Samedi dernier nous sommes allés à la messe à la cathédrale de Bordeaux avec Mamounette. C’était sinistre. Monstrueux. On a l’impression qu’ils ont fait leur possible pour éradiquer toute beauté, en sorte que plus personne n’ait envie de venir assister. L’intérieur était tout noir, pas lavé depuis des lustres, on était morts de froid alors que dehors il faisait chaud, des tas de vitraux manquants, à moins qu’ils n’aient jamais existé, une messe soporifique au possible, une chantre dont on aurait dit qu’elle avait une extinction de voix (à part ça quand Mamounette qui a été chantre pendant 8 ans à Notre Dame a proposé ses services on lui a répondu qu’il n’y avait pas d’argent, maintenant on sait pourquoi). J’ai dormi à peu près tout le temps, sauf au moment de la consécration, tout à coup j’ai ressenti une puissante impulsion d’aller communier, alors que j’avais décidé de ne pas le faire. C’est là que j’ai compris que je ne devais pas le faire. En effet, j’ai déjà pu noter à plusieurs reprises que si je n’y vais pas, je ressors avec une aspiration beaucoup plus forte que si j’y vais – puisque dans ce cas, voilà j’y vais, l’affaire est pliée et je n’y pense plus, et de toutes façons ça n’a aucune vertu magique par soi-même. Alors que si je n’y vais pas, je ne perds rien, par contre je gagne une aspiration non réalisée, ce qui sans doute est la chose la plus utile qui soit. 
Du coup, j’ai compris deux choses : pourquoi j’avais été empêché de communier chez les Orthodoxes il y a 2 ans (et certes j’avais pleuré et ensuite j’y avais pensé toute la nuit), et la différence entre la volonté de Dieu et sa volonté propre. Ma volonté propre, c’était de satisfaire mon désir d’y aller. Celle de Dieu, c’était de conserver l’aspiration en n’y allant pas. J’ai compris pourquoi les Pères spirituels contrarient systématiquement les désirs des disciples : c’est pour la même raison. Ils les rendent misérables, leur font des coups fumants, pour nourrir leur aspiration.