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Piano et entraînement de l'esprit
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15 décembre 2015

S’effacer dans la contemplation de l’autre

La vidéo sur la dépression, des conversations forwardées, d’autres vidéos encore, des séminaires, des articles, des conférences… tout me montre que les Occidentaux sont dans un état absolument catastrophique. Mais tous. Quand je dis catastrophique, ça veut dire avec des dysfonctionnements tellement énormes, que la « spiritualité », il ne saurait même pas en être question, même de loin. Ou s’il en est question, ça donne tout ce petit milieu complètement décalé dont je parlais hier dans un autre article. Y aurais-je échappé ? Point du tout. Quand je relis mes premières saisons de roman, j’en retombe à chaque fois sur le cul : »non mais ce pauvre type, c’est pas possible d’être dans un état si misérable, comment peut-on écrire des choses pareilles ? ». C’est vraiment un document intéressant, et effrayant en même temps. On me parle régulièrement de gens qui ont failli se suicider, je pense que ça me serait arrivé si je n’avais pas pris des mesures drastiques, ça me semble aujourd’hui une évidence. Quand je vois mes anciens amis de la muscu, je me demande d’ailleurs comment ils vont finir. Il y en a qui ont investi toute leur vie là-dedans – comme je l’avais fait à une époque -, maintenant ils approchent de la cinquantaine, sans enfants… qu’est-ce qui va leur rester ? Honnêtement quand je vois à quel point la vie est merdique quand on en est réduit à se chercher des occupations pour combler son vide existentiel, j’aurais fini par me dire que ça ne valait pas la peine. J’aurais trouvé ça trop insupportable de finir comme mes parents. Le drame maintenant, c’est de voir que ce qui est pour moi la définition de l’enfer absolu, c’est ce que d’autres appellent une « bonne » vie. Parce que pour eux, il étaient manifestement tombés dans l’enfer au carré, et que remonter d’un cran, ça leur convient bien – je parle de ceux dont il est question dans la vidéo sur la dépression, le conférencier lui-même, et beaucoup de ses amis, qui en étaient au point de ne plus pouvoir sortir de leur lit -.

On pourrait quand même se demander ce qui fait que les gens vont si mal. Quand je regardais la vidéo sur les gosses qui vont à l’école, je voyais les deux frères malgaches, et je me disais que ces deux-là ne deviendront pas dépressifs. Quand on emmène son petit frère à l’école dans des conditions pareilles, très difficiles, avec des dangers très réels, je crois qu’on en vient à s’aimer très profondément, et que cela crée une structure fondamentalement saine dans l’esprit. Quand on les voit partager la nourriture, faire des brochettes de sauterelles, on a l’impression qu’ils ne forment qu’un seul corps, que l’autre est vu comme une partie de soi. (Ce qui me fait d’ailleurs penser à un test qui avait été fait avec des gosses. Ils ont pris des enfants européens, ont placé une tablette de chocolat ou je ne sais quoi en disant que le premier arrivé gagnait la tablette, donc ils ont couru et le premier arrivé a pris la tablette. Mais avec les enfants africains, ils n’ont pas couru et ils ont partagé la tablette). Ces enfants vont ensuite relationner au monde de cette façon. Contrairement aux enfants Occidentaux qui vont devenir dépressifs parce que dans leur esprit, ils sont seuls, même en ayant frères et soeurs.

 J’ai parlé avec plusieurs personne en leur disant que le secret du bonheur, c’était de cesser de penser à soi, et de ne penser qu’aux autres, mais ils m’ont tous répondu que ça ne marchait pas, et que penser aux autres ne les empêchait pas de penser à eux – jusqu’à ce commentaire qui parle de voir simultanément l’autre et soi-même, ce qui est une absurdité -. De fait, les Occidentaux ont cette attitude tordue, consistant à penser à la fois à soi et aux autres, en pensant que c’est cela, l’empathie ou la compassion ou je ne sais quoi. Tous mes amis ont confessé cette impossibilité de s’effacer soi-même. Il faut donc engendrer la structure qui nous fait défaut à cause de notre éducation, où l’on peut s’oublier complètement dans la contemplation de l’autre, et pas seulement de Dieu. Il peut s’agir d’un hérisson. En se perdant dans le hérisson, on fait descendre en soi la lumière divine qui lui correspond. C’est ainsi que fonctionne le voeu de bodhisattva. En se perdant dans la contemplation de la misère qui nous entoure, on fait descendre toutes les lumières divines nécessaires à la guérison de cette misère. Que cela fonctionne pour l’autre, l’histoire ne le garantit pas. Mais cela fonctionne pour celui qui contemple.

