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Piano et entraînement de l'esprit
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22 juillet 2014

Transmuter notre part d'ombre

:" j'ai encore pleuré ce matin, car je vois mon gouffre... Dieu m'aimera t'il même si je ne m'aime pas ? je n'ai que ce vide a lui offrir, peut-être obtiendrais-je une réponse en me confiant à Lui. Je me suis déjà dépouillée de tellement de choses, pour qu'il me remplisse... je reconnais ma nullité, pour l'accueillir Lui, et qu'il m'inonde de son amour... alors j'espère que je saurais alors qui je suis".

Je ne vois qu'une voie à partir de là : il nous faut concevoir Dieu, pas d'une manière vague, mais d'une manière précise, avec concentration. En effet, nous ne pensons pas être aimables, parce que nous n'avons pas conçu en notre esprit d'être aimant. Nous ne savons pas ce que ressentirait un être véritablement aimant (comme Jésus) en nous voyant. La plupart des gens veulent se remplir de qualités en s'imaginant que Dieu les aimera s'ils sont comme ceci ou comme cela, mais cela ne fonctionne pas. Ce qui est aimable, ne l'est qu'aux yeux d'un être aimant. Et nous, qui aimons les qualités relatives dont nous essayons de nous remplir, ne sommes pas aimants. En essayant d'être aimables à nos propres yeux, nous sommes sûrs d'échouer car nous n'avons pas d'amour vrai en nous. Quoi que nous fassions, nous ne nous aimerons jamais de cette façon. Il nous faut donc devenir aimants, mais pas de nous-mêmes ! Et pas de n'importe qui non plus, car nous n'en sommes pas capables. C'est ce que tout le monde essaie de faire et ça ne marche pas.

La porte de cette voie est étroite, pourtant je n'en connais pas d'autre. Il nous faut commencer par trouver ce que nous pouvons aimer, non pas d'un amour ordinaire, mais d'un amour qui nous trouble profondément, qui nous fait peur. Ce qui nous trouble, ce sont les parties de nous que nous avons rejetées. C'est ce que l'on voit dans toutes les affaires véritablement passionnelles : deux êtres se sont attirés, qui se fascinaient et se faisaient peur en même temps, l'histoire contée hier par Régis en est un éclatant témoignage. Il faut trouver en soi le personnage qui a ces caractéristiques. On peut penser que c'est Jésus, mais pour ce que j'en ai vu, cela risque plus d'être Ponce-pilate, voire un centurion romain ! Cependant, qui voudrait reconnaître une telle chose ? Nous voulons êtres comme ces jeunes saints, qui ont grandi sans avoir en eux cette part d'ombre qui nous fait nous détester.

Pourtant, si on n'a pas une grâce exceptionnelle qui nous tombe dessus, je ne vois pas comment on pourra jamais développer un amour capable de consumer ces parts d'ombres sans qu'on ait à les reconnaître. Et d'ailleurs, les saints voient parfaitement leurs parts d'ombre, alors même à eux, cela n'est pas épargné. Ce n'est épargné à personne.

 

Je disais hier à cette personne qu'elle n'aurait probablement rien à dire en confession, comme tout le monde. Cela va de pair avec le fait que nous ignorons notre part d'ombre et que par conséquent, la lumière ne peut nous éclairer, ou l'inverse. Un saint, c'est quelqu'un qui a la chance de pouvoir éclairer sa part d'ombre par une lumière directement émanée d'un être spirituel. C'est très rare. La seule lumière que nous avons à notre disposition, pécheurs que nous sommes, et sans l'aide d'un maître spirituel ou d'une grâce particulière, c'est l'amour secret que nous vouons à notre part d'ombre. Cet amour est une lumière bien suffisante pour l'éclairer, et c'est tout ce dont elle a besoin pour revenir en Dieu : être éclairée. Un bouddhiste pourrait expliquer cela en termes de vents complémentaires et de canal central. L'important c'est que cela fonctionne, en théorie et en pratique.

