Je suis en train de lire les Longsal Teachings de Norbu, et si ça m'a appris une chose, c'est que les termas ne sont pas contenus dans les textes. Les textes, en tous cas les siens, sont ridiculement dénués de contenu. Ils sont un peu comme le panneau Pharmacie qui indique la pharmacie mais dans lequel on ne trouvera aucun médicament. Et je pense que c'est finalement le principe de tous les termas, c'est-à-dire de tous les textes tibétains. Il est vrai que les tibétains disent qu'on ne peut pas pratiquer sans transmission. Mais ce qui est trompeur, c'est qu'ils ne donnent pas les transmissions quoique prétendant les donner. Donc on finit par se dire "bon, ça ne doit pas être si nécessaire que ça, puisqu'avec ou sans, le résultat est le même", au lieu de se dire "ceci ne nous concerne pas". Mais du coup, cela explique pourquoi les grands Rinpoches font les tour des autres Rinpoches pour se faire transmettre ceci ou cela. C'est que, effectivement, sans transmission, ils ne peuvent pas faire la pratique, même eux. En effet, c'est comme des nouveaux canaux qu'on leur grefferait dessus, étant nouveaux on ne sait pas ce que c'est. Pour prendre une image, le texte du terma, c'est la recette de la tarte aux prunes, et la transmission, c'est le prunier. Quelqu'un qui a des poiriers des framboisiers des amandiers... il peut faire ce qu'il veut, il ne va pas inventer la prune. Le seul qui peut l'aider à faire sa tarte au prunes, c'est le gars qui a les prunes, et qui peut lui refiler un noyau. Alors ensuite, "Dieu" a donné des noyaux de ceci et de cela à des tas de gens, mais si ces gens ne nous les donnent pas, eh bien on n'aura pas le fruit un point c'est tout.
Ce qu'il faut en tirer comme conclusion, c'est que si personne ne nous donne d'arbres ou de noyaux, il faut demander à Dieu de nous donner quelques noyaux. Ce qui est possible, mais cela veut dire qu'il faut poursuivre la même ligne de travail pendant assez longtemps. Et surtout, il faut que ça soit celle qui nous correspond. Personnellement, je ne me sens pas d'aller aider les chiffonniers du Caire. Ce n'est pas mon terma, voilà.
J'ai reçu le terma du roman. Il est tout à fait utilisable par d'autres (moyennant le fait que je puisse lire ce qu'ils écrivent), mais les gens me disent toujours "oh là là c'est trop de travail". Bon, ils verront bien si ça n'est pas du travail de faire descendre leur propre terma (à supposer qu'ils s'aperçoivent un jour que sans ça ils ne feront rien de leur vie).