Promethea
John Warsen m’a passé le lien d’une BD assez intéressante : Promethea
Les graphismes sont assez bien, l’histoire se veut « initiatique », de fait le sujet principal c’est le pouvoir de l’imagination, pour ne pas dire l’imaginal. Cependant, j’ai eu le sentiment que bien que l’auteur ait consacré sa vie à chanter les merveilles de l’imagination, il n’en a pas vu le vrai pouvoir. Sans quoi il n’aurait sans doute pas versé dans la magie noire et les BD d’horreur (véhiculant clairement de l’imaginal négatif). Je pense qu’il n’a pas obtenu ce qu’il voulait et la raison me paraît simple.
Dans le livre 10, Promethea couche avec un vieux grigou de magicien et fait l’expérience de la kundalini. Mais on se demande bien comment. Ils ne sont pas amoureux. Alan Moore véhicule (et croit à) l’idée d’une kundalini qui se déclencherait par des moyens techniques, avec des « méthodes tantriques » externes (ce qui est un contresens total sur les tantras). SI vous allez jeter un coup d’oeil sur les sites traitant de la question, c’est ce que vous allez trouver. Même chez Muktananda, ce n’est pas si clair, puisqu’il semble dire que la chose lui aurait été donnée de l’extérieur, comme une « énergie » (ce qui explique sans doute que son histoire n’ait pas si bien terminé). Dans le yoga tantrique de Julius Evola (encore un qui n’a jamais su de quoi il parlait), il y a une phrase, quelque part, qui dit en substance : « au moment où la kundalini monte, vous devez réaliser qu’elle est vous ». Ce que j’en dis, c’est que si on ne l’a pas engendrée comme étant l’or de nous-mêmes, la manifestation de notre âme véritable, on est mal parti. Cela devrait être le principe de base, chercher notre être le plus central, non seulement le chercher, mais l’engendrer. La kundalini, c’est l’ensemble des effets secondaires, en quelque sorte.
Il y a évidemment des gens à qui cela s’impose depuis un lieu qui semble extérieur, comme Gopi Krishna et bien d’autres, et c’est bien malheureux, parce que le résultat est généralement catastrophique. Déjà lorsqu’on part du centre de soi-même avec la ferme décision de s’y tenir, l’énergie a tendance à dévier, mais alors si on la considère d’un point de vue duel, comme une sorte d’objet ou de phénomène dont on serait l’heureux dépositaire… La question se pose aussi avec la félicité d’ailleurs : soit on possède la félicité comme quelque chose qui nous tomberait dessus, soit on est la félicité, la première option étant évidemment celle des drogués, qui font entrer la félicité en eux comme une chose extérieure.
On retrouve d’ailleurs le même problème avec Dieu : soit on le considère comme une être extérieur qui va nous aider, soit on ne voit que Lui, auquel cas Je disparaît.
















