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Piano et entraînement de l'esprit
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24 mai 2013

L'accession au monde imaginal

J'ai constaté hier que je ne manquerai jamais de motifs de souffrance spirituelle. En effet, en lisant la biographie du Cheikh Al-Alawi par Martin Lings (un excellent auteur), je me suis demandé comment un médecin français, qui était certes un brave homme qui ne s'est finalement jamais converti à l'islam, a pu obtenir des entretiens personnels hebdomadaires avec lui, alors que des vrais chercheurs n'obtiennent pas le millième de cela. Le pire c'est que le Cheikh lui a proposé de devenir son disciple, mais ça n'a abouti à rien. Cela dit, il ne lui a pas "montré" non plus ce qu'il aurait pu lui montrer pour le convertir, du coup on se demande vraiment "à quoi bon ?". Il avait le pouvoir de le convertir, ne l'a pas fait mais lui a proposé quand même... Vu d'ici ça semble absurde. Quand je me dis que jamais je n'obtiendrai un seul entretien de cette sorte, ça me fait pleurer. Mais je réalise aussi que ce dont je m'imagine séparé est bel et bien dans mon esprit, si vivant que je peux m'imaginer en face du Cheikh Alawi et sentir que je reçois sa bénédiction. 

En un sens, même si je rencontre un saint, je pleurerai toujours à cause de tous ceux que je n'aurai jamais pu rencontrer. Je n'ai plus qu'à invoquer le nom de Khidr, à qui Dieu a donné la possibilité de rencontrer tous les saints de toutes les époques, afin de développer le pouvoir imaginal nécessaire qui me permettra de les rencontrer aussi, à la mesure de ma capacité.

Cela aussi est un secret bien gardé, que tout se passe dans l'imaginal, auquel on accède par l'imagination vraie. C'est forcément un processus lent, car plus on imagine plus on perçoit, plus on perçoit plus on imagine etc... Cela commence par la déduction rationnelle pour se hisser peu à peu au niveau de la vision. L'an dernier par exemple j'avais déduit l'existence des anges du fait que je voyais tous les accidents plus ou moins mortels auxquels j'échappais tout le temps sans même m'en apercevoir, ce qui est le cas de tout le monde. Sauf que quand on commence à s'en apercevoir, on commence à prendre peur, car tout le monde n'y échappe pas. Mon oncle par exemple est tombé 3 fois dans des trous, la première fois en s'appuyant contre une porte derrière laquelle il y avait un vide de 3 mètres, il est resté je ne sais combien de temps dans le coma et s'est retrouvé hadicapé à vie. Et j'aurais tort de me dire quelque chose comme "moi je fais attention ça ne m'arrivera pas" car je vois bien qu'il a failli m'arriver plusieurs fois de me casser le cou dans des escaliers. Plusieurs fois aussi j'ai failli me renverser dessus des casseroles d'eau bouillante. Quand j'avais un scooter également, j'ai évité plusieurs fois de graves accidents, parce qu'une voix me disait de ralentir tout à coup à tel endroit, et quelques secondes plus tard une voiture déboulait à toute vitesse d'une ruelle invisible. En fait, au début de mes années scooter, je me suis fait de grosses frayeurs (à Paris), mais ensuite ça n'arrivait plus, parce que j'entendais cette voix beaucoup plus clairement. Bref. Après avoir admis sans conteste l'existence d'un ou plusieurs anges autour de soi, il arrive un jour où l'on commence à en avoir des aperçus fugitifs, comme des sortes d'éclairs dans l'esprit, et on voit que c'est tout à fait lié à la purification des canaux.

Il paraît peu probable qu'une personne qui penserait à des tas de sottises pendant la journée puisse avoir la perception de vrais anges, sauf s'il y a quelque part des trous dans son corps subtil (ce qui s'apparente alors du channelling, et là, il peut arriver le meilleur ou le pire). De ce point de vue, on connaît son état au moment de l'endormissement, lorsque tout ce qui était caché remonte, un peu comme la vase dans un étang. Plus on pratique, plus ce qui se présente est lié à la pratique, mais pour moi par exemple je vois que c'est encore assez obscur et mêlé de tout un tas d'impressions vaseuses. Par exemple on a la vision qu'on ouvre un livre et qu'on y lit un enseignement (dont on peut se souvenir si on ressort de l'état à ce moment là, qui n'est pas un rêve à proprement parler). A l'époque où je lisais Sri Aurobindo, je le voyais souvent dans cet état, mais je m'en souvenais rarement, et ce qu'il disait était toujours un enseignement. Cependant, le défaut de mémoire indique par lui-même un défaut de clarté. Maintenant, ça s'est transféré sur les sujets spécifiques du soufisme, mais nous sommes extrêmement loin des visions de lumière qu'on trouve chez les grands pratiquants. L'esprit atteint une zone plus élevée de l'intellect d'où il peut tirer des inspirations et des enseignements, cependant quand on compare ce qu'on voit avec le Journal de Ruzbehan, on voit le chemin qui reste à parcourir. Avec les anges c'est pareil, ils apparaissent comme des éclairs dans une nuit obscure, mais l'impression est déjà puissante. Il faut utiliser ces impressions pour purifier l'esprit, ainsi que toutes celles qu'on tire de ses lectures.

