Hier j'ai testé une nouvelle méthode de méditation. C'était pas mal pendant la session, mais alors après quand je suis allé me coucher, c'est comme si certains canaux avaient été ouverts et relâchaient toute leur crasse. J'ai passé deux heures à contempler d'affreuses visions samsariques. Ce qui prouve que la méthode est efficace, puisque la transmission du Père A* m'avait produit un effet assez similaire.
Je remarque maintenant que le karma prend rarement un aspect d'agitation émotionnelle. Ces vents-là ont dû se résorber en partie dans d'autres plus subtils. Pas tous évidemment, l'été dernier quand je ramassais des châtaignes dans les bois et que j'ai entendu un coup de fusil pas très loin j'ai été saisi d'une soudaine agitation qui m'a fait sortir du bois très vite. Mais les petites choses perturbantes de la vie quotidienne sont moins saillantes. A ne pas confondre avec l'inertie développée par nombre de pratiquants bouddhistes. Pendant longtemps, j'ai été stressé par tout et n'importe quoi. Après une phase de plusieurs années où rien ne semblait me perturber. C'est très bien expliqué par le modèle reichien de l'armure caractérielle. J'ai commencé avec une belle armure, ensuite je l'ai enlevée et je suis devenu un écorché vif, et pendant un temps je pensais que ça n'aurait jamais de fin. Mais là il semble que ça se résorbe dans l'état naturel. Je parle bien d'état naturel, puisque j'oscille finalement entre deux états. Un état de vents stables où je suis dans l'état naturel à chaque fois que je le veux. Un autre état de vents perturbés où ça n'est pas possible, mais ça n'est pas non plus un état émotionnel. C'est un état physique de vents perturbés à tel et tel endroit précis du corps. L'émotion, c'est encore tout autre chose.
Ceci pour dire que ce que j'entends par "remontée karmique se traduisant par une agitation émotionnelle", c'est ce que j'avais avant. Genre thérapie primale : mon corps se souvient quand il était bébé à la maternité, qu'il entendait partout autour de lui des bébés qui criaient, et je réalise que c'est de là que je ne supporte pas les cris de bébés. Et je pleure, je pleure... Bon, maintenant c'est différent. C'est une distorsion de la perception qui se traduit généralement sous forme de visions lumineuses samsariques ressemblant à un bad trip. Il n'y a rien se rapportant à des événements passés, rien d'apparent en tous cas, pas de scènes. Ce sont des enchevêtrements de formes qui ressemblent à une jungle et qui émanent des qualités négatives, au même titre que les bouddhas émanent des qualités positives. Elles ne sont pas forcément laides, ça peut même être assez joli. A l'inverse, j'ai déjà vu que des formes laides peuvent émaner des qualités positives. Par exemple, on peut voir des fleurs infernales et des araignées nirvaniques.
Quoi qu'il en soit, je note que l'état naturel me "vient" toujours par les mêmes canaux même si ensuite il se répand, et que si ces derniers sont perturbés, plus d'état naturel. En somme, ma base est plutôt étroite. Par contre ces canaux se rappellent à mon bon souvenir dans des activités de plus en plus variées, ce qui n'était pas le cas autrefois, et ce qui prouve, à mon sens, que c'est le "bon" état naturel. Puisqu'il prend de l'extension assez facilement. Il faut dire que j'ai passé ma vie à tester diverses sortes de "consciences", en passant bien sûr par la conscience des sensations, de la respiration, et toutes sortes d'autres choses, et rien ne s'est jamais multiplié par soi-même. Après 1 an de conscience de la respiration par exemple (10h par jour), il fallait toujours strictement le même effort pour maintenir la même qualité et quantité de conscience. Autrement dit, absolument rien n'avait changé. D'après les textes, seul l'état naturel aurait en réalité la vertu de s'auto-multiplier. Ce qui est le cas avec la nouvelle version, car la base n'est plus un "je qui se souviendrait d'être conscient" (chose impossible à stabiliser si on y réfléchit), mais des "vents/canaux qui se rappellent à eux-mêmes ici et là".
Donc je le reprécise pour certains lecteurs, l'état naturel dont je parle n'est pas celui d'une entité, d'un "je", il n'a rien de global. Il circule dans certains canaux, pas dans d'autres. Et sa qualité est grossièrement subtile. A savoir qu'il est clairement différencié de l'émotion agréable par exemple (qui est vraiment un vent très grossier), et qu'il n'a donc aucun rapport avec les objets de plaisir/douleur, cependant on est loin de la claire lumière en termes de qualité. Et si je devais redonner une définition de l'état naturel, pour ceux que ça intéresse, je dirais que j'associe cette expression au fait d'avoir un certain nombre de vents purs circulant dans un certain nombre de canaux, en bas et en haut, et que les deux sont reliés. La tête est importante. Le bas aussi. En gros, tous les chakras sont ouverts à un pourcentage minimal (le maximal étant celui, non pas du bouddha, mais de celui qui est à la moitié du chemin, puisque les bouddhas n'ont plus ni chakras ni canaux). 

A partir de cet état, il me semble qu'on peut évaluer l'action directe de toutes sortes de méthodes sur les canaux. Par exemple, si on trouve un moyen physique de modifier les flux d'énergie (je pense que c'est à la base le but du hatha yoga), ces flux modifiés iront dans le canal central produire un certain effet, et on pourra de la sorte juger de l'effet de la posture. Mais il est clair que chez l'individu ordinaire, le canal central étant fermé, il est impossible de juger de l'effet spirituel d'une posture, on pourra seulement juger de son effet relaxant, dynamisant etc. L'effet spirituel n'a carrément rien à voir. A partir de quoi il convient évidemment de réévaluer toutes les activités possibles et imaginables.