Plus fort que les ténèbres
J’ai demandé à Léo d’acheter ce livre parce que la vidéo ne disait pas grand chose, le genre de vidéo complètement vide de contenu qu’on trouve sur KTOTV. Le livre donne plus de détails heureusement, mais il me fait penser à beaucoup d’autres livres « modernes » écrits par des prêtres dont on se demande pourquoi ils sont prêtres. De fait, celui-ci croit à l’existence du surnaturel mais il n’en a pas la moindre expérience et il est très étonné si quelqu’un autour de lui en a l’expérience. Il me fait aussi penser au prêtre qui aidait Marthe Robin en ce sens où aucun des deux n’est finalement intéressé à apprendre quelque chose de son protégé. Le Père Dauchez admet que le petit Darwin est proche de Jésus, à la fin il pense même que c’est un saint, avec cette naïveté propre aux gens qui n’y connaissent rien il le compare même aux plus grands saints, parce que pour lui, soit on est un être ordinaire, soit on est un grand saint – mais jamais il ne se demande comment il pourrait en bénéficier, pour l’amélioration de son sacerdoce -. Il s’extasie de choses normales pour une personne d’oraison – à croire soit qu’il n’a jamais été malade, soit qu’il n’a jamais su prier – et son point de vue reste conventionnel jusqu’au bout. Par exemple il pense que les dessins animés sont un grand cadeau, alors qu’il dit lui-même que Darwin est bien plus intéressé par la visite d’une bonne Soeur que par les dessins animés. Pour un enfant qui dit que Jésus lui a confié une mission, c’est un crime de lui apporter des dessins animés pour le « divertir » (mot qu’il emploie). Pourquoi est-ce qu’il n’a pas cherché des vies de saints traduites en philippin ? Ou pourquoi ne lui a-t-il pas fait la lecture de Sainte Thérèse en traduisant pour lui en philippin ? Il est prêtre et ce dont il se soucie, c’est de divertir cet enfant, et de le voir s’amuser. Il trouve ça héroïque qu’il ne parle pas de sa maladie. Bon, je ne sais pas si vous avez eu déjà très mal quelque part. Quand ça m’arrive, la dernière chose que je veux c’est qu’on vienne m’en parler et s’inquiéter pour moi. C’est déjà assez difficile de se concentrer et de penser à Dieu dans ces conditions, mais si en plus on vient vous distraire c’est la fin des haricots… Darwin veut être laissé tranquille, mais évidemment c’est considéré comme anormal, de la part d’un prêtre qui ne sait pas prier. Et puis à la fin c’est toujours la même histoire insupportable, il faut lui cacher la gravité de sa situation etc… mais enfin si c’est un saint il a besoin de savoir ce qu’il en est, son but dans la vie n’est pas de se cacher la vérité. Ce bon prêtre a dû être un fardeau pour ce pauvre garçon, et il ne s’en est jamais douté. Il dit également que Darwin « n’avait sans doute pas idée de la profondeur de son pèlerinage intérieure », mais enfin, par définition il en avait parfaitement l’idée, sinon c’est juste un pauvre gosse comme tous les autres, et on ne dépose pas une cause en béatification. C’est cet horrible esprit moderne qui sépare complètement le saint de lui-même, comme si on pouvait être un saint sans conscience finalement, juste comme un brave innocent. Il résulte de tout cela que bien sûr, nous pouvons tous être des saints en étant gentils avec notre voisin, qu’il suffit de faire comme Darwin. Il nous présente ce gosse comme un imbécile heureux, et nous devrions tous être comme lui. Pas étonnant que tant de gens se prennent pour des saints, quand une telle idéologie est véhiculée par les clercs. Ils se voient gentils et souriants toute la journée (ou s’imaginent l’être) et se disent « C’est cela ! C’est la petite voie de Sainte Thérèse de l’EJ ». Pauvre Eglise…
