Par exemple, si la description d'un saint nous fait un certain effet, il faut s'imaginer en sa présence autant qu'on peut, essayer de clarifier cette impression au maximum, et en retirer toute la grâce possible. Il y a un temps pour cela, le temps que son empreinte reste en nous, car toutes ces choses mettent des empreintes impermanentes et cependant bien réelles dans l'esprit. Après c'est fini, on a perdu une occasion. Par exemple hier je me suis imaginé avec le Cheikh Alawi, aujourd'hui ce serait impossible. L'empreinte qui vient d'un certain chapitre du livre est comme une sorte d'ange qui est passé, a laissé une trace dans le sable. Aujourd'hui c'est fini, et si je relis le chapitre, je verrai les détails qui ont provoqué l'empreinte, mais elle ne se reproduira pas, même l'année prochaine. Peut-être que d'autres détails produiront autre chose, mais ce qui a déjà eu lieu ne se reproduira pas dans la même forme.

Pour cette raison, il est bon de créer un réceptacle, non pour les empreintes, qui s'effacent, mais pour les bénédictions qui proviennent des méditations sur les empreintes. Pour ma part, j'ai inventé un personnage imaginaire qui rencontre les saints que je ne peux rencontrer. Par exemple il a rencontré le Père Joseph l'Hésychaste du Mont Athos (sans grand succès malheureusement), et il a observé la vie du Père Porphyre lorsqu'il était avec ses deux anciens. Il a aussi vu à sa place le Vieux-Dimas lorsqu'il est entré en extase dans une église. Il était à la place du frère Léon qui a assisté à l'impression des stigmates sur Saint François d'Assise. Et hier soir il a eu un entretien (muet pour l'instant) avec le Cheikh El-Alawi. Il a aussi rencontré le Cheikh Hamallah, mais sous une forme immensément magnifiée par rapport à ce qui était décrit dans le livre (d'où l'on peut déduire une intervention surnaturelle, car de telles choses ne s'inventent pas), et ce nouveau personnage, qui dans son principe est un Parfait, est devenu le réceptacle de tout ce dont je n'ai pas conscience dans ce que je lis, mais qui pourtant se produit bel et bien à un certain niveau. Bref, l'imaginaire permet de créer des réceptacles de transmissions (ce qui est nommé dans le bouddhisme "êtres d'engagement", à savoir que leur rôle est spécifiquement d'être des mediums à la transmission de tous les bouddhas) à différents degrés, et leur interaction produit de nouvelles bénédictions, car ils ont une certaine perennité (bien qu'il faille les nourrir tous les jours), et une forte densité de substance. Grâce à eux on obtient des inspirations qu'on n'obtiendrait jamais par soi seul.

Si je lis la vie de Hallaj, je peux m'imagner assister à ces événements, mais je ne peux décemment pas m'imaginer vivre ce qu'il a vécu. Cependant je peux bel et bien imaginer qu'un de mes êtres d'engagement va le vivre, sous une forme modifiée, et il en ressortira une quantité de bénédictions qui étaient contenues en germe dans le texte, mais que je ne saurais faire ressortir en méditant directement dessus, même s'il en sort déjà de cette façon. Pour prendre un exemple passé et non futur, par la biographie de Tierno Bokar, j'ai obtenu beaucoup, mais en créant un Pôle imaginaire, j'ai obtenu infiniment plus : je me suis converti à l'islam, alors que jusque-là quelque chose m'en empêchait, l'impossibilité de concevoir Dieu à la façon de l'islam.

Il va de soi que la plupart des musulmans ne se posent pas la question de savoir comment ils conçoivent Dieu, ils en ont une représentation dont il ne leur viendrait pas à l'idée d'interroger les caractères spécifiques. Pourtant c'est ce qui fait la différence entre les religions. Dieu est le même partout, mais l'image générique qu'on s'en fait est différente, en sorte que les bénédictions qui en découlent ne sont pas les mêmes, ainsi que les mondes imaginaux et les modalités de la transmission initiatique.