Ceci à mon avis ne peut être engendré qu’à travers la vision du yidam. Nous n’aimons pas assez les autres dans notre vie « réelle » pour nous perdre en eux. Si j’avais dû penser aux autres à partir de mon moi habituel, j’aurais fait comme tout le monde : je me serais regardé en train de penser aux autres, et je me serais dit que j’étais vraiment quelqu’un de très bien. Mais le yidam, lui, entretient une relation d’intériorité réciproque avec sa propre suite. Il est capable de se déverser dans les autres en s’effaçant totalement. Le héros de ma saison 10 recueille des scarabées et se perd dans l’amour qu’il éprouve pour eux, ce qui l’illumine à chaque fois d’une manière différente. Cela devient une telle habitude qu’il devient tout entier les misères du samsara, ce qui le fait devenir tout entier la lumière divine. « La Croix, c’est la Résurrection ». A force de méditer sur un tel être, cela crée une nouvelle structure qui devient naturelle. On se déverse dans ce qu’on contemple, ce qui fait qu’on devient naturellement ce qu’on contemple. On comprend d’ailleurs que c’est cela, la prière. Les gens croient que cela consiste à se poser soi, pauvre misérable, priant un dieu tout puissant qui va nous octroyer je ne sais quoi. Alors qu’en réalité, cela consiste à contempler la lumière divine et à s’y perdre. Tous les soufis le disent. Tant qu’il y a moi et Dieu, il n’y a que moi. Pour qu’il y ait Dieu, il ne peut plus y avoir moi.

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Enseignements de Rudi

Fear
We have the capacity in our minds to create that which we are most afraid of; in the same way that we bury some ignorance like a grain of sand inside the shell of an oyster and build around it until we come up with the end product, which in this case is not a pearl.

God
It is finally this consciousness that allows a human being to feel God as the constant energy that is absorbed by all of the chakras, filling him with sweetness and joy. Not feeling happy is only the result of not being in tune with this force and not having the consciousness to contain it. For whatever reason we fail in holding onto energy, we must look to ourselves. We cannot blame anybody or anything. It is only our lack of capacity to hold that which is given.

Revelations

In all teachings, the temptations that appear during the revelation period are those things we identify with, that take away the energy or content from the experience. It is the courage to put the bottom on the void, so that the incoming energy is not lost during any experience, that is required. This enables a person to grow endlessly, by surrendering content as fast as it manifests itself.

Seekers
It is a remarkable event when somebody presents a situation that exposes their real need. It is rare when even half the truth is given. Usually a situation is distorted beyond recognition. It is as if somebody is saying to me that if I can dig out the real situation, maybe they will allow me to help them. When a situation occasionally is presented in all its nakedness, it is only because the person is defenseless at a particular moment. As soon as they have one stitch to put on their back, they again retreat into themselves, distorting what they said and what they think you said. The ability to hear and see is rare in this world. It only exists in somebody who truly wishes to grow. This has not, unfortunately, been the attitude of most seekers. So few succeed in reaching their goal that it is safe to assume that there are few who honestly pursue a spiritual life, and even then, very few teachers who cater to anything that brings the realism that allows for enlightenment.

Spirituality

Spirituality is not about being where you think you should be. It is not about being where you want to be. Spirituality is about being on the highest point of an ascending energy that keeps growing and growing.
As this energy grows, it completely destroys every level of truth as you live it. This does not mean the truth that has been destroyed was not real. It was real for the level on which you existed before. With students, I am not interested in how long they are with me; I am just interested in one thing: whether or not they are strong enough to break up the horizontal level and continue growing. For myself, I do not want to limit myself by what I was. I do not think, "I did all this work to get to here." That is baloney. That is making a drama of your life and trying to build an image for yourself. The point is to keep growing. It is to have the courage to keep growing, even if it pulls apart the structure of your life. Then it is freeing you. There is nothing wrong with pulling apart the structure. What is wrong is to build yourself into a coffin and then stay there and try to justify it. Either you are working to live on a higher level all the time and to have a rebirth all the time, or you are trying to find justification for staying the way you are.
The whole point of what we do is to destroy matter, which is this horizontal plane we sit on: the earth. It is to translate this physical and material matter into spiritual force. This is our work.

Surrender
You sit down. Inside you, what is going on? You want to be right. "I'm a nice guy, how could this person do this to do me? How could someone take advantage of me in the business world," or "How can somebody not love me? Don't they understand what I did?" Inside you, these muscles close up; they are protecting you. They are protecting your ego, protecting the image you have of yourself. You sit down to take your breath, and you find that something has robbed you of your heart. What robbed you of your heart ? The need to be right. These muscles do not want to open. They would rather you were safe and secure behind the wall than outside the wall.
Surrendering is opening all the muscles. This is the real test of your surrender in a situation. Can you breathe ? Does the throat open to receive the energy ? Are you free to receive this energy and open and see what your condition really is ? If you find out you are constricted in your heart, you have a pain in your back, or you can't get the air down, what does it mean? It means you are closed. What closed you? It does not matter what closed you, you do not have to find the rational reason, you just have to open. You sit and work, and you breathe. I do not have that problem anymore, but I used to sit and take that breath six hundred times in one day, sometimes, to begin to feel a little crevice start to open. If you are closed, you are dead. You can't be right if you are closed. Can a closed person know what he or she did or did not do ? So, if you find that you are closed, you have to drop the whole issue of whether the other person is or is not right.


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