C'est ainsi que se construit le roman de chacun. Moi je l'ai écrit, parce que c'est plus facile, et plus précis. On découvre bien plus de choses. Je peux raconter la genèse de ma saison 6, qui est assez exemplaire pour qu'on puisse en dire quelque chose d'utile. A l'époque je cherchais une inspiration car j'avais fini ma saison 5 et il me fallait avancer (on est tous plus ou moins doués, j'ai beaucoup écrit pour pas grand-chose). Un soir, je regarde un épisode de Stargate Atlantis qui me plaît bien, il y a dedans un personnage que je trouve charmant, un petit commandant Wraith très joli et absolument infect. Sans plus. Le lendemain, je me surprends à y repenser. Et le surlendemain. Soudain j'ai l'illumination, : je tiens la queue d'une dragon enterré sous terre. J'ai failli passer à côté (comme pour l'elfe) parce que cela se traduisait par de petites touches très discrètes dans mon esprit. Rien qui aurait me faire passer pour un adorateur du Mal. Je le trouvais simplement charmant, sans plus. Je tenais là le début d'une nouvelle saison. J'ai repris le héros de la saison 5, un brave gars un peu mécréant, pas toujours très bien pensant et je l'ai jeté sur les routes. Il a un très joli corps énergétique, légué par son maître parti en corps d'arc en ciel. Je transforme mon commandant Wraith en tyran interplanétaire, un vampire androgyne de 3000 ans, un être véritablement effrayant, je vous assure. Et je les fais se croiser, simplement. Le vampire a des siddhis qui lui permettent de repérer les meilleurs repas de loin, alors il a vite fait de repérer notre héros et de le ramener dans son vaisseau. Et puis, comme il est assez pervers pour aimer sympathiser avec ses repas, et que ce repas-là est de bonne composition, ils parlent. Ils ont tout pour devenir amis, car le repas a lui-même été un tyran redoutable par le passé, il comprend parfaitement l'état d'esprit de son nouvel ami, qui se sent seul, et qui en plus voudrait bien avoir une âme, parce que 3000 ans sans âme, c'est assez désespérant. Le repas, comprenant finalement que l'heure de sa fin a sonné, décide d'en faire une bonne action et offre son âme en plus du reste. Miraculeusement, il ressuscite, tandis que notre vampire a gagné un embryon d'âme, c'est-à-dire une conscience : la vie va devenir très difficile pour lui. Toute la saison 6 consiste en sa conversion, entre autres... Mais ce n'est pas fini pour autant, car comme dit le Père Molinié, on n'a jamais fini de se convertir.

Le résultat, c'est que tous les contenus psychiques liés à cette figure on grandement perdu leur contenu fascinatoire. Au cours de l'écriture des saisons 6 7 8 j'ai noté une perte d'intérêt total pour toutes les histoires de vampires, de tyrans, et de tout ce qu'on veut. Cela peut sembler un maigre résultat, mais au contraire il est assez immense, parce que de ma propre constatation, ce sont des contenus dont les gens ne se débarrassent jamais (chacun a les siens) et qui ne font que renforcer leur emprise dans leur inconscient. Que l'on songe à Pierre Bordage : 30 ans après avoir écrit les Guerriers du Silence, il écrit la Fraternité du Panca, strictement la même histoire, rien n'a bougé. Il a toujours les mêmes obsessions, c'est vraiment effrayant. Chez Tolkien, l'obsession du néant s'est renforcée avec l'âge. En fait, chez tous les écrivains, on peut analyser le phénomène. Ce qui les fascine jeunes continuer de les fasciner vieux.

Ce sont des contenus archétypaux (Jung en a fait la liste) constitués au cours de notre développement, qui nous volent toute notre énergie psychique. "Ramener ses souffles vitaux en un point", comme le dit Régis, cela consiste précisément à aimer toutes ces brebis galeuses, c'est-à-dire à les "confesser" devant Dieu. Car aimer, c'est ramener sous le regard de Dieu. En aimant ces contenus, ils se transforment. Mère parle de la conversion du vital, et ce n'est pas un vain mot. Dans le roman dharmique, on va de résurgence en résurgence, car ce sont en réalité toujours les mêmes choses qui reviennent, mais elles sont de plus en plus lumineuses. Les démons retrouvent leur nature angélique, et même plus.  

Après avoir accompli un certain chemin, ces personnages deviennent des êtres véritablement aimants (parce que chargés de toute notre énergie psychique purifiée), et commencent à nous revenir. Ils nous aiment, nous montrent que nous sommes aimables, et nous permettent d'aimer les autres, d'une façon non névrotique. Ils deviennent des lumières intelligibles, mais parce qu'au départ ils étaient de l'ombre, c'est évidemment bien plus efficace que s'ils provenaient de la transformation d'une chose déjà positive. Ce sont eux, qui petit à petit, vont constituer notre Seigneur, notre conception de Dieu.