Dans le bouddhisme Dieu est impersonnel, on pourrait dire que le bouddhisme met l'accent sur l'Essence au point même que beaucoup pensent que c'est une religion athée ce qui n'est pas le cas. Dans le bouddhisme, Dieu a ses Prophètes, qui sont d'une incroyable magnificence, sauf que nous ne pouvons les concevoir, et qu'ils ne sont accessibles qu'à travers des transmissions auxquelles les Occidentaux n'ont pas droit. Dans le christianisme, dieu est scindé en trois, ce qui a ses avantages et ses inconvénients. Pour moi, surtout des inconvénients, car je ne me suis jamais senti proche de Jésus en tant que Personne. Dans l'islam, Dieu est à la fois personnel et impersonnel, le Fils et le Père et le Saint Esprit sont une seule et même "chose", qui par conséquent est plus mystérieuse que le Fils, mais plus accessible que le Père, et infiniment polymorphe (cf le Journal de Ruzbehan). Je n'avais jamais pu concevoir une telle "chose" (qui ne tient ni de l'être ni du non-être, on ne peut donc pas dire un être, l'autre jour j'ai lu tout un texte où l'auteur se demandait si l'on pouvait dire que Dieu est une "chose", il semble que oui). Or si l'on ne peut se faire la moindre image générique de Dieu tel qu'il se présente dans l'islam, il ne se passera rien, et donc il n'y a pas motif d'être musulman. Et si l'on peut sen faire une, nos progrès seront en dépendance de la puissance de cette image, qui au final devient le corps d'immortalité (cf Henry Corbin). Bref, c'est cette image qui est apparue à travers le Pôle (sachant que par exemple "image" n'est pas synonyme de forme, quand on est bouddhiste, on peut et doit se faire une image générique de la vacuité, c'est-à-dire de l'Essence divine, qui sera un support pour atteindre la chose elle-même, une théophanie si l'on peut dire). Bref, c'est tout l'usage de la théophanie qu'il convient de "réaliser" si l'on veut être musulman avec profit (du moins si l'on aspire à la vis mystique), et aussi de ce qu'on va mettre derrière. Cela est, je pense, le fruit d'une transmission d'esprit à esprit.

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Enseignements de Rudi

Fear
We have the capacity in our minds to create that which we are most afraid of; in the same way that we bury some ignorance like a grain of sand inside the shell of an oyster and build around it until we come up with the end product, which in this case is not a pearl.

God
It is finally this consciousness that allows a human being to feel God as the constant energy that is absorbed by all of the chakras, filling him with sweetness and joy. Not feeling happy is only the result of not being in tune with this force and not having the consciousness to contain it. For whatever reason we fail in holding onto energy, we must look to ourselves. We cannot blame anybody or anything. It is only our lack of capacity to hold that which is given.

Revelations

In all teachings, the temptations that appear during the revelation period are those things we identify with, that take away the energy or content from the experience. It is the courage to put the bottom on the void, so that the incoming energy is not lost during any experience, that is required. This enables a person to grow endlessly, by surrendering content as fast as it manifests itself.

Seekers
It is a remarkable event when somebody presents a situation that exposes their real need. It is rare when even half the truth is given. Usually a situation is distorted beyond recognition. It is as if somebody is saying to me that if I can dig out the real situation, maybe they will allow me to help them. When a situation occasionally is presented in all its nakedness, it is only because the person is defenseless at a particular moment. As soon as they have one stitch to put on their back, they again retreat into themselves, distorting what they said and what they think you said. The ability to hear and see is rare in this world. It only exists in somebody who truly wishes to grow. This has not, unfortunately, been the attitude of most seekers. So few succeed in reaching their goal that it is safe to assume that there are few who honestly pursue a spiritual life, and even then, very few teachers who cater to anything that brings the realism that allows for enlightenment.

Spirituality

Spirituality is not about being where you think you should be. It is not about being where you want to be. Spirituality is about being on the highest point of an ascending energy that keeps growing and growing.
As this energy grows, it completely destroys every level of truth as you live it. This does not mean the truth that has been destroyed was not real. It was real for the level on which you existed before. With students, I am not interested in how long they are with me; I am just interested in one thing: whether or not they are strong enough to break up the horizontal level and continue growing. For myself, I do not want to limit myself by what I was. I do not think, "I did all this work to get to here." That is baloney. That is making a drama of your life and trying to build an image for yourself. The point is to keep growing. It is to have the courage to keep growing, even if it pulls apart the structure of your life. Then it is freeing you. There is nothing wrong with pulling apart the structure. What is wrong is to build yourself into a coffin and then stay there and try to justify it. Either you are working to live on a higher level all the time and to have a rebirth all the time, or you are trying to find justification for staying the way you are.
The whole point of what we do is to destroy matter, which is this horizontal plane we sit on: the earth. It is to translate this physical and material matter into spiritual force. This is our work.

Surrender
You sit down. Inside you, what is going on? You want to be right. "I'm a nice guy, how could this person do this to do me? How could someone take advantage of me in the business world," or "How can somebody not love me? Don't they understand what I did?" Inside you, these muscles close up; they are protecting you. They are protecting your ego, protecting the image you have of yourself. You sit down to take your breath, and you find that something has robbed you of your heart. What robbed you of your heart ? The need to be right. These muscles do not want to open. They would rather you were safe and secure behind the wall than outside the wall.
Surrendering is opening all the muscles. This is the real test of your surrender in a situation. Can you breathe ? Does the throat open to receive the energy ? Are you free to receive this energy and open and see what your condition really is ? If you find out you are constricted in your heart, you have a pain in your back, or you can't get the air down, what does it mean? It means you are closed. What closed you? It does not matter what closed you, you do not have to find the rational reason, you just have to open. You sit and work, and you breathe. I do not have that problem anymore, but I used to sit and take that breath six hundred times in one day, sometimes, to begin to feel a little crevice start to open. If you are closed, you are dead. You can't be right if you are closed. Can a closed person know what he or she did or did not do ? So, if you find that you are closed, you have to drop the whole issue of whether the other person is or is not right.


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