Ce matin je tombais sur la page FB d'un pauvre gars qui a un cancer du pancréas, qui va se faire une semaine de jus (à mon avis ça ne suffira pas) et qui a décidé "garder l’esprit focalisé sur la joie de vivre et le désir de rester en vie". Je me demande bien comment il va s'en sortir. Bon, il y a certes des "battants" qui guérissent, avec la "pensée positive" etc. enfin, c'est ce qu'ils nous disent, mais est-ce bien vrai ? J'ai remarqué une certaine propension chez un peu tout le monde à taire le plus important. Par exemple, le gars qui est malade et qui a décidé de s'en sortir par la pensée positive, et qui tient un blog. Peut-être une nuit va-t-il avoir une crise où il va se dire que tout ça c'est de la merde, qu'il est impuissant en réalité, que tout est entre les mains de Dieu, et que cette crise va lui permettre de relâcher la stase énergétique qui l'a rendu malade en premier lieu. Le lendemain matin, au réveil, tout ira mieux, il va retrouver sa pensée positive, il ne se souviendra plus de sa crise, et 3 mois plus tard, il va dire à tout le monde que la pensée positive l'a guéri. Ce qui sera un énorme mensonge.
Ce que j'ai remarqué, c'est que "focaliser sa pensée sur le positif", induit des blocages énergétiques.
Hier par exemple je lisais un article de Winicott qui expliquait que le thérapeute doit absolument reconnaître la haine qu'il éprouve envers le patient psychotique, sans quoi la thérapie ne risquait pas trop bien d'aboutir. D'après ce que j'ai compris, le thérapeute déteste également le patient névrotique, mais il peut se permettre plus facilement de ne pas s'en rendre compte. Tout ça pour dire que le malade déteste certainement sa maladie, et que c'est une part importante de sa vie intérieure. Peut-être aussi qu'il se déteste lui-même pour l'avoir attrapée, et qu'il déteste Dieu de la lui avoir donnée (même s'il n'est pas croyant), et qu'il déteste les autres d'être en bonne santé... De la même façon, je suis convaincu que les vieux détestent les jeunes d'être jeunes. Et d'après Winicott toujours, les mères détestent leurs gosses (pas seulement, bien sûr). De toutes façons il suffit de les observer.
Bref, le plus compliqué c'est finalement d'aller à la racine de tout ce bazar d'émotions imbriquées et de retrouver la première. Première qui n'est autre qu'un certain déséquilibre des vents, induits on ne sait trop par quoi. Remonter le karma, c'est toujours remonter à la racine. Le gars postule qu'il a envie de vivre, mais qu'est-ce qu'il en sait finalement ? Il raisonne comme s'il était une entité unifiée. Il y a des jours où on a envie de vivre, d'autres où on a envie de mourir, en tous cas si on arrête de se raconter des histoires. Surtout si on réalise que "mourir" n'est pas forcément ce qu'on croit. Cela pourrait être par exemple synonyme de "laisser la place à Dieu". Quelque chose du genre "que ta volonté soit faite" au lieu de "je veux absolument guérir". Le cas de Christiane Singer montre qu'on ne guérit pas forcément après avoir laissé la place à Dieu, mais je ne vois pas tellement d'autre solution de toutes façons, parce que c'est ce qui garantit la meilleure circulation énergétique. C'est notre meilleure chance de guérison quand on est malade. Il faut que le sentiment soit réel bien sûr, je parle d'un amour sincère et non pas d'une démission contrainte et forcée. Une sorte de confession de notre impuissance, de repentir de notre prétention d'avoir voulu être quelque chose, et d'abandon à la seule chose qui puisse nous sauver. Je ne parle même pas des bénéfices secondaires de la maladie qui sont encore une autre question (et dont quand même il est bon de s'aviser à l'occasion).