul est capable d'aimer authentiquement. S'il a acquis du moins un développement suffisant.
C'est ici que l'espérance, deuxième vertu théologale, prend tout son sens. Renonçant à invoquer des images de Dieu qui ne peuvent être que fausses, nous nous tenons dans l'obscurité éclairés d'une lumière surnaturelle qui, pour autant qu'elle nous dévoile l'horreur de notre situation, nous permet d'embrasser les crapauds, qui se révèlent alors dans leur nature primordiale de princes charmants. N'oubliez pas de prier pour le crapaud du Père Jacob que votre esprit aura peut-être conçu suite à cet entretien.  
Avec tout mon amour en Christ.

 

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Commentaires
D
Le Général, ce sont les pêchés et la tentation ?
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J
Peut-être aussi, ce qui m'intéresse le plus n'est pas de comptabiliser les fruits ou les décrire (je crois qu'il y a d'autres moyens d'être "généreux" je crois), mais de continuer à avancer. Et ce que j'entends par avancer, c'est m'oublier moi-même, encore et encore. D'où certainement un certain rebut, voire une méfiance quant à partager des expériences "personnelles" qui ne sont intéressantes que pour les fruits temporaires qu'elles produisent, et auxquelles je n'ai aucunement envie de m'accrocher (ce qui arrive déjà bien assez).<br /> <br /> <br /> <br /> Et si je devais par exemple dire ce qui me porte, ça pourrait être ça. Je te dis, je suis (ou je rêve d'être) simplet. ;-)<br /> <br /> <br /> <br /> "Blessed are the poor in spirit. He is a poor man who knows nothing. We have sometimes said that a man should live as if he did not live either for himself, or for truth, or for God. But now we will speak differently and go further, and say: For a man to possess this poverty he must live so that he is unaware that he does not live for himself, or for truth, or for God. He must be so lacking in all knowledge that he neither knows nor recognizes nor feels that God lives in him: more still, he must be free of all the understanding that lives in him. For when that man stood in the eternal being of God nothing else lived in him: what lived there was himself. Therefore we declare that a man should be as free from his own knowledge as he was when he was not. That man should let God work as He will, and himself stand idle." - Meister Eckhart<br /> <br /> <br /> <br /> "The masters say God is a being, an intellectual being that knows all things. But we say God is not a being and not intellectual and does not know this or that. Thus God is free of all things, and so He is all things. To be poor in spirit, a man must be poor of all his own knowledge: not knowing any thing, not God, nor creature nor himself. For this it is needful that a man should desire to know and understand nothing of the works of God. In this way a man can be poor of his own knowledge." - Meister Eckhart
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J
Je crois que je comprends tout à fait ton commentaire. Idem pour moi, et ça emmerde souvent mes relations d'ailleurs, à qui je demande plus que souvent des précisions sur ce qu'ils entendent quand ils disent ceci ou cela, et souvent même des choses ultra simples (ton "je suis triste" par exemple), parce que comme toi, beaucoup de cette naïveté des fausses "rencontres" est tombé.<br /> <br /> <br /> <br /> Je pense que c'est souvent ce que j'essaye de faire en te lisant, puisque ton chemin, ton véhicule plutôt, n'est pas le mien (en gros), de te lire et t'entendre de manière analogique. De voir là où ça résonne, sans me préoccuper trop des formes, concepts, signes, etc., et bien sûr en essayant de ne pas tomber dans le piège de l'interprétation facile ou ultra-projetée (la "fausse télépathie"). Et je vois bien que ces cartes se superposent dans ce qu'elles sous-tendent (évidemment) à plein d'endroits.<br /> <br /> <br /> <br /> Par exemple, quand tu parles, de manière globale, ou ici et là dans tes post, de raffinement nécessaire à plein de niveaux de la vie, je sais que je comprends de quoi tu parles. Peut-être pas avec une totale précision (même à ce niveau précis, les implications sont forcément un peu différentes pour toi et moi), mais en tous cas je peux pas "partager" ça avec grand monde.<br /> <br /> <br /> <br /> Ou quand tu parles de la création de ce nouveau corps, qui semble pour toi absolument lié à des choses extrêmement précises dans ton expérience, et que cette modalité m'est assez étrangère, je sais aussi que ça me parle complètement, et qu'on parle (au moins en gros, voire plus) de la même chose. D'ailleurs j'y pense de temps en temps, et je trouve des ponts, des translations possibles.<br /> <br /> <br /> <br /> Je viens de voir ton deuxième commentaire. Alors c'est marrant, parce que j'ai le sentiment d'arriver à me connecter à "toi" (disons à des énergies compréhensives par exemple, ou des lumières sous-jacentes aux descriptions de tes aventures), et tu dis que de l'autre coté, c'est "néant". Je crois effectivement que c'est sur ça qu'on bute. Et c'est ça aussi qui me rend perplexe, parce qu'ici, il me parait évident qu'il y a de la substance dans des commentaires comme ceux que j'ai écrits sur la traversée des "enfers". Et je te vois bien essayer de créer cette connexion, ne pas y arriver, m'inviter à expliquer/préciser plus, et moi demeurer perplexe au pourquoi ça ne te parle pas.