Les franciscains d'aujourd'hui
Après avoir lu la biographie de St François d'Assise, j'ai regardé hier une émission sur les franciscains sur kto pour voir ce qui en restait aujourd'hui. De fait, j'ai l'impression de n'avoir retrouvé quasiment rien. On dirait qu'ils se sont arrangés de l'esprit de St François de la manière la plus arrangeante, c'est-à-dire en revenant disent-ils à l'esprit, qui consiste à aimer son prochain. Mais il me semble que cet esprit n'est pas propre à St François, et on ne voit pas ce qui en fait la spécificité par rapport à tout le reste. Par exemple il insistait particulièrement sur la pauvreté, mais en lisant la biographie, on voit qu'il ne s'agit pas de la pauvreté consistant à vivre dans une magnifique bâtiment avec tout confort, comme cela se fait aujourd'hui. Et que la différence est signifiante. Il prêchait non seulement la pauvreté mais le renoncement, prenant des mesures dès qu'il y avait danger d'attachement. Par ailleurs, on voit assez clairement qu'il a acquis sa sainteté par la voie des mortifications, et que c'est d'ailleurs par son exemple qu'il a poussé des milliers de gens à le suivre et à faire la même chose. Aujourd'hui les franciscains disent qu'ils sont peu nombreux, mais l'exemple qu'ils donnent n'est pas exactement enthousiasmant. J'ai l'impression que le confort dans lequel ils vivent n'est pas étranger à cette crise des vocations, car on ne voit plus pourquoi on devrait les suivre, si c'est pour avoir à peu près la même vie qu'on peut avoir chez soi, et rester soumis aux mêmes conditions samsariques. Leurs sacrifices ne sont pas très grandioses, ils n'ont pas l'air malades non plus, et dans ce cadre, on se dit que leur réalisation ne sera pas faramineuse, car ils ne pratiquent pas de yoga. Pour arriver à la sainteté, il y a un processsus énergétique obligatoire, qui nécessite de dénouer tous les canaux, et ça ne peut pas se faire tranquillement dans son petit confort, surtout sans techniques appropriées. Or St François ne voulait pas autre chose pour ses Frères, j'ai l'impression que s'il voyait ce qu'est devenu son Ordre aujourd'hui, il serait bien triste. On va me dire qu'il est difficile de juger de l'extérieur, cependant quand on voit un Rinpoche qui a appliqué les techniques adéquates, il y a bien un rayonnement visible, qu'on ne voit quasiment plus chez les chrétiens, qui semblent s'être tous faits rattraper par le tamas. Il me semble pourtant que dans l'Eglise, au niveau subtil, il y a toujours le charisme pour devenir un Saint, mais qu'en France en tous cas, très peu l'utilisent, et que le discours ne va jamais dans ce sens, mais toujours dans le sens du confort et de la médiocrité érigée en exemple.
















