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Piano et entraînement de l'esprit
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1 mars 2012

La compassion véritable

Je crois que je suis en train de découvrir la compassion. Pas celle qu'on essaie de faire venir poussivement en méditant sur les 6 lokas, la vraie. Ce qui me fait dire que c'est la vraie, c'est qu'elle est l'inverse de l'autre. Elle ne vient pas en méditant mais en croisant des gens dans la rue. Alors que la fausse venait en méditant et disparaissait en croisant des gens dans la rue, ce qui tout de même est un peu bizarre pour de la compassion. Par ailleurs ça correspond aussi à ce qu'en disait C* Rinpoche, que c'est sur la base de sa propre condition qu'on a de la compassion pour les autres, à l'époque je n'avais pas compris ce que ça voulait dire, ou du moin je l'avais compris d'une manière tout à fait étriquée. Par exemple, quand je voyais un gamin se faire crier dessus par sa mère, je me mettais à sa place et je me disais que le pauvre devrait être triste parce que moi-même je l'aurais été etc... ce qui est parfaitement idiot, car le gamin n'a pas le même karma que moi et ne réagit pas forcément de la même façon. Maintenant c'est quelque chose de beaucoup plus direct. C'est sur la base de ma condition existentielle, assez bien décrite chez Henri Corbin, d'un Nom Divin qui soupire à sa propre existentiation d'un côté (aspect divin) et d'un être qui est la manifestation plus ou moins claire de ce Nom (aspect créaturel), que j'éprouve de la compassion pour les autres, non parce qu'ils se font engueuler par leur mère ou qu'ils sont en chaise roulante, mais parce que je vois à quel point leur Nom divin doit soupirer de l'absence totale d'existentiation, à cause de leur vie complètement idiote. Ce qui rend infiniment plus triste que de voir un handicapé sur une chaise roulante. On se rend compte que le handicap n'est absolument pas son problème, ou qu'il est le dernier de ses problèmes réels. Son vrai problème, c'est l'absence de sens de sa vie, qui saute totalement et immédiatement aux yeux. Et le fait qu'elle n'en aura jamais. Même le gamin qui a toute la vie devant lui, on se dit qu'il faudra un miracle pour qu'il croise le dharma pour de vrai, mais qu'en réalité il a toutes les chances de devenir comme ses idiots de parents qui ont passé leur vie en activités totalement vaines, et que ça va continuer sur des générations et des générations. C'est une perception absolument directe, la preuve c'est qu'il n'est plus possible de la retrouver une fois qu'on est rentré chez soi. Le résultat c'est qu'on a tout le temps envie de pleurer quand on regarde les gens, car on ne voit absolument pas comment ils pourront être heureux un jour, et qu'on ne peut rien faire pour eux. Ce qui au niveau de la pratique est drôlement efficace. Du coup on comprend pourquoi Shantideva et d'autres ont tellement insisté sur la chose. Au lieu de faire des pranayamas fatigants, on sort se promener et on a quasiment le même résultat juste en regardant les gens, ou les animaux, les canards, les cygnes... C'est vraiment la voie facile, sauf qu'il ne faut pas craindre d'être triste, ce qui n'est pas un problème si la tristesse a été amenée sur la voie.

Du coup ça remet en perspective pas mal de choses. Par exemple J* m'avait un jour qu'il avait ressenti une compassion incroyable en voyant un petit vieux éclopé et qu'il aurait donné sa vie pour que le pas suivant lui soit moins pénible. Que ça lui avait explosé le coeur etc... Pour ma part j'ai l'expérience qu'on s'explose bien le coeur avec des émotions conceptuelles, beaucoup moins avec le véritable état naturel, sauf peut-être si on s'appelle Ste Thérèse. Je pense qu'il s'était fait un film sur la misère de ce petit vieux et sur son immense compassion à lui, ce qui lui a généré une forte émotion. Mais je ne vois pas en quoi le fait d'être à moitié infirme est une situation horrible, comparé avec le fait d'ignorer le dharma. S'il avait dit qu'il aurait donné sa vie pour que le petit vieux devienne un vrai pratiquant, là je dirais qu'il s'agit de véritable compassion. Autrefois j'avais aussi ce genre de sentiment quand je voyais une petite vieille qui mettait 5mn à faire 3 mètres et qui ratait la porte du métro si jamais elle ne s'était pas placée juste devant, maintenant tout ce que je vois c'est qu'elle s'est mise elle-même dans la merde en ne cherchant pas à avoir une vie qui ait du sens, et que c'est beaucoup plus grave de ne pas aimer Dieu que de ne pas pouvoir avancer. En tous cas je préférerais ne pas pouvoir avancer en aimant Dieu, que de pouvoir avancer en n'aimant pas Dieu. c'est pour ça d'ailleurs que j'essaie d'aimer Dieu tout en pouvant avancer, afin qu'il ne soit pas contraint de me mettre dans un fauteuil roulant pour que je me rappelle de lui.

Cela me rappelle aussi T* qui me disait qu'en regardant les gens il voyait leur nature de bouddha et que cela le rapprochait d'eux, sauf qu'on voyait bien qu'il n'était proche de personne, sauf d'une manière toute sentimentale. J'en ai maintenant l'explication, car la nature de bouddha des êtres ce n'est pas la première chose qui saute aux yeux, sauf si on a lu 100 fois qu'il fallait la voir et qu'on a conditionné son mental à l'imaginer partout, pour se convaincre qu'on est vraiment quelqu'un de très bien. Ce qui saute aux yeux, c'est combien cette nature de bouddha leur est inaccessible, à peine moins que pour un cygne ou un canard, et ça, c'est vraiment ennuyeux, parce que cela transforme leur existence en un néant total.