<br /> <br /> <br /> <br /> Alors pourquoi ? Franchement, je n'en ai aucune idée. Peut-être qu'il y a beaucoup moins de substance dans ce que je partage que je ne l'imagine, ou que c'est tellement du pipi de chat pour toi que ça passe totalement inaperçu ? Et/ou peut-être que c'est aussi ta modalité de fonctionnement, ta modalité de te connecter, qui empêche ou refuse cette connexion ? Peut-être quelque chose empêche (pour le meilleur) de nous connecter ?<br /> <br /> <br /> <br /> Quand je partageais sur les crapauds, c'est vraiment me semble t-il l'essence, le substrat de mes expériences que je partage. Alors bien sûr, je pourrais écrire un roman, décrire foison d'expériences "personnelles" (ce que j'ai déjà fait par bouts avec toi sur Facebook, mais ça n'a pas aidé semble t-il), mais je ne vois pas bien l'intérêt de ça, ou plutôt ce que ça pourrait apporter de plus. En tous cas, c'est comme ça que c'est senti ici, pour le moment, et dans les conditions de ce blog.<br /> <br /> <br /> <br /> Et je n'ai franchement pas l'impression de chercher à entretenir un flou à dessein, pour masquer quoi que ce soit (mais je reste ouvert).<br /> <br /> <br /> <br /> Par exemple, si je dis: "Il y a 2 semaines, j'étais dans un état terrible de frustration, voire de colère, donc vraiment douloureuse, déclenchée dans/par une situation de travail pour un projet humaniste avec un groupe de personnes, je me suis allongé, et dans cet abandon décrit dans les commentaires précédents, cette intensité énergétique s'est transformée en absolue tendresse d'un seul coup, avec une même intensité, et la vierge Marie est apparue (moi qui ne suis pas "Chrétien") et m'a parlé pour me conforter et me guider sur la façon de continuer de mener ce projet. Ça m'a permis aussi de de comprendre encore un peu plus que la douleur, contrairement à ce que le mental conditionné imagine, n'est pas du tout lié à l'intensité énergétique elle-même, ce que crois pourtant le corps/mental qui cherche donc à se débarrasser de l'intensité pour retrouver ce qu'il pense être la "paix", mais d'une interprétation tordue/duelle/conditionnée de l'intensité. En réalité, l'intensité elle-même, peut importe qu'elle soit interprétée comme bonne/mauvaise, agréable/désagréable, appréciable/douloureuse, n'empêche jamais la paix de l'état naturel. Parce que tout est une forme de Dieu et de l'Amour."... est-ce que ça change quelque chose pour toi ?<br /> <br /> <br /> <br /> Tiens, un 3ème commentaire. Non, non, je ne te reproche rien du tout. Tiens, pour être aussi plus précis, malgré les "lumières" et l'évidente (très rare) vraie volonté qui t'anime de progresser et que je trouve remarquable, il y a aussi tout une part que je ressens de toi à laquelle pour moi c'est aussi "néant", une part dans l'ombre disons, que je n'arrive pas à détecter, et qui intuitivement me pousse à penser qu'elle t'empêche. Et c'est vrai, ça m'intrigue.
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D
Et puis donc, y a-t-il meilleur moyen de se connecter à la part spirituelle d'une personne que de lui demander de la décrire ? Parce que donc, c'est ce que j'ai découvert, c'est susceptible de descriptions très précises, puisque c'est un "corps". Alors ce que tu peux me reprocher maintenant, c'est d'être indiscret (en même temps je ne demande pas de descriptions d'expériences, seulement des descriptions de facultés, ou des signes permettant de distinguer de quoi on parle), "et puis ça ne se fait pas en public" (enfin je te rassure, le "public" ne perçoit pas les facultés qu'il n'a pas, et s'il les perçoit c'est qu'il les a).<br /> <br /> Bref bref...
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D
Pour préciser, je pourrais dire mon ressenti exact. Pour le moment, quand je pense à toi, il y a un grand néant. Rien. Je pourrais dire que ma faculté de représentation se refuse à "interpréter" ce qui est lu, ce qui laisse la place, en principe, à quelque chose de plus vrai (du niveau de l'âme véritable. De fait, je me refuse à me connecter au niveau mental ou vital, donc karmique, de toutes faons les gens ne le souhaitent pas). Par exemple, je peux lire un texte, je pose le livre, et là, parfois, je sens la personne qui a écrit ce livre à l'intérieur de moi (ce qu'elle a de spirituel). Ça se présente toujours comme un élément étranger, ça n'a pas le caractère d'une élaboration personnelle, et c'est indépendant de ma volonté, à savoir que ça s'impose. Je ne vais pas commencer à présumer de ce que c'est, mais disons que ça m'apporte certainement quelque chose.<br /> <br /> On voit tout de suite le défaut de cette qualité : quand j'ai échangé un certain nombre de messages avec une personne et qu'il n'y a toujours "rien", j'essaie de trouver une connexion quelque part. Alors bon, tu vas me dire, on n'est peut-être pas censés se connecter, au regard de nos karmas respectifs. Mais c'est quand même étrange, parce que tu finis toujours par revenir dans le coin, alors je me dis que tu dois bien chercher quelque chose...
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Enseignements de Rudi

