Actuellement, la "philosophie" de l'Eglise consiste à nous dire qu'il faut faire des choses pénibles pour Dieu, et qu'on sera récompensé. Autrefois c'était vrai, parce que les anges étaient partout, et pouvaient apprécier nos efforts. A moins que ça ne soit le Père spirituel. Mais s'ils sont absents, personne n'appréciera nos efforts, qui seront vains. Personnellement, pas une seule fois je n'ai été surnaturellement récompensé pour avoir fait quelque chose qui m'a coûté. Pas une seule fois dans ma vie. Si par exemple je vais à une messe qui me coûte, je me retrouve simplement avec mon mal-être, rien de plus. Je me serai séparé de Dieu pour rien - puisque le mal-être, c'est la séparation. Franchement qui voudrait se séparer de Dieu volontairement pour en outre n'en avoir aucun bénéfice ? Le seul bénéfice, ce serait peut-être d'apprendre à rester connecté dans des circonstances néfastes, mais c'est à double tranchant, parce que si on échoue, on renforce la séparation.

C'est parce que certains acceptent, jour après jour, de faire des choses pénibles qu'ils ne progressent jamais dans la prière. J'ai connu un apprenti moine qui a passé six mois à souffrir chez les Chartreux. Souffrir du froid, des offices de nuit, de manque de chocolat... Au bout de six mois il était épuisé, on lui a dit de sortir. Qu'avait-il gagné ? Rien, il avait juste perdu six mois en efforts vains "pour l'amour de Dieu". Et il en a vu autour de lui qui y avaient perdu toute leur vie. On en voit beaucoup chez les Religieux, car ils cultivent la mentalité magique consistant à croire que Dieu peut être donné et acquis comme un objet extérieur. Ou le paradis. Mais le paradis n'est pas un lieu, c'est un état d'esprit. Après la mort, les lieux et les états d'esprit deviennent une seule et même chose, nous nous retrouvons en quelque sorte dans le lieu de notre état d'esprit. Si l'amour de Dieu ne nous réchauffe pas en cette vie, c'est tout simplement que nous n'éprouvons pas d'amour. Nous n'allons pas nous mettre à en éprouver comme par miracle au moment de notre mort.

Les tribulations cela existe bien sûr, mais ça doit s'insérer dans une vie illuminée par la grâce. Il doit y avoir un contrat très clair, que ce soit avec Dieu ou un Père spirituel. Malheureusement, il y a beaucoup de personnes aujourd'hui qui s'autorisent à faire signer des contrats sans pouvoir les honorer. Ils doivent pouvoir remplacer ce qu'ils demandent aux gens de sacrifier, contre quelque chose d'une valeur supérieure. Sinon ils n'ont aucun droit à demander des sacrifices. Le prêtre que j'ai vu l'autre jour se proposait de m'emmener dans ce chemin, dans lequel il avait lui-même été emmené par un autre, cela pouvait se voir clairement. Nous n'avons qu'une vie, et nous devons vraiment nous méfier des faux-monnayeurs, car une fois que nous l'avons gaspillée, c'est fini. Que les faux-monnayeurs soient sincères, et qu'ils aient été  la victime d'un système dans lequel ils sont obligés de se faire croire qu'ils ont fait le bon choix en y entraînant les autres, ne change rien au résultat.

Quoi qu'il en soit j'ai finalement réalisé que je suis un idiot (Dieu finit toujours par nous trouver des solutions si on lui demande). Je ne souhaite pas communier en France, donc je n'ai aucun besoin de refaire ma chrismation. Et si je vais en pèlerinage à l'étranger, je dirai que je suis Orthodoxe et voilà. De toutes façons, j'ai fait la démarche, j'ai été chrismé, leurs querelles d'Eglises à la noix ça n'est pas mon affaire.