On peut essayer de procéder autrement, en décoinçant directement les souffles vitaux par le yoga, mais on a vu ce que ça donnait récemment, avec le gars qui a fait 30 ans de yoga : il a magnifié sa lumière, et son ombre est devenue encore plus épaisse, car il n'a jamais voulu la regarder. Alors sa lumière est totalement contaminée, en un sens il est devenu fou, totalement inconscient de lui-même.

On peut aussi espérer recevoir une grâce particulière, et prier pour ça... mais prier qui ? La prière va là où on l'adresse. Si l'on ne sait concevoir un être miséricordieux, où ira notre prière ? Il peut se produire des miracles par l'intercession des saints, et il s'en produit tous les jours, mais en attendant, rien n'empêche de mettre en oeuvre une méthode efficace.

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Enseignements de Rudi

Fear
We have the capacity in our minds to create that which we are most afraid of; in the same way that we bury some ignorance like a grain of sand inside the shell of an oyster and build around it until we come up with the end product, which in this case is not a pearl.

God
It is finally this consciousness that allows a human being to feel God as the constant energy that is absorbed by all of the chakras, filling him with sweetness and joy. Not feeling happy is only the result of not being in tune with this force and not having the consciousness to contain it. For whatever reason we fail in holding onto energy, we must look to ourselves. We cannot blame anybody or anything. It is only our lack of capacity to hold that which is given.

Revelations

In all teachings, the temptations that appear during the revelation period are those things we identify with, that take away the energy or content from the experience. It is the courage to put the bottom on the void, so that the incoming energy is not lost during any experience, that is required. This enables a person to grow endlessly, by surrendering content as fast as it manifests itself.

Seekers
It is a remarkable event when somebody presents a situation that exposes their real need. It is rare when even half the truth is given. Usually a situation is distorted beyond recognition. It is as if somebody is saying to me that if I can dig out the real situation, maybe they will allow me to help them. When a situation occasionally is presented in all its nakedness, it is only because the person is defenseless at a particular moment. As soon as they have one stitch to put on their back, they again retreat into themselves, distorting what they said and what they think you said. The ability to hear and see is rare in this world. It only exists in somebody who truly wishes to grow. This has not, unfortunately, been the attitude of most seekers. So few succeed in reaching their goal that it is safe to assume that there are few who honestly pursue a spiritual life, and even then, very few teachers who cater to anything that brings the realism that allows for enlightenment.

Spirituality

Spirituality is not about being where you think you should be. It is not about being where you want to be. Spirituality is about being on the highest point of an ascending energy that keeps growing and growing.
As this energy grows, it completely destroys every level of truth as you live it. This does not mean the truth that has been destroyed was not real. It was real for the level on which you existed before. With students, I am not interested in how long they are with me; I am just interested in one thing: whether or not they are strong enough to break up the horizontal level and continue growing. For myself, I do not want to limit myself by what I was. I do not think, "I did all this work to get to here." That is baloney. That is making a drama of your life and trying to build an image for yourself. The point is to keep growing. It is to have the courage to keep growing, even if it pulls apart the structure of your life. Then it is freeing you. There is nothing wrong with pulling apart the structure. What is wrong is to build yourself into a coffin and then stay there and try to justify it. Either you are working to live on a higher level all the time and to have a rebirth all the time, or you are trying to find justification for staying the way you are.
The whole point of what we do is to destroy matter, which is this horizontal plane we sit on: the earth. It is to translate this physical and material matter into spiritual force. This is our work.

Surrender
You sit down. Inside you, what is going on? You want to be right. "I'm a nice guy, how could this person do this to do me? How could someone take advantage of me in the business world," or "How can somebody not love me? Don't they understand what I did?" Inside you, these muscles close up; they are protecting you. They are protecting your ego, protecting the image you have of yourself. You sit down to take your breath, and you find that something has robbed you of your heart. What robbed you of your heart ? The need to be right. These muscles do not want to open. They would rather you were safe and secure behind the wall than outside the wall.
Surrendering is opening all the muscles. This is the real test of your surrender in a situation. Can you breathe ? Does the throat open to receive the energy ? Are you free to receive this energy and open and see what your condition really is ? If you find out you are constricted in your heart, you have a pain in your back, or you can't get the air down, what does it mean? It means you are closed. What closed you? It does not matter what closed you, you do not have to find the rational reason, you just have to open. You sit and work, and you breathe. I do not have that problem anymore, but I used to sit and take that breath six hundred times in one day, sometimes, to begin to feel a little crevice start to open. If you are closed, you are dead. You can't be right if you are closed. Can a closed person know what he or she did or did not do ? So, if you find that you are closed, you have to drop the whole issue of whether the other person is or is not right.


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