Il n'y a rien à faire. Ce qui stabilise réellement l'état naturel, c'est les gouttes. Enfin, le nouveau corps. Mais j'ai beau en parler aux gens, tout le monde croit mobiliser les gouttes à sa façon, alors que personne ne le fait. Ça se voit déjà sur les photos, ça empêche d'avoir l'air décati passé 45-50 ans, et j'en ai vu plus d'un qui se prétendait avancé mais qui avait cet air décati. C'est sans appel. Regardez les lamas tibétains, même à 80 ans ils brillent. Je n'en dirais pas autant des jeunes qui semblent avoir oublié comment on fait. De toutes façons, les gouttes, c'est simple, ça chauffe. Je ne parle pas des gens qui ont un métabolisme élevé et qui se baladent en tee-shirt en plein hiver. Je parle d'une chaleur subtile, qui, bien qu'elle puisse remplacer avantageusement le chauffage, n'en reste pas moins subtile. La chaleur interne grossière, c'est par exemple quand on a chaud en faisant des pranayamas. Ou la ménopause, pour les femmes. Là c'est différent, il y a dans cette chaleur subtile une qualité spéciale... d'état naturel.

Actuellement j'aurais tendance à dire qu'il faut passer un certain seuil pour que ça se multiplie plus facilement. Mais il y a assurément un moment où ça vient assez facilement, et où ça vient même en dehors des sessions. Les tibétains parlent d'une étape où tummo (le feu intérieur donc) devient permanent. Question de temps apparemment. Par exemple j'ai toujours été étonné de ce que mon ami peintre qui se prétendait très avancé mette le chauffage à fond l'hiver. A l'époque j'admettais qu'il y ait des chemins différents selon les gens. Mais finalement tous ceux qui sont réellement avancés disent la même chose. Et je le dis aussi : il n'y a que la fonte des gouttes, et donc le nouveau corps, qui permette de stabiliser réellement l'état naturel. Pas le truc qui va s'envoler d'ici quelques années.
Parce qu'effectivement, il y a un moment où on peut se dire qu'on va le stabiliser avec les vents. Il suffit d'avoir un dynamisme suffisant, voir des gens etc... si le corps subtil est un peu nettoyé, et le corps physique en bonne santé, tout ce qui va le percuter produira de l'amour divin. Mais : si on tombe malade, ou si on est fatigué, ça ne marche plus. Par contre, malade ou pas, le nouveau corps on l'a toujours. C'est ce qui permettra d'avancer dans la pratique même quand on sera vieux fatigué et malade, comme Salim Michael l'a bien illustré. Parce qu'il ne faut pas s'imaginer qu'on sait ce que c'est, la vieillesse. Si on se fonde sur la seule purification des vents, tout cela va disparaître avec l'âge et on finira comme tout le monde. Or quand on ne sait pas comment mobiliser les gouttes, il n'y a quasiment aucune chance qu'on le fasse, et encore moins de la bonne manière.  

Tout ceci est complètement évident, même si je ne prétends pas être particulièrement avancé. Cela fait dix ans que j'essaie de faire fondre les foutues gouttes, en y mélangeant ce qu'il faut, vraiment c'est pas facile à mon âge (il faut savoir qu'au-delà de 40 ça devient compliqué parce qu'elles dégénèrent avec l'âge), mais c'est juste cet hiver que je commence à remarquer la différence, alors qu'il fait 14° dans la maison. J'ai toujours 3 pulls, mais je ne me sens pas frigorifié en général, alors que les années précédentes, il n'y avait jamais assez de pulls. Et la nuit aussi j'ai moins froid, ce qui me permet de laisser un peu la fenêtre ouverte.

Donc il y a un gros effort à fournir, jusqu'au point où le feu intérieur devient facile à produire. Et là, bon, disons que c'est une nouvelle étape, où l'on peut enfin trier tout ce qu'il y a dans son esprit qui devient beaucoup plus stable, et entr'apercevoir la possibilité qu'un jour il n'y aura plus de voiles émotionnels. On peut aussi facilement distinguer la bonne concentration de celle qui ne produit rien, et produire plus facilement la bonne (parce que bon, il faut aussi imprimer certaines choses dans ces gouttes). En fait, ça ouvre des horizons dont on ne rêvait pas. Je commence à soupçonner qu'une partie des miracles s'explique avec ce truc : un corps spirituel/matériel. L'autre partie, comme dit Mère, c'est évidemment moins glorieux, beaucoup de gens les produisent avec l'aide de petites entités du vital.
Bref, c'est crucial, c'est la clé de la porte vers autre chose, mais plus personne ne le sait, à l'exception de quelques tibétains qui se gardent bien de le signaler, et quelques vieux Pères du Mont Athos.