Les aveugles et la peinture (Discussion 5)
>Mes savoir ne sont que livresques
A partir du moment où on distingue la pensée et la réalité dans la vie quotidienne, on peut obtenir un vrai savoir dans les livres (et heureusement). Ce qu’on appelle « savoir livresque », c’est un livre qui est lu sans les lunettes permettant de distinguer les vessies des lanternes. Il est vrai que la plupart des livres ne parlent que de vessies. Mais les saints, en revanche, n’énoncent que des faits (y compris des faits métaphysiques). Si on les lit avec beaucoup d’attention, on apprend beaucoup de choses.
>D’où ma préférence pour « les exercices » a pratiquer …… des exercices concrets qui pourait amener des experiences concrètes ! > Comme dans le Tchan (mais il y a des tas d’autres exercices proposés de partout) > Mais soit je ne suis pas perséverant dans la pratique … soit rien ne se passe …………….
Peut-être parce que ces exercices, au final, ne sont pas très concrets. Ou ne sont pas présentés de manière à être concrets. J’ai pratiqué pendant 3 ans la « pensée perceptive » du Tchan sans jamais que cela devienne concret, et pourtant quoi de plus concret que l’observation des sensations ? J’ignorais simplement qu’un être ordinaire n’a pas vraiment de sensations, car il s’est blindé depuis l’enfance pour ne plus en avoir. Quand vous dites que vous avez cessé de vivre par exemple, c’est un constat de cet ordre. Un blindage s’est rajouté sur l’ensemble, en sorte que vous pourriez difficilement qualifier de maître la personne qui vous a apporté cela. Un maître c’est d’abord quelqu’un qui vous permet de retrouver la sensibilité que vous aviez petit enfant. Donc vous pourriez faire un exercice très concret : allez vois asseoir au jardin d’enfants et les observer. Ou encore mieux : observer les animaux. On apprend beaucoup de choses avec eux car ils ont plus de sensibilité que nous. Regardez comment les gens traient leurs chiens, quand ils les promènent. Mettez-vous à la place des chiens. Observez aussi les oiseaux, imaginez leur vie, surtout en hiver. Et les arbres. Bref, regardez autour de vous ce qui est encore vivant (les gens sont tellement blindés qu’ils sont comme morts. Gurdjieff disait « endormis »).
>Plus clairement : Y a t il un lien entre « voir la realité » et « developper les corps »?
Le lien n’est pas direct. On ne peut pas développer un corps spirituel sans voir la réalité, puisque alors quels seraient nos critères ? De même que pour peindre, il faut avoir des yeux, sinon on ne sait pas ce qu’on fait. Si on ne vit qu’à travers une idée de nous-mêmes, il est impossible de changer. Il faut donc commencer par nous voir tels que nous sommes.
je ne peux toujours pas imaginer Jesus ou Bouddha proffesser de faux enseignements … se taire oui … mais … mentir ………… difficile pour moi de même … supposer … cela ………..
Il s’agit généralement d’un mensonge par omission.
Ainsi que je le dis plus haut, les gens imaginent beaucoup de choses. Donc ce que fait un maître qui ne veut rien divulguer, c’est qu’il donne un enseignement qui ne peut pas être compris. Par exemple, à des aveugles, il dira « Pour obtenir du vert, mélangez du jaune et du bleu », parfaitement tranquille du fait que personne ne sait ce qu’est une couleur. Personne ne sait même qu’il est aveugle. A ce sujet êtes-vous au courant que des aveugles sont capables de se disputer sur la couleur d’une tapisserie ? Je l’avais lu dans un témoignage d’aveugle.
