Bref, il faut arrêter de générer de la compassion idiote pour se faire croire qu'on est un grand boddhisattva, et essayer d'obtenir une vue claire de la situation des êtres. Cela me fait penser à ces cinglés sur les forums qui disent qu'ils ont de la compassion pour X ou Y Rinpoche, qui est si courageux malgré ses infirmités. Pour eux le malheur c'est d'être infirme, ce qui prouve à quel point ils ne comprennent rien à rien. Les maîtres sont les dernières personnes pour qui on devrait avoir de la compassion, quelque part c'est vraiment indécent par rapport aux êtres qui sont sans Dieu et qui souffrent vraiment.

Pour finir, on pourra me signaler que je me contredis d'un article sur l'autre, puisque je disais l'autre jour que la compassion consiste à ressentir ce qui se passe dans le corps de l'autre. Mais il n'y a aucune contradiction. Si un saint tombe par terre, son corps ne le ressentira pas de la même manière que si c'est une personne ordinaire. Quand c'est une personne ordinaire, on peut ressentir aussi le fait que cette souffrance n'a aucun sens, alors que quand c'est un saint, elle en a un. Il y a le cas particulier de Jésus. Ce qui donne un sens assez puissant à sa Passion et qui fait qu'on peut méditer dessus, c'est qu'à ce moment il était voilé, et qu'il ne pouvait plus percevoir directement le sens de ce qu'il faisait, afin de partager réellement la souffrance des êtres ordinaires. C'est cela qui fait que Marie a pu avoir de la compassion pour lui. Maintenant si c'est Gourou Rinpoche qu'on envoie à sa place, vraiment ça n'aurait aucun sens d'avoir de la compassion.    

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Enseignements de Rudi

Fear
We have the capacity in our minds to create that which we are most afraid of; in the same way that we bury some ignorance like a grain of sand inside the shell of an oyster and build around it until we come up with the end product, which in this case is not a pearl.

God
It is finally this consciousness that allows a human being to feel God as the constant energy that is absorbed by all of the chakras, filling him with sweetness and joy. Not feeling happy is only the result of not being in tune with this force and not having the consciousness to contain it. For whatever reason we fail in holding onto energy, we must look to ourselves. We cannot blame anybody or anything. It is only our lack of capacity to hold that which is given.

Revelations

In all teachings, the temptations that appear during the revelation period are those things we identify with, that take away the energy or content from the experience. It is the courage to put the bottom on the void, so that the incoming energy is not lost during any experience, that is required. This enables a person to grow endlessly, by surrendering content as fast as it manifests itself.

Seekers
It is a remarkable event when somebody presents a situation that exposes their real need. It is rare when even half the truth is given. Usually a situation is distorted beyond recognition. It is as if somebody is saying to me that if I can dig out the real situation, maybe they will allow me to help them. When a situation occasionally is presented in all its nakedness, it is only because the person is defenseless at a particular moment. As soon as they have one stitch to put on their back, they again retreat into themselves, distorting what they said and what they think you said. The ability to hear and see is rare in this world. It only exists in somebody who truly wishes to grow. This has not, unfortunately, been the attitude of most seekers. So few succeed in reaching their goal that it is safe to assume that there are few who honestly pursue a spiritual life, and even then, very few teachers who cater to anything that brings the realism that allows for enlightenment.

Spirituality

Spirituality is not about being where you think you should be. It is not about being where you want to be. Spirituality is about being on the highest point of an ascending energy that keeps growing and growing.
As this energy grows, it completely destroys every level of truth as you live it. This does not mean the truth that has been destroyed was not real. It was real for the level on which you existed before. With students, I am not interested in how long they are with me; I am just interested in one thing: whether or not they are strong enough to break up the horizontal level and continue growing. For myself, I do not want to limit myself by what I was. I do not think, "I did all this work to get to here." That is baloney. That is making a drama of your life and trying to build an image for yourself. The point is to keep growing. It is to have the courage to keep growing, even if it pulls apart the structure of your life. Then it is freeing you. There is nothing wrong with pulling apart the structure. What is wrong is to build yourself into a coffin and then stay there and try to justify it. Either you are working to live on a higher level all the time and to have a rebirth all the time, or you are trying to find justification for staying the way you are.
The whole point of what we do is to destroy matter, which is this horizontal plane we sit on: the earth. It is to translate this physical and material matter into spiritual force. This is our work.

Surrender
You sit down. Inside you, what is going on? You want to be right. "I'm a nice guy, how could this person do this to do me? How could someone take advantage of me in the business world," or "How can somebody not love me? Don't they understand what I did?" Inside you, these muscles close up; they are protecting you. They are protecting your ego, protecting the image you have of yourself. You sit down to take your breath, and you find that something has robbed you of your heart. What robbed you of your heart ? The need to be right. These muscles do not want to open. They would rather you were safe and secure behind the wall than outside the wall.
Surrendering is opening all the muscles. This is the real test of your surrender in a situation. Can you breathe ? Does the throat open to receive the energy ? Are you free to receive this energy and open and see what your condition really is ? If you find out you are constricted in your heart, you have a pain in your back, or you can't get the air down, what does it mean? It means you are closed. What closed you? It does not matter what closed you, you do not have to find the rational reason, you just have to open. You sit and work, and you breathe. I do not have that problem anymore, but I used to sit and take that breath six hundred times in one day, sometimes, to begin to feel a little crevice start to open. If you are closed, you are dead. You can't be right if you are closed. Can a closed person know what he or she did or did not do ? So, if you find that you are closed, you have to drop the whole issue of whether the other person is or is not right.


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