Centre du coeur
Finalement la grande majorité des gens n’apprennent jamais à méditer, car sinon on lirait bien d’autres histoires dans les blogs, plutôt que cet état répété à des millions d’exemplaires et qui n’apporte aucune transformation. Shenphen Dawa a dit les choses clairement : »When books elaborate the various depths of emptiness and the subtle clarifications of the wisdom aspect, you will understand nothing of it. You won’t even understand the first basic emptiness, let alone the other depths of emptiness that are present ». Il dit aussi cette autre chose encore plus intéressante : »When you read such books without authorization, you damage and do harm to yourself. This harm refers to the inverted or distorted understanding of the Great Perfection luminosities when perceived by the intellect, rather than experiencing the luminosity of primordial wisdom. You will understand these luminosities as a colorful painting that is visually present to your eyes ». Il n’a pas tort, parce que c’est bien ce qui se passe au départ, c’est ce qui m’est arrivé pendant 10 ans à peu près. Le Lopön emploie l’expression « Regarder la télévision ». Tout le problème c’est de se connecter substantiellement à ce qu’on voit, quel que soit d’ailleurs le type de vision, c’est vrai aussi pour un buisson ou pour un chat, pas seulement pour les visions lumineuses. Il faut apprendre à faire la différence entre la vision mondaine et la vision de la conscience primordiale (ce ne sont d’ailleurs pas les mêmes canaux). Cela suppose d’ouvrir le centre du coeur, et je soupçonne que bien peu de gens le font, parce que personne n’expose ses difficultés, ce qui pourrait pourtant être fait sans révéler tellement de choses personnelles, les difficultés étant les mêmes pour tout le monde. Etablir des ponts entre les différents chakras, apprendre à se concentrer sur des points minuscules sans glisser au moindre coup de vent, ne pas se faire emporter par la moindre pensée, essayer de garder ses vents mobiles… J’en discute régulièrement avec un ami, nous avons strictement les mêmes difficultés alors que nous sommes très différents. Le plus grande difficulté, c’est au début, quand on ne sait se concentrer que sur des grosses zones et qu’il faut arriver à quelque chose de fin comme un cheveu. Pour en avoir parlé avec diverses personnes, je sais qu’il y a une répulsion universelle à accomplir cet effort, le cerveau refuse tout simplement. Car il ne s’agit bien sûr pas de parvenir à une concentration mentale, mais à quelque chose de signifiant, il faut arriver à sentir ses canaux qui sont comme des cheveux de félicité, et qui parcourent tout le corps, en commençant bien sûr par les sections qui sont autour des chakras. Il n’y a que par ce biais qu’on peut faire fondre les gouttes et engendrer un nouveau corps. On s’aperçoit d’ailleurs que plus on devient capable en la matière, plus on sent qu’il y a une véritable maîtrise là-derrière, et que la progression est quasiment infinie. Les saints peuvent toujours dire que c’est Dieu qui fait les miracles, c’est une façon de faire en sorte qu’on ne leur pose pas de questions, mais en réalité, c’est eux-mêmes, par leur maîtrise des énergies divines. Ils savent exactement ce qu’ils font.
J’ai regardé la vidéo du Cheikh Nazim aux USA (il y a 3 parties), les gens sont pitoyables. Quand il donne une bénédiction, il regarde ailleurs. Je n’ai vu qu’une seule occurrence où il se concentre véritablement sur la personne, pour tous les autres il prend soin de ne pas se concentrer. C’est certainement parce qu’il voit qu’il n’a pas affaire à des récipients corrects. En fait on se demande un peu ce qu’il fait là (collecter de l’argent, probablement). On peut constater en tous cas que sa conscience est très supérieure à celle des gens, puisqu’il n’a pas d’absences. Par contre il y a des shifts entre un état intériorisé et un état où il s’adresse aux gens, et on peut dire sans se tromper qu’il s’emmerde royalement quand il doit se mettre à leur niveau. C’est assez terrible de voir à quel point il est seul, même les moqqaddem ne semblent guère différents des gens. De toutes façons quand on voit son successeur… Bref, toujours est-il qu’il manifeste assez bien la permanence de conscience (c’est-à-dire l’expressivité) que nous devrions viser. Sans doute trouvera-t-on la même chose chez les maîtres tibétains, mais leurs pensées sont moins visibles. Et le premier point à établir donc, c’est la concentration sur ce centre du coeur, qui donne accès à la véritable conscience, celle qui s’éclaire elle-même sans avoir besoin d’une lampe pour l’éclairer dirait le Lopön. On voit très bien qu’Isabelle Padovani n’y est pas, par exemple, parce qu’entre les deux états qu’elle démontre (arrière-plan, avant-plan), il y a juste un passage de l’un à l’autre, comme entre deux compartiments séparés. Or l’état naturel justement n’est pas un état au sens des autres états, ce n’est pas un compartiment, c’est quelque chose qui a la capacité de tout intégrer. Le Cheikh Nazim, quand il redescend, garde des qualités d’en haut, et d’ailleurs sa seule idée c’est d’y retourner. Je ne pense pas qu’il soit totalement intégré, il y en a qui restent complètement dans l’état quand ils parlent aux gens, alors que chez lui il y a une différence notable, entre un état disons seigneurial, et un autre plus ordinaire.
Vous pouvez regarder ce film au passage, pour ceux qui ne connaissent pas.

















