Les Tibétains comparés aux Orthodoxes
La fréquentation des saints orthodoxes remet les pendules à l'heure en matière de tibétains. En effet, on peut constater qu'ils font tous ce que les tibétains pourraient faire, mais refusent de faire.
La première grosse arnaque concerne le fait que, d'après les enseignements, c'est la face impersonnelle du divin qui devrait être réalisée. A partir de là tout le reste suit : puisque ce que les chrétiens appellent la "personne" et "l'amour unissant deux personnes" est absent de la liste des choses nécessaires pour réaliser, personne ne sait que c'est par là que les tulkous réalisent, et donc personne n'a l'idée de le réclamer. Quelqu'un qui se trouve dans la perspective impersonnelle va évidemment complètement nier ce que je viens de dire, à savoir qu'une relation personnelle au sens chrétien est nécessaire. Mais quand on a une idée de ce qu'est cette relation, on la reconnaît bien chez les Rinpoches. Du moins on voit que c'est bien celle qu'ils ont entretenue avec leurs maîtres et qu'ils entretiennent avec leurs amis Rinpoches.
D'autre me diront peut-être que cette relation personnelle existe tout à fait entre eux-mêmes et leur maître. Alors décrivons cette relation. Si vous n'êtes pas un disciple proche, c'est-à-dire si vous êtes seulement un "enfant spirituel" comme il y en a beaucoup d'autres, à savoir un laïc qui a une vie et qui ne compte pas devenir moine, vous voyez votre père spirituel quelques fois par an, avec d'autres de ses enfants. Lorsque vous le voyez, vous avez droit à un entretien privé où vous êtes censé raconter toute votre vie (la première fois), et ensuite ce qu'il y a de nouveau par rapport à la fois précédente. ça s'appelle la confession (et une fois confessé, vous devenez son enfant spirituel, ça ne prend pas des années). Là dessus, le père spirituel lit la vérité dans votre esprit et vous indique ce que vous devez faire pour progresser. Ensuite vous passez quelques heures ou quelques jours avec les autres disciples, il y a des réunions au cours desquelles vous priez ensemble, et le père spirituel apprend à prier à tous, par son exemple. D'après les récits, ça se transmet fort bien. Il n'y a pas besoin d'enseignements compliqués et d'entraînement à la "méditation". Le père spirituel agit par transmission directe. Il y a également des causeries où de nombreuses personnes sont invitées à s'exprimer, pour l'édification des autres. Il y a de réel dialogues entre les gens, qui apprennent à se connaître les uns les autres. Nul besoin de préciser que pendant que vous êtes loin de votre père spirituel, vous pouvez lui écrire dès que vous avez besoin de ses conseils, et qu'il vous répond.
Il me semble qu'il y a trois choses qui sont absentes chez les tibétains :
- la confession de toute sa vie (qui est la chose absolument fondamentale, la base de tout), qui peut prendre des heures et des heures. Par exemple le starets Agapit a demandé au futur moine Séraphin de raconter 3 fois sa vie, n'étant jamais satisfait des détails, cela a pris 4 heures. Dans les récits que j'ai lus, c'est le starets qui vous cuisine, non pas pour apprendre qui vous êtes, car il le sait déjà, mais pour que vous en preniez conscience. Je n'ai jamais entendu parler d'un tibétain qui aurait cuisiné un disciple pour lui faire prendre conscience de sa nullité.
- la transmission directe de la force de la prière, qui transforme complètement la vie du disciple. C'est normalement le rôle de l'initiation, mais je n'ai jamais vu un cas où ça avait marché chez un laïc, car évidemment ça ne peut marcher qu'à cause du lien mystique qui a été établir par la confession. Il y a des cas vraiment miraculeux qui sont racontés chez un Père orthodoxe dont je suis en train de lire la vie (écrite par des témoins), des communistes fanatiques ayant envoyé des milliers de gens à la mort, ou des criminels endurcis, mais aussi des intellectuels athées et des gens "normaux". Il les convertissait par dizaines, par centaines, et avec une puissance extraordinaire.
- le fait que les disciple deviennent entre eux de véritables amis spirituels, mais c'est secondaire.
Le fait majeur, c'est que la confession est absente, alors l'engagement mutuel n'est pas établi, et il n'y a pas de transmission.
Quant au cas de celui qui est un disciple sérieux, c'est simple, il ne quitte plus son Père spirituel pendant des années, partageant sa cellule et faisant tout avec lui. Auquel cas il finit par devenir saint lui aussi, car apparemment les starets ne se trompent pas dans le choix de leurs disciples, et savent à l'avance ce qu'ils vont devenir. Il n'y a pas de notion de mérites, comme chez les tibétains, où on doit servir le maître pendant longtemps avant de mériter de devenir son disciple. Le starets peut choisir un incroyant total, un type qui n'en a jamais rien eu à faire de Dieu et que ça n'intéresse pas. A l'occasion d'un événement particulier, il le convertit totalement et entièrement, le type devient tout à son service, il n'y a pas de période de probation ou tout ce qu'on veut, c'est instantanément définitif.
Tout cela pour dire que la relation personnelle est infiniment plus puissante que l'enseignement impersonnel qu'on essaie de nous faire avaler comme le nec plus ultra et qui est une véritable imposture.
















