(Nous devons aimer les autres)

Je me permets de mentionner ici mon article sur "qu'est-ce qu'aimer les gens" :
http://rudiswork.canalblog.com/archives/2017/01/16/34813318.html

Parce que c'est vrai, il faut aimer les gens, mais si on essaie d'aimer l'image qu'on se fait d'eux (et qui est totalement illusoire), on ne fait que rajouter une couche sur la couche précédente. Dans les faits, il faut commencer par aimer Dieu. Qu'est-ce que Dieu ? Pas un barbu, mais l'infinité des qualités possibles, qui pour les chrétiens se sont incarnées en Jésus. On ne peut pas "aimer Dieu" abstraitement chez les gens, du style "je reconnais la présence de Dieu en eux" ou "je reconnais leur âme immortelle" etc. C'est du bla-bla. J'ai eu un ami qui m'y a fait croire, à une époque. Mais il s'est avéré qu'au bout de trois ans de ce régime, et de retraites de Saint Ignace, et de retraites de discernement, il était encore plus cinglé (avec mon karma, il va tomber sur ce blog, et juste sur ce post). Cela a été prouvé le jour où il a rencontré un vrai père spirituel. Quinze jours plus tard il le vouait à l'enfer parce qu'il n'a pas supporté son énergie spirituelle qui a fait ressortir tout son merdier. Il avait juste tout caché sous le tapis en se disant qu'il voulait "aimer les autres", un leitmotiv qu'il me serinait à chacun de ses appels téléphoniques. Et puis sur un plan plus pratique, il est allé avec un ami au Mont Athos, et après des heures d'une ascension harassante, ils se sont retrouvés dans un petit ermitage, tous les deux dans la même chambre. Il s'est jeté sur le lit moelleux, en laissant à son compagnon de voyage plus âgé celui qui ressemblait à une pierre. Il n'a même pas discuté pour voir comment ils pourraient s'arranger.

Son erreur ? N'avoir jamais cherché à connaître la moindre des qualités divines en tant que telles, être resté toujours dans l'abstraction de "on aime les autres parce qu'on reconnaît Dieu en eux", Dieu en tant que Néant bien sûr, pas en tant que qualités. Bref, un certain vague à l'âme n'ayant rien à voir avec Dieu. Pour aimer Dieu, il faut donc commencer par aimer des qualités. Et ces qualités, qu'on le veuille ou non, on ne les trouve plus autour de soi, du moins c'est devenu très difficile. Enfin... bravo à celui qui les voit, parce que de même que je te disais que tu n'as développé aucune qualité, 99% des gens sont dans ce cas. On passe généralement toute sa vie à développer une seule qualité. Plusieurs, c'est rarissime, et mieux vaut se tourner vers les saints pour les trouver. Une fois qu'on a patiemment observé les saints et commencé à comprendre ce que sont les vraies qualités, donc commencé à aimer Dieu, on ne les trouve pas pour autant chez les gens, enfin disons qu'il ne faut pas s'y attendre. L'ordre des choses, c'est qu'un des ces énergies divines commencent à descendre en toi, et que peut-être certaines personnes autour de toi en profitent. Et commencent à développer leurs propres qualités. Mais attendre de croiser des gens qui ont suffisamment d'énergie spirituelle pour t'en donner... il y a peut-être ton abbé. Les carmélites, j'imagine que tu ne les vois pas, si elles sont cloîtrées.

Je voudrais ajouter encore une chose, à propos des qualités. Le père spirituel dont je parle plus haut ne se présentait pas comme tel. C'était une sorte de pauvre prêtre en exil recueilli par un monastère, il rasait les murs, mangeait tout seul, et manifestement très peu des moines présents reconnaissaient ses qualités. La plupart le méprisaient, ou le prenaient pour un type bizarre (un grand monastère, avec pas mal de moines, 40 ou 50 je dirais). Pourtant, quand il priait aux offices dans son coin, franchement il aurait suffi de le regarder pour de bon pour s'apercevoir qu'il incarnait vraiment quelque chose de Jésus. A tomber par terre. Une telle bonté, à pleurer. Alors, comment ça se fait que les moines autour n'y voyaient que du feu ? Ce monastère n'est pas pire qu'un autre, ces types sont sincères. Juste que pour dire que là où il y a des vraies qualités, il n'y a plus personne pour les voir. il ne faut pas croire que c'est facile. Ce qu'on croise dans la rue ou autour de soi, c'est autre chose.