Fear
We have the capacity in our minds to create that which we are most afraid of; in the same way that we bury some ignorance like a grain of sand inside the shell of an oyster and build around it until we come up with the end product, which in this case is not a pearl.

God
It is finally this consciousness that allows a human being to feel God as the constant energy that is absorbed by all of the chakras, filling him with sweetness and joy. Not feeling happy is only the result of not being in tune with this force and not having the consciousness to contain it. For whatever reason we fail in holding onto energy, we must look to ourselves. We cannot blame anybody or anything. It is only our lack of capacity to hold that which is given.

Revelations

In all teachings, the temptations that appear during the revelation period are those things we identify with, that take away the energy or content from the experience. It is the courage to put the bottom on the void, so that the incoming energy is not lost during any experience, that is required. This enables a person to grow endlessly, by surrendering content as fast as it manifests itself.

Seekers
It is a remarkable event when somebody presents a situation that exposes their real need. It is rare when even half the truth is given. Usually a situation is distorted beyond recognition. It is as if somebody is saying to me that if I can dig out the real situation, maybe they will allow me to help them. When a situation occasionally is presented in all its nakedness, it is only because the person is defenseless at a particular moment. As soon as they have one stitch to put on their back, they again retreat into themselves, distorting what they said and what they think you said. The ability to hear and see is rare in this world. It only exists in somebody who truly wishes to grow. This has not, unfortunately, been the attitude of most seekers. So few succeed in reaching their goal that it is safe to assume that there are few who honestly pursue a spiritual life, and even then, very few teachers who cater to anything that brings the realism that allows for enlightenment.

Spirituality

Spirituality is not about being where you think you should be. It is not about being where you want to be. Spirituality is about being on the highest point of an ascending energy that keeps growing and growing.
As this energy grows, it completely destroys every level of truth as you live it. This does not mean the truth that has been destroyed was not real. It was real for the level on which you existed before. With students, I am not interested in how long they are with me; I am just interested in one thing: whether or not they are strong enough to break up the horizontal level and continue growing. For myself, I do not want to limit myself by what I was. I do not think, "I did all this work to get to here." That is baloney. That is making a drama of your life and trying to build an image for yourself. The point is to keep growing. It is to have the courage to keep growing, even if it pulls apart the structure of your life. Then it is freeing you. There is nothing wrong with pulling apart the structure. What is wrong is to build yourself into a coffin and then stay there and try to justify it. Either you are working to live on a higher level all the time and to have a rebirth all the time, or you are trying to find justification for staying the way you are.
The whole point of what we do is to destroy matter, which is this horizontal plane we sit on: the earth. It is to translate this physical and material matter into spiritual force. This is our work.

Surrender
You sit down. Inside you, what is going on? You want to be right. "I'm a nice guy, how could this person do this to do me? How could someone take advantage of me in the business world," or "How can somebody not love me? Don't they understand what I did?" Inside you, these muscles close up; they are protecting you. They are protecting your ego, protecting the image you have of yourself. You sit down to take your breath, and you find that something has robbed you of your heart. What robbed you of your heart ? The need to be right. These muscles do not want to open. They would rather you were safe and secure behind the wall than outside the wall.
Surrendering is opening all the muscles. This is the real test of your surrender in a situation. Can you breathe ? Does the throat open to receive the energy ? Are you free to receive this energy and open and see what your condition really is ? If you find out you are constricted in your heart, you have a pain in your back, or you can't get the air down, what does it mean? It means you are closed. What closed you? It does not matter what closed you, you do not have to find the rational reason, you just have to open. You sit and work, and you breathe. I do not have that problem anymore, but I used to sit and take that breath six hundred times in one day, sometimes, to begin to feel a little crevice start to open. If you are closed, you are dead. You can't be right if you are closed. Can a closed person know what he or she did or did not do ? So, if you find that you are closed, you have to drop the whole issue of whether the other person is or is not right.


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