Comme je le dis souvent, la mémoire, mais la vraie mémoire, est ce qui nous fait le plus défaut. J'ai déjà discuté avec des dizaines de gens comme bob, malheureusement je n'en ai gardé aucune mémoire réelle, c'est-à-dire utile. C'est un peu comme avec la nourriture, j'ai du mal à acquérir la mémoire du gâteau au chocolat, ou du Nutella. Et je recommence, et je me demande à chaque fois ce qui m'a pris de recommencer. Le problème, c'est que je ne suis plus capable de penser, ou de conceptualiser, une telle structure mentale, en sorte que même s'il était possible de tirer une conclusion très vite, je me suis refusé à la tirer, en plus d'être surpris à chaque tournant. Parce que je ne crois plus que de telles choses soient possibles (alors qu'il n'y a finalement que cela autour de moi, si je me donne la peine de regarder).
Il a fallu qu'une certaine structure énergétique finisse par se construire dans mon champ perceptif, un genre de structure où il n'existe plus aucune possibilité de mouvement. A ce moment forcément, on s'arrête de bouger et on passe à autre chose. Ce que je voudrais garder au fond, c'est la mémoire de cette structure, un genre de photocopie, afin qu'à la prochaine occurrence j'évite de perdre mon temps.
Mais il y a aussi une autre solution fort élégante, qui consiste à ignorer l'interlocuteur un certain temps, au lieu de lieu donner la tribune. L'arrogant et celui qui n'a rien à apporter s'en iront tout de suite. Celui qui est réellement intéressé par le propos, et qui ne cherche pas seulement à réagir à une parole isolée, celui-là insistera. C'est arrivé une fois, un jour où j'ai confondu un nouveau avec un ancien. Donc je ne lui ai pas répondu, le temps de 2 ou 3 commentaires intelligents. Quand j'ai vu mon erreur, il était toujours là, bien patient.