Et il lui dit: Sors, et tiens-toi sur la montagne, devant l'Éternel. Et voici, l'Éternel passait. Et un vent grand et violent déchirait les montagnes, et brisait les rochers devant l'Éternel: mais l'Éternel n'était point dans ce vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre: l'Éternel n'était point dans ce tremblement. Et après le tremblement, un feu: l'Éternel n'était point dans ce feu. Et après le feu, un son doux et subtil. Et sitôt qu'Élie l'eut entendu, il arriva qu'il s'enveloppa le visage de son manteau, et sortit, et se tint à l'entrée de la caverne; et voici, une voix lui fut adressée en ces termes: Que fais-tu ici, Élie ?

Les commentateurs chrétiens font vraiment preuve d'incompétence. Si vous cherchez des interprétations de ce passage, on va vous raconter que Dieu n'est pas dans les oeuvres fracassantes mais dans les petites choses toutes douces et subtiles, comme un léger souffle de vent. Même le Père Molinié tombe dans ce travers. 

A la lecture de ce texte, pas si bien traduit en réalité, il m'a sauté aux yeux que l'interprétation doit être "yogique". La tempête, ce sont les vents perturbateurs qui s'élèvent, le tremblement de terre l'ouverture du premier chakra, le feu la montée de la kundalini, et le léger souffle... eh bien c'est le nada, tel que le décrit Salim Michael, qui a beaucoup parlé à ce sujet. Et que Dieu soit dans le nada, ça fait sens, oui, puisque c'est là que se produit la véritable ouverture. Alors, en cherchant, je suis tombé sur une page qui va dans mon sens. Il y est dit :"La tempête dont il fait mention, puis le séisme et même la brûlure (le feu), c'est en lui qu'il les perçoit ou les entend". Mais surtout, la traduction de l'expression qu'on veut nous faire passer pour une légère brise qui vient caresser le Prophète Elie est littéralement "un bruit de silence". Il n'y a donc aucune légère brise, mais un bruit de silence. Définition exacte du nada. Et d'ailleurs personne n'a dit que ce bruit était léger...

"Un jour, alors qu’il méditait et ne cessait de plonger toujours plus profondément en lui-même, avec une détermination croissante mais tranquille, en augmentant constamment l’intensité et la force de sa concentration sans la laisser à aucun moment faiblir ni fluctuer, soudain, tandis que la sensation de son corps devenait toujours plus fine et raréfiée, ce Nada sacré commença à vibrer dans ses oreilles d’une façon inhabituelle, grondant dans sa tête avec une puissance et une intensité incroyables, qu’il n’avait jamais connues auparavant.

Tout à coup, avec une force stupéfiante et une rapidité fulgurante, il fut aspiré au sommet de son crâne. En même temps, il sentit que son front s’ouvrait de l’intérieur et que la vision de ses deux yeux fusionnait intérieurement au centre de son front.

Simultanément, il éprouva l’étrange et puissant sentiment d’être mort et retourné à sa Source d’Origine. Il fut aussi saisi par la sensation inexprimable d’être immergé dans le Grand Tout, et ce fut comme s’il avait découvert et compris le secret mystérieux qui se dissimule derrière la vie, les étoiles et l’Univers. Un immense silence éternel d’une qualité inconnue de ce monde régnait".

http://temoignagesdeveil.free.fr/salimmichael.htm

Il paraît que c'était trop bizarre de traduire correctement, alors on a traduit autrement. Ça c'est l'esprit ignorant. On ne comprend rien, alors on change le texte pour avoir l'impression de comprendre. 

On se demande combien d'autres passages sont interprétés n'importe comment, surtout à notre époque où plus personne n'y comprend rien. Parce que bon, il suffit d'avoir eu un peu affaire à Dieu pour savoir que ça n'est pas une douce brise mais une grande claque dans la figure. Parce qu'on nous dit "Oh mais le regard de Jésus à Pierre, il est doux". Certainement, sauf qu'il l'a fracassé d'un bout à l'autre. Il y a des douceurs qui sont violentes. 

D'où la crainte de Dieu, premier don du Saint Esprit, mais ce sera l'objet d'un autre article.