Bon, une autre video de Padovani qui me laisse songeur. Par exemple "si les grands éveillés pouvaient transmettre ce qu'ils ont, ça se saurait". Ce qui me fait penser à "S'il y avait des extra-terrestres, ça se saurait". Traduisez : si je ne le sais pas, ni mes amis, alors ça n'existe pas. Bon. Parce qu'en fait ça se sait, mais pas par elle.
Sinon l'argument est évidemment pertinent, chercher quelque chose à l'extérieur interdit de trouver ce qu'il y a à l'intérieur. En même temps, pour qu'en 2013 elle soit encore à s'imaginer que "l'Eveil" était un truc qui aurait dû/pu lui tomber dessus, c'est quand même inquiétant. Ça me fait penser à un truc de Pema Chodron je crois, qui dit qu'un jour elle a cessé de se comparer aux grands pratiquants pour pouvoir être tranquille. Mais comment peut-on être assez stupide pour se faire du mal avec ça, et prétendre avoir une aspiration ? Dans le même ordre d'idée, elle explique encore que sa "colère" de ne pas éveillée au bout de 40 ans de recherche était à la mesure de son aspiration. Alors là ça m'échappe. Puisque l'aspiration, c'est la chose elle-même, comme je l'ai expliqué dans mon livre sur l'oraison. 
Plus on développe l'aspiration plus on ressent la présence de Dieu. Sinon, ce n'est pas de l'aspiration, c'est de l'avidité, ce qui est tout à fait autre chose. Mais le vrai désir de Dieu, c'est Dieu. Au passage ça me fait penser à ce qu'on voit ans les séries télé, la fille se jette sur le gars en lui disant "Je t'aime". Non. Ce mouvement physique de se jeter dessus est la preuve que l'amour manque. On espère le trouver en se jetant dessus, certes, malheureusement ça ne marche pas (sauf peut-être s'il rayonne de l'autre, mais dans ce cas, pas besoin de se jeter). On veut creuser un trou dans ses canaux par où la lumière va passer, et on s'imagine que par un mouvement physique consistant à se jeter sur, ça va faire un trou. Ça n'a jamais marché comme ça, parce que le trou, on ne le fait pas dans le voisin, ou la voisine, on le fait en soi. Bref. 
Moi aussi j'ai cherché ce fameux Eveil comme on chercher le lièvre à cornes. Mais au lieu de me fixer là-dessus, je me suis demandé 1) ce que je voulais 2) ce qui m'empêchait de l'obtenir. Et si il m'arrivait de me sentir mal parce que je n'avais pas ce que je voulais, je ne me suis jamais dit que j'allais laisser tomber ce désir-là. J'ai cherché à comprendre quelle était l'erreur de conception qui faisait qu'il y avait un problème. Alors on va me dire qu'elle ne dit pas forcément autre chose. Oui et non. Elle cherche ce qu'il y a à l'intérieur. Soit. Sauf qu'à l'intérieur il n'y a pas tout, et que le modèle de tel ou tel grand pratiquant, c'est peut-être bien ce qui est censé me transmettre ce qui me manque. Alors si je les oublie sous prétexte que je me fais du mal en voulant ce qu'ils ont, c'est ennuyeux. La question n'est donc pas de les oublier. Elle serait plutôt "Comment penser à eux sans me faire du mal ?". J'en reviens encore à mon livre... notre problème c'est de nous comparer. Mais on peut très bien vouloir ce que Jésus à eu. Il faudra cependant passer par lui. Si on l'aime suffisamment, on aura ce qu'il a eu, à la mesure de notre amour pour lui. Il ne s'agit donc pas de se retourner sur soi et de ne plus regarder les accomplissements des autres, mais de se demander comment on peut les aimer. Et peut-être qu'on ne les aime pas. Auquel cas, il faudrait peut-être redéfinir ce qu'on veut, et chercher ce qu'on a envie d'aimer. 
L'autre chose qui me scotche et qui me fait dire qu'on ne parle pas de la même chose, c'est qu'elle ne s'est toujours pas aperçu que ça circule par parties. Le petit résultat, c'est quand on a quelques canaux où la lumière circule, le grand résultat c'est quand c'est la totalité. C'est purement une question quantitative. Qui entraîne évidemment une amélioration qualitative. Ceci pour dire que le jour où on s'en rend compte, on ne se fait plus de souci, pour autant qu'on sache ouvrir les canaux un par un. Padovani dit que tout le monde n'est pas appelé à vivre les grandes expériences, mais que tout le monde est appelé à se libérer de la souffrance. Et le grand Eveillé David Ciussi dit la même chose. Dans mon univers, la souffrance loge dans les canaux, et plus on les nettoie, plus il y a d'expériences. Les tibétains diront que tous les pratiquants ne feront pas le corps de grand transfert. Mais ils diront que tous les pratiquants sérieux réaliseront le petit corps d'arc-en-ciel. Parce qu'il n'y a qu'un modèle de développement. On nettoie le karma, la lumière entre et transforme jusqu'au corps physique. La vision béatifique est à la fois différente et la même pour tous. Différente en termes de contenu sans doute, identique en termes de structure. On ne peut pas se libérer de son karma et ne pas avoir de grandes expériences. C'est une contradiction dans les termes. 

La tyrannie de l'Eveil (RCV000242)