Il y a une chose intéressante avec la détox, c'est qu'elle fait sortir le karma. Au fond, ce qu'on cherche avec la pratique, ce n'est pas la paix ou le bien-être (ah bah non hein), c'est à obtenir des cycles où on va pouvoir nettoyer du karma, sauf que par la méditation c'est toujours assez aléatoire. Mais comme le karma est engrammé dans le corps physique, on peut aussi provoquer ça par la détox. A la condition (me semble-t-il) qu'on soit capable de convertir l'énergie physique en énergie spirituelle. Parce que si tout le monde l'était, les grands blacks qui font des callisthenics seraient tous des grands réalisés. Et puis tous les jeunes, aussi. Enfin, ça n'est pas tellement un hasard si pas mal d'ados ont des expériences spirituelles. Ils sont finalement à l'âge où on a le plus d'énergie, et comme le conditionnement n'est pas encore trop fort, ça arrive à déborder dans le domaine spirituel pour certains. Mais arrivés à l'âge adulte, entre le conditionnement qui s'est multiplié, le mauvais usage de l'énergie, et ensuite sa diminution... bref. Ceci pour dire qu'il ne suffit pas de retrouver un niveau d'énergie élevé, il faut aussi s'être débarrassé de sa cuirasse caractérielle. Retrouver un certain état du petit enfant ou de certains ados. (Ce qui me rappelle une anecdote. A une époque j'avais des serpents, et je sortais souvent avec l'un d'entre eux qui était assez joli, environ 2m de long. Et j'avais remarqué que les petits enfants aimaient bien venir le caresser, mais que passé un certain âge (7 ans), ils avaient peur. Ne parlons pas des parents, terrifiés). Est-ce que ça suffit à transmuter l'énergie physique en énergie spirituelle ? Je n'en sais fichtrement rien. Sans doute qu'il faut quand même avoir une relation au divin pas trop tordue, ne pas s'imaginer le roi de la galaxie, mais plutôt avoir réalisé qu'on n'est que l'humble serviteur d'une puissance supérieure, et s'en trouver heureux bien sûr.
Donc pour moi, je peux dire que tout est arrivé à se mettre à peu près en place, l'énergie du haut, l'énergie du bas, et le karma m'apparaît de moins en moins sous forme de souvenirs/émotions, et de plus en plus sous forme de vents tordus dont je n'ai pas la moindre idée de ce qu'ils représentent. C'est un peu la différence entre un mauvais souvenir et une crise de foie. Je veux dire que le mauvais souvenir, ou l'émotion douloureuse, tout ça est assez bien intégré. Ce qui veut dire de moins en moins d'inertie. Mon passé m'apparaît de plus en plus comme une calamité, mais une bonne calamité. Bien qu'il n'y ait rien à sauver là-dedans, il y a de l'énergie. C'est un beau tas de merde, mais comme j'ai réussi à acquérir un composteur, je ne m'en plains pas. Au passage, je dirais que les bons et mauvais souvenirs ont tous rejoint le tas de merde. A savoir qu'ils sont tous la manifestation d'une jeunesse sans Dieu et totalement misérable. Dans cette misère tout se vaut absolument, sauf peut-être de très rares séquences plus lumineuses, avant 5 ans. Mais bon, ma famille y a mis bon ordre.
Donc ce qui me reste maintenant que 80% des empreintes émotionnelles sont nettoyées, ce sont les empreintes physiques, et alors là y a du boulot. Pour reprendre ce que je disais plus haut, une empreinte émotionnelle, ce serait par exemple me souvenir de tout l'art que mettait ma grand-mère paternelle à étouffer chez moi le peu de bien qu'il y avait, et une empreinte physique, c'est une crise de foie. Ou une crise sans foie. Enfin, sans cause. Parce que je pense que finalement, la cause primordiale gravée dans ce corps, c'est le traumatisme de la naissance, qui chez moi a été immédiatement suivi par d'autres, puisque ma naissance a été suivie par un mois d'hopital. Du coup je n'ai jamais su ce qu'était une mère, ni un père d'ailleurs, et le reconstruire a été compliqué. Mais disons que le corps, lui, il a pas mal de mauvais souvenirs datant de cette époque, où rien n'était encore conceptualisé ni conceptualisable. Il s'est donc construit autour d'une certaine structure qui lui est propre, je ne sais pas laquelle, et dès qu'un thérapeute, docteur etc vient y mettre ses petits doigts, il me fout le bazar. Il a un certain équilibre (évidemment artificiel), qui est rompu dès que je touche quoi que ce soit, et c'est de plus en plus visible. Pour chaque "action", les vents se mettent de travers d'une étrange façon, mais quand la situation revient à la normale, il semble que l'état naturel soit plus "naturel" que la fois d'avant. 
J'ai pu voir la différence dimanche dernier à Arcachon. "Autrefois", je tentais d'accrocher le bon état par le stade de génération, yidam et compagnie. Ça marchait difficilement parce qu'il faut être très concentré, alors avec le restau et tout le reste... Maintenant il s'agit juste d'être conscient du corps physique, à la "jonction" où l'énergie physique se transforme en énergie spirituelle. Ce qui demande assez peu de concentration et reste très facile tant que les vents ne se mettent pas de travers. Donc au lieu d'avoir 3mn d'état naturel sur la séquence de 90mn disons, ce serait plutôt 30mn.
A chaque fois que les vents sont de travers, mal au ventre ou autre, c'est d'ailleurs assez différent d'autrefois. Dans la configuration ordinaire, on a mal au ventre, on se concentre pour le faire passer, on essaie de mettre de l'énergie dessus en se disant par exemple que ça va le dissoudre. Ce que fait tout le monde. Dans la configuration nouvelle, on ne cherche pas à le faire passer, on cherche juste à le mettre au jour. Comme si on attrape la queue d'un animal mort et qu'on essaie de le faire sortir en entier. Le but, c'est juste de le sortir du placard, même pas d'aller le jeter quelque part. Parce qu'on sait qu'en le mettant au soleil, Dieu va s'en occuper. En quelque sorte. Dans l'attitude commune on se prend pour Dieu, on essaie d'agir sur le mal, dans l'autre attitude, on montre le mal à Dieu et on le laisse agir.
La première méthode conduit souvent à enterrer le mal, parce que dans la mesure où on n'en veut pas, on prend plus ou moins consciemment des mesures pour le faire disparaître, d'une manière ou d'une autre. C'est pour cette raison que c'est sans fin, parce que si un mal visible est relié à un mal plus profond, ce qui est toujours le cas, on ne le saura pas avant longtemps. Plus on cherche à se débarrasser du mal, plus on le garde. C'est ce qui pose problème avec la pensée positive. En revanche, si le but est seulement de l'exposer, mais absolument pas de s'en débarrasser (j'insiste), il parvient à se défaire. Aucune action ne peut être intentée contre lui. Simplement on le tire par la queue et on le pose là, devant Dieu. Ce qui demande d'avoir un certain sentiment de Dieu. On ne peut le poser là en se disant "Dieu est probablement là". Il faut avoir le lien, sinon le mal est juste posé sur la table dans l'obscurité, pas devant Dieu. Et alors là rien ne change. C'est la différence entre sortir sa poubelle dans son jardin, où elle va moisir sous la pluie, et la mettre sur le trottoir, là où les éboueurs vont la vider. C'est ce qui fait la différence entre un karma qui sort pour se nettoyer, et un karma qui sort pour moisir et se remultiplier. La souffrance qui a un sens et celle qui n'en a pas.

